PISA 2022 : la France a fortement reculé en mathématiques depuis 2012, tout en restant à la moyenne de l’OCDE.
La part d’élèves en difficulté progresse, celle des très performants recule (7 % contre 9 % dans l’OCDE). Cette dette implicite produira moins de recettes et plus de dépenses sociales pendant des décennies.
Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.
Chiffres clés
−21 points en mathématiques PISA entre 2012 et 2022 (l’une des plus fortes baisses de l’OCDE)
−3 % par écolier et +33 % par lycéen face à la moyenne UE27 (Eurostat 2022)
~15 % d’élèves quittent l’école sans qualification
−8,5 % de productivité française vs tendance pré-Covid (2023)
Ce que PISA 2022 dit exactement
Deux énoncés circulent sur l’école française et paraissent s’exclure. Ils sont pourtant compatibles, et il faut les écrire ensemble : la France a fortement reculé depuis 2012, et son niveau de 2022 se situe à la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués. Le recul est réel ; il part d’un niveau qui était supérieur à cette moyenne.
La dernière ligne est celle qui pèse le plus sur la suite : la France ne se distingue pas par un niveau moyen dégradé, elle se distingue par une base d’élèves en difficulté qui s’élargit et un sommet qui se rétrécit. Ce n’est pas la même chose qu’un effondrement général, et ce n’est pas non plus une situation neutre.
Source : OCDE, PISA 2022 Results, note pays France, décembre 2023. Statut : constaté.
La répartition des dépenses par niveau
La France consacre 5,1 % de son PIB à l’enseignement contre 4,8 % pour l’UE27 (Eurostat, dépenses des administrations publiques par fonction, COFOG 09, exercice 2024). L’écart est modeste et place la France au 11e rang sur 27 : sur le montant global, il n’y a pas d’anomalie française à expliquer. Elle apparaît quand on regarde où cet argent va.
Dépense annuelle par élève, en standards de pouvoir d’achat, une unité qui neutralise les différences de prix entre pays. La France dépense donc moins que la moyenne européenne là où les apprentissages fondamentaux se construisent, et nettement plus au lycée, où l’écart de +33 % est le plus fort de tous les niveaux.
Ce que cette comparaison ne dit pas
Mettre côte à côte la dépense par élève et les résultats de PISA ne démontre aucun lien de cause à effet : ce sont deux séries statistiques distinctes, et aucune des sources citées ici n’établit que le niveau de dépense au primaire expliquerait les résultats mesurés à quinze ans. Ce qui est constaté est une structure de répartition, pas un rendement.
Sources : Eurostat, gov_10a_exp (COFOG 09), exercice 2024 ; Eurostat, educ_uoe_fini04, dépense annuelle par élève en standards de pouvoir d’achat, exercice 2022. Statut : constaté.
Le talent est partout ; les occasions de l’exprimer, non. Aux États-Unis, les enfants des 1 % de familles les plus aisées ont dix fois plus de chances de devenir inventeurs que ceux de la moitié la moins aisée, et les meilleurs élèves en mathématiques ne deviennent inventeurs que s’ils viennent de familles aisées (Bell, Chetty, Jaravel et al., 2019). Chaque potentiel inexploité est aussi de la croissance et des recettes publiques en moins.
« La richesse pécuniaire est parfois comme une loterie. Bill Gates n’aurait pas été aussi riche s’il était né au fin fond d’une campagne bulgare. »
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Ce qui peut inverser la courbe
Priorité absolue CP-CE2 : aucun élève en 6e sans lecture/calcul minimaux.
Petits groupes, enseignants formés et soutenus.
Évaluation des progrès (et non du niveau seul).
Mentorat familial, soutien intensif aux familles éloignées de l’école.
Financement des établissements sur le progrès, pas sur les seuls moyens.
Questions fréquentes
Le niveau scolaire baisse-t-il vraiment en France ?
Deux énoncés sont vrais en même temps. La France a fortement reculé en mathématiques entre 2012 et 2022, environ 21 points, avec davantage d’élèves en difficulté et moins d’élèves très performants (7 % contre 9 % dans l’OCDE). Et son niveau de 2022 se situe à la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines : mathématiques 474 contre 472, compréhension de l’écrit 474 contre 476, sciences 487 contre 485. Le recul est réel, il part d’un niveau qui était supérieur à cette moyenne.
La France dépense-t-elle trop pour son école ?
Pas au regard du montant global : 5,1 % du PIB pour l’enseignement contre 4,8 % pour l’UE27 en 2024, soit le 11e rang sur 27 (Eurostat, COFOG 09). L’écart notable ne porte pas sur le total, mais sur la répartition entre niveaux d’enseignement, détaillée plus haut.
Combien la France dépense-t-elle par élève ?
En standards de pouvoir d’achat et par an (Eurostat, educ_uoe_fini04, exercice 2022) : 7 376 au primaire contre 7 582 pour l’UE27, 9 250 au collège contre 8 673, 11 855 au lycée et post-secondaire non supérieur contre 8 887, 13 915 dans le supérieur contre 12 835. L’écart le plus fort, +33 %, se situe au lycée.
La France dépense-t-elle moins que ses voisins pour l’école primaire ?
Oui, de 3 % : 7 376 standards de pouvoir d’achat par écolier et par an, contre 7 582 pour la moyenne UE27 en 2022. C’est le seul niveau où la France dépense moins que la moyenne européenne, alors qu’elle dépense 33 % de plus au lycée. Ces données décrivent une répartition, elles n’en expliquent ni la cause ni les effets.
L’échec scolaire pèse-t-il sur la dette publique ?
Par un mécanisme documenté, pas par un montant chiffré : moins de qualification conduit à davantage de chômage et d’emplois précaires, donc à moins de cotisations et plus de prestations. Aucune source officielle ne publie le montant de dette imputable à l’échec scolaire. Cette page décrit une chaîne causale, elle n’additionne pas des euros.
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