Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.
Les intérêts de la dette coûtent environ 64,7 milliards d’euros par an à l’ensemble des administrations publiques (INSEE, 2025). Au 22 septembre 2026, la dette publique de la France atteint environ 3 571 milliards d'euros (estimation en temps réel), soit 118,6 % du PIB. Dernier chiffre officiel INSEE : 3 460,5 milliards d'euros fin 2025 (115,6 % du PIB).
Charge d’intérêts 2026 en direct : sur une estimation annuelle d’environ
67 Md€ pour l’État,
la France a déjà payé environ 48 506 217 868 €
d’intérêts depuis le 1er janvier 2026, soit
~2 123 € chaque seconde.
Estimation en direct
OAT 10 ans (ordre de grandeur)Projection pédagogique
~3,0%
Le taux moyen pondéré du stock reste sous le taux d’émission actuel.
AFT / marchés
Spread OAT-BundProjection pédagogique
~70pb
Prime de risque vs Bund allemand. Sensible à la trajectoire budgétaire.
Banque de France
Sensibilité de la charge à la hausse des taux
Effet d’un choc de taux à long terme, par tranches de 100 points de base, hypothèse pédagogique constante.
+50 pb≈ 15 Md€ à terme
+100 pb≈ 30 Md€ à terme
+200 pb≈ 60 Md€ à terme
Effet plein atteint après plusieurs années (refinancement progressif). Source : projections pédagogiques cohérentes avec analyses Cour des comptes / HCFP.
La charge d’intérêts correspond au coût annuel du service de la dette :
intérêts versés, indexation de certains titres liés à l’inflation, primes et décotes.
Elle ne doit pas être confondue avec le remboursement du capital, qui est en général refinancé par de nouvelles émissions.
En clair : la France ne rembourse pas « toute sa dette » chaque année.
Elle paie surtout des intérêts et refinance les titres arrivés à échéance.
Pourquoi trouve-t-on plusieurs chiffres différents ?
Ordre de grandeur pédagogique pour suivre la tendance
Ces trois lignes ne traduisent pas un désaccord entre sources, mais une différence de périmètre.
Beaucoup de contenus sur la dette confondent ces niveaux, ce qui produit des comparaisons trompeuses.
Sur un même périmètre, deux sources officielles divergent
Il existe en revanche un véritable écart entre deux publications officielles, portant sur exactement le même
agrégat : les intérêts versés par l’ensemble des administrations publiques en 2025.
Les variations sont celles publiées par chaque source. Les écarts d’un dixième avec la différence des montants
arrondis affichés ci-dessus tiennent aux arrondis de publication.
Statut : contesté, au sens où deux sources officielles ne publient pas la même valeur
L’écart tient au seul traitement des SIFIM, les services d’intermédiation financière
indirectement mesurés. L’Insee précise que son chiffre est donné « hors correction au titre des services
d’intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM) sur les intérêts versés », là où la Cour des comptes
retient l’agrégat corrigé. Les deux valeurs sont exactes dans leur périmètre, et représentent l’une comme
l’autre 2,2 points de PIB. La divergence est elle-même une information : elle dit que
« la charge d’intérêts des administrations publiques » n’est pas une grandeur unique.
Règle tenue sur cette page : elle retient 64,7 Md€ (Insee), elle écrit donc
+11,2 % et jamais le +9,3 % de la Cour, qui se rapporte à l’autre série. Croiser un niveau
et une évolution issus des deux publications produit un chiffre qui n’existe dans aucune des deux.
Sur le seul champ de l’État en comptabilité nationale, l’écart se réduit à un dixième de
milliard : 52,4 Md€ selon l’Insee, en hausse de 14,8 %, ou 52,5 Md€ selon la
Cour des comptes, soit 8,6 % des dépenses totales de l’État. Ce champ ne se confond pas avec les
53,2 Md€ de 2024 de la mission budgétaire « engagements
financiers de l’État », qui relèvent de la comptabilité budgétaire et non de la comptabilité nationale.
Les périmètres diffèrent selon les lignes : budget de l’État (2024 et estimation 2026) ou ensemble des administrations publiques (2025). Seules les valeurs publiées ou déjà estimées par le site sont affichées.
Si l’on lisse un coût annuel d’environ 67,0 Md€
sur l’année 2026, cela représente environ 2 123 € par seconde.
Depuis le 1er janvier, cela correspond à un cumul théorique d’environ
48,6 Md€.
️ Cette lecture est une estimation linéaire pour le site : en comptabilité publique,
la charge ne s’écoule pas exactement au même rythme tous les jours.
Pourquoi la hausse des taux ne frappe-t-elle pas d’un coup ?
Parce que la dette française a une maturité moyenne longue : environ
8 ans et 186 jours. Quand les taux montent,
seuls les nouveaux emprunts et les refinancements se font au nouveau taux du marché.
Cela protège la France à court terme, mais pas pour toujours.
Chaque année, une part du stock ancien est remplacée par de la dette nouvelle,
ce qui fait progressivement remonter la facture.
Les émissions passées à faible taux continuent de coûter peu jusqu’à échéance.
Le taux à 10 ans de la France tourne autour de 4,00 %
dans notre base de travail récente, avec un spread d’environ +82 points de base
face au Bund allemand.
OAT 10 ans
Le taux de référence du financement français à long terme.
La prime de risque que les marchés demandent pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne.
Ce que la France paie, comparé à ses voisins
La comptabilité européenne des dépenses par fonction (nomenclature COFOG) isole une sous-fonction consacrée aux
opérations concernant la dette publique, la ligne 01.7. Elle permet de comparer les pays sur une
base identique, ce que les périmètres nationaux ne permettent pas. En 2024, la France y consacre
2,0 % de son PIB, soit environ 58 Md€, contre 1,9 % pour
l’UE27 comme pour la zone euro.
Source : Eurostat, base gov_10a_exp, sous-fonction GF0107, millésime du 21 juillet 2026. Exercice 2024, en pourcentage du PIB.
Deux enseignements. D’abord, la France a rejoint la moyenne européenne par le haut : elle
n’appartient plus au groupe des pays à charge faible, sans avoir pour autant rejoint l’Italie. Ensuite, sur la
même nomenclature et la même année, elle consacre désormais davantage à servir sa dette qu’à sa
défense (1,9 % du PIB) ou qu’à l’ordre public et la sécurité (1,8 %).
Pourquoi la charge de la dette devient-elle un sujet budgétaire central ?
Parce qu’un euro d’intérêts est un euro qui ne finance ni l’école, ni l’hôpital, ni la justice, ni la transition énergétique.
Plus la facture grimpe, plus l’État doit arbitrer.
Effet d’éviction
Des marges budgétaires plus faibles pour les autres missions publiques.
Une dégradation de la confiance peut renchérir encore le coût du refinancement.
Rôle de la crédibilité
La trajectoire budgétaire et la cohérence des réformes comptent presque autant que le niveau absolu de dette.
Questions fréquentes
Combien coûte la dette française chaque année ?
Selon le périmètre retenu, on ne parle pas du même chiffre. 53,2 Md€ renvoie à la
charge dans le budget de l’État en 2024, tandis que 64,7 Md€ vise les
intérêts de l’ensemble des administrations publiques en 2025, soit 2,2 points de PIB.
Ce n’est pas un désaccord entre sources, mais une différence de périmètre.
Pourquoi l’Insee et la Cour des comptes ne donnent-ils pas le même montant pour 2025 ?
Les deux sont exacts dans leur périmètre. L’Insee publie 64,7 Md€ pour 2025, après 58,1 Md€ en 2024,
en précisant que le chiffre est donné hors correction au titre des services d’intermédiation financière
indirectement mesurés (SIFIM) sur les intérêts versés. La Cour des comptes retient 65,7 Md€ après
60,1 Md€, SIFIM corrigés, dans son rapport de juin 2026. L’écart est de 1,0 Md€ en 2025 et de 2,0 Md€
en 2024, et les deux valeurs représentent 2,2 points de PIB.
La France paie-t-elle plus d’intérêts sur sa dette que ses voisins européens ?
Un peu plus que la moyenne, nettement plus que l’Allemagne. En 2024, la France consacre 2,0 % de son
PIB aux opérations concernant la dette publique, la sous-fonction COFOG 01.7 d’Eurostat, contre 1,9 %
pour l’UE27 et pour la zone euro, 1,1 % pour l’Allemagne et 0,7 % pour les Pays-Bas. Trois pays font
davantage : l’Italie à 4,0 %, l’Espagne à 2,5 % et la Belgique à 2,3 %.
Pourquoi la hausse des taux n’explose-t-elle pas immédiatement la facture ?
Parce que la dette française a une maturité moyenne longue. Les nouvelles émissions se refinancent aux
taux du moment, mais l’ancien stock continue de porter les taux passés jusqu’à son échéance. La charge
monte donc par paliers, sur plusieurs années. À l’inverse, elle peut refluer si le refinancement se
fait à meilleur coût.
Qu’est-ce que le spread OAT-Bund ?
C’est l’écart entre le taux français à 10 ans et le taux allemand à 10 ans. Il mesure la prime de
risque demandée pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne, et il est sensible à la trajectoire
budgétaire annoncée.
Pourquoi l’inflation compte-t-elle dans la charge de la dette ?
Parce qu’une partie des titres émis par la France est indexée sur l’inflation. Une inflation plus forte
peut alléger le poids réel de la dette, mais elle fait monter la charge d’indexation et peut pousser
les marchés à exiger des taux plus élevés sur les nouvelles émissions.