Dette de la France 2023 : montant, ratio et faits marquants
Cette page d’archive fige les comptes de l’année où la dette publique française
a franchi le seuil symbolique des 3 000 milliards d’euros, sur fond de
réforme des retraites, de décrue de l’inflation et de sortie des boucliers tarifaires.
Pour le montant estimé aujourd’hui, voir la dette de la France en 2026.
Chiffres figés (série annuelle INSEE, fin 2023)
Les chiffres de la dette de la France fin 2023
Dette publique fin 2023Source officielle
≈ 3 101Md€
Source : INSEE
Fin 2022 : ≈ 2 950 Md€. Dette au sens de Maastricht, montant arrondi de la série annuelle.
Ratio dette/PIB fin 2023Source officielle
≈ 111%
Source : INSEE
Fin 2022 : ≈ 112 %. En léger recul dans la série, le PIB nominal restant gonflé par l’inflation. Réévalué à 109,5 % par l’INSEE en mars 2026, voir ci-dessous.
Variation sur l’annéeSource officielle
≈ +151Md€
Source : Calcul d’après la série INSEE
D’environ 2 950 Md€ fin 2022 à environ 3 101 Md€ fin 2023, avec franchissement des 3 000 Md€.
Série annuelle INSEE (dette au sens de Maastricht) reprise de notre page
« Dette depuis 1980 ». Montants arrondis
au milliard d’euros, d’où les formulations « environ ».
Deux millésimes INSEE pour le même ratio
Le ratio retenu ci-dessus, environ 111 % du PIB, est celui de la série annuelle reprise sur
ce site. En mars 2026, l’INSEE a réévalué la dette de fin 2023 à
109,5 % du PIB. Les deux valeurs sont officielles et portent sur la même date : elles
diffèrent par leur millésime de publication. Citer l’une ou l’autre suppose donc de préciser laquelle, et de
quand elle date. Statut : constaté.
Le déficit 2023 : 0,6 point de PIB de plus que la dernière prévision
Le fait le plus marquant de l’exercice ne porte pas sur le stock de dette, mais sur le déficit
qui l’alimente. Le déficit public 2023 s’établit à 5,5 % du PIB, soit 154 Md€,
alors que les trois textes financiers adoptés en novembre et décembre 2023 retenaient tous 4,9 % :
la loi de programmation des finances publiques 2023-2027, la loi de finances de fin de gestion pour 2023 et la
loi de finances initiale pour 2024.
Un écart sans équivalent depuis 2008
Un écart de 0,6 point de PIB entre la dernière prévision et l’exécution n’avait été observé
qu’une seule fois en vingt-cinq ans, en 2008. Statut : constaté.
L’explication n’est pas la croissance, presque au rendez-vous : 0,9 % réalisé pour 1 % prévu.
Elle tient au niveau des recettes. L’élasticité des prélèvements obligatoires au
PIB, c’est-à-dire la vitesse à laquelle les recettes suivent l’activité, ressort à 0,42
contre 0,6 prévue, pour une moyenne de longue période proche de 1. Autrement dit, l’économie a produit à peu près
ce qui était annoncé, mais l’impôt correspondant n’est pas rentré.
Repère de trajectoire, pour situer 2023 dans la période : le déficit passe de 3,4 % du PIB, soit
77 Md€, en 2017 à 5,5 % du PIB, soit 154 Md€, en 2023. Il a donc doublé en euros en six
ans, ce qui alimente d’autant la progression de la dette.
Source : Sénat, commission des finances, rapport d’information n° 685 (2023-2024) de Jean-François Husson,
« Dégradation des finances publiques : entre pari et déni », 12 juin 2024.