Le budget public français représente environ 1 600 milliards d’euros de dépenses annuelles pour 1 450 milliards d’euros de recettes, soit un déficit de 152,5 milliards d’euros en 2025. Au 6 novembre 2026, la dette publique de la France atteint environ 3 649 milliards d'euros (estimation en temps réel), soit 120,0 % du PIB. Dernier chiffre officiel INSEE : 3 595,5 Md€ fin du 2e trimestre 2026 (119,0 % du PIB, INSEE).
Source : Cour des comptes, « Le budget de l’État en 2025, résultats et gestion », avril 2026. Statut : constaté pour 2024 et 2025, prévisionnel pour 2026.
Au projet de loi de finances pour 2026, la mission « Engagements financiers de l’État », qui porte l’essentiel de la
charge de la dette, est le deuxième poste de dépenses du budget de l’État en crédits de paiement,
après la mission « Enseignement scolaire », avec 60,4 Md€. En autorisations d’engagement,
elle n’est que le troisième poste, après les missions « Défense » et « Enseignement scolaire », avec
60,2 Md€.
La formulation juste est donc : deuxième poste du budget de l’État en crédits de paiement, derrière l’enseignement
scolaire, et en voie de devenir le premier. Écrire « premier poste de dépense devant la Défense » serait faux :
en autorisations d’engagement, la Défense passe devant. Statut : constaté. Source : Sénat, rapport général sur le
PLF 2026, rapport n° 139, tome III, annexe 12, mission « Engagements financiers de l’État ».
Les autres missions
Ordres de grandeur en crédits ouverts. Ces montants ne sont pas tous rattachés au même exercice : ils situent le poids relatif des missions, ils ne servent pas à mesurer une évolution.
Le débat budgétaire porte sur les crédits de l’année. Mais une large part de ces crédits est due au titre de décisions
déjà prises les années précédentes. Les restes à payer de l’État, c’est-à-dire les engagements
juridiques signés dont la facture n’est pas encore réglée, atteignent 230,5 Md€ fin 2025, en hausse de
13,7 Md€ sur un an.
Trois grandeurs distinctes, à ne pas additionner
230,5 Md€ de restes à payer : des engagements juridiques fermes, déjà signés.
44,3 Md€ d’autorisations d’engagement affectées mais non encore engagées : une étape en amont, moins contraignante.
298 à 353 Md€ de plans et contrats pluriannuels déjà décidés : une trajectoire politique, chiffrée en fourchette.
Ces trois blocs mesurent trois degrés d’engagement différents. Les additionner pour annoncer un total spectaculaire
n’aurait aucun sens comptable.
58,9 Md€ de crédits de paiement sont dus en 2026 au seul titre des restes à payer, soit 20 % de la loi de finances pour 2026 hors dépenses de personnel et reports.
103,6 Md€ le seront en 2028 et au-delà.
123,9 Md€ de contractualisation sont programmés d’ici 2028, auxquels s’ajoutent 51,5 Md€ d’autres stratégies.
63,8 Md€ de hausses sont programmées d’ici 2030 par les lois de programmation : militaire +49,8 Md€, recherche +7,87 Md€, intérieur +4,22 Md€, justice +1,99 Md€.
La Cour des comptes chiffre à 91,3 % du budget général la part des dépenses rigides,
celles sur lesquelles le vote annuel n’a pas de prise réelle. C’est le fait qui explique pourquoi un budget de
redressement produit si peu d’effet à court terme : la marge de manœuvre annuelle porte sur moins d’un dixième du
budget général.
Source : Cour des comptes, « Le budget de l’État en 2025, résultats et gestion », 22 avril 2026.
Le statut n’est pas le même selon la grandeur : les restes à payer (230,5 Md€), les autorisations d’engagement
affectées non engagées (44,3 Md€) et la part de dépenses rigides (91,3 %) sont constatés sur
l’exercice 2025. Les échéanciers de crédits de paiement (58,9 Md€ en 2026, 103,6 Md€ en 2028 et au-delà), les
fourchettes de plans pluriannuels (298 à 353 Md€) et les hausses programmées d’ici 2030 (63,8 Md€) sont des
projections : elles décrivent une trajectoire décidée, pas une dépense réalisée.
Mieux cibler les dépenses : évaluer les postes et chiffrer l’économie nette, les effets sur le PIB et les services rendus ; il n’existe pas de ratio de dépense « norme OCDE » à appliquer.
Augmenter les recettes : mieux recouvrer les montants effectivement dus, revoir les niches fiscales inefficaces (91,8 Md€ estimés en 2025) et lutter contre la fraude, dont le montant n’est pas mesuré en France
Aucune estimation officielle de la fraude fiscale n’existe en France. Les trois chiffrages
disponibles sont anciens, contestés, et divergent d’un facteur quatre. Le plus repris dans le débat public,
80 à 100 Md€, est aussi le plus contesté : il provient d’une étude du syndicat Solidaires Finances publiques parue
en 2018 sur des données de 2013, dont la Cour des comptes juge la méthodologie non convaincante et à laquelle elle
reproche d’entretenir une confusion entre agissements légaux et illégaux.
Solidaires Finances publiques, 2018, sur données 2013
80 à 100 Md€
7,7 à 9,6 %
Contesté
Le tableau complet et les raisons documentées de ce vide de mesure figurent sur la page
chiffres réels du contrôle fiscal et sur
écart fiscal. Source : Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale »,
rapport public thématique, décembre 2025, tableau n° 3, p. 29.
Les gains attendus de ces trois leviers sont des estimations pédagogiques : ils ne sont pas
intégralement récupérables, et un montant estimé n’est ni un montant détecté ni un montant recouvré.
La charge de la dette est-elle le premier poste du budget de l’État ?
Non, pas encore. Au projet de loi de finances pour 2026, la mission « Engagements financiers de l’État » est
le deuxième poste en crédits de paiement, derrière l’enseignement scolaire, avec 60,4 Md€, et le troisième
poste en autorisations d’engagement, derrière la défense et l’enseignement scolaire, avec 60,2 Md€. Elle est
en voie de devenir le premier poste. Source : Sénat, rapport n° 139, tome III, annexe 12.
Pourquoi la charge de la dette n’a-t-elle pas le même montant selon les sources ?
Quelle part du budget est déjà engagée avant le vote du Parlement ?
Une part très large. Les restes à payer de l’État atteignent 230,5 Md€ fin 2025, dont 58,9 Md€ de crédits de
paiement dus dès 2026, soit 20 % de la loi de finances pour 2026 hors dépenses de personnel et reports. La
Cour des comptes chiffre à 91,3 % du budget général la part des dépenses rigides, celles sur lesquelles le
vote annuel n’a pas de prise réelle.
Combien la fraude fiscale coûte-t-elle à la France ?
Aucune estimation officielle n’existe. Les trois chiffrages disponibles sont anciens et divergent d’un
facteur quatre : 17,4 à 22,7 Md€ selon le rapport de Courson et Léonard de 1996, 20,5 à 25,6 Md€ selon le
Conseil des prélèvements obligatoires en 2007, 80 à 100 Md€ selon une étude syndicale de 2018 portant sur
des données de 2013. Ce dernier chiffre, le plus repris, est celui dont la Cour des comptes juge la
méthodologie non convaincante : son statut est contesté.
Pourquoi la France est-elle en déficit depuis 1974 ?
Parce que l’écart entre dépenses et recettes ne s’est jamais refermé depuis la dernière année d’excédent,
en 1974, soit 52 exercices consécutifs. Les dépenses publiques atteignent 57,3 % du PIB, deuxième niveau
de l’Union européenne derrière la Finlande, pour 52,2 % de recettes. Sur 100 € dépensés, environ 9,4 € sont financés par de la dette,
et la charge d’intérêts qui en résulte alourdit mécaniquement le budget suivant.
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