La dette française est aussi vieille que l’État moderne
De Philippe le Bel qui spoliait les Templiers en 1307 aux 3 649 milliards d’aujourd’hui,
la dette publique a structuré toute l’histoire de France : guerres, révolutions, reconstructions,
États providence. Voici les grandes étapes.
Trente Glorieuses : la dette qui s’efface (1945-1974)
En 30 ans, la dette française passe d’environ 270 % à 15 % du PIB (le point de départ est un ordre de grandeur, voir plus haut) grâce à un cocktail magique :
- Croissance forte (+5 % par an en moyenne)
- Inflation soutenue (+5 à 10 % par an)
- Répression financière : taux d’intérêt réel négatif, contrôle des changes
- Reconstruction : aide Marshall, modernisation industrielle
- Plein emploi : recettes fiscales abondantes
C’est l’unique période moderne où la France a réellement réduit le poids de sa dette.
Le tournant de 1974 : la dette ne baisse plus jamais
1974 est la dernière année où l’État français présente un budget en équilibre.
Depuis 50 ans, chaque année génère un déficit.
1974
Choc pétrolier + dernier budget équilibré
Dette à 21 % du PIB. Fin des Trente Glorieuses.
1981-1983
Relance Mauroy puis « tournant de la rigueur »
Le programme commun lance la dépense, le tournant de 1983 stabilise mais ne réduit pas.
1992
Traité de Maastricht : règle des 3 % et 60 %
La France s’engage à déficit < 3 % et dette < 60 % du PIB.
À l’époque, dette à 40 %. Critères jamais durablement respectés ensuite.
2002
Passage à l’euro
La France abandonne sa souveraineté monétaire. Plus de dévaluation possible pour effacer la dette.
Dette à 60 % du PIB.