Dépenses · 2026
Famille et enfants
Cumul pédagogique depuis le 1er janvier
Base 2024 : 66 711 400 000 € par an. Rythme reconduit, sans mesure quotidienne.
Dépenses publiques de la fonction « Famille et enfants », classification COFOG GF1004.
Données du 22 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous
La France a enregistré 645 000 naissances en 2025 et un indice conjoncturel de fécondité de 1,56 enfant par femme, le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale (Insee, bilan démographique 2025). Pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est négatif. Le coût du logement figure parmi les freins identifiés par les enquêtes, sans qu’aucune source officielle n’en isole la part. Le lien avec la dette existe, mais il se compte en décennies, pas en exercices budgétaires.
Projections pédagogiques : les bases annuelles sont lissées sur l’année.
Dépenses · 2026
Cumul pédagogique depuis le 1er janvier
Base 2024 : 66 711 400 000 € par an. Rythme reconduit, sans mesure quotidienne.
Dépenses publiques de la fonction « Famille et enfants », classification COFOG GF1004.
Dépenses · 2026
Cumul pédagogique depuis le 1er janvier
Base 2024 : 42 128 600 000 € par an. Rythme reconduit, sans mesure quotidienne.
Dépenses publiques de la fonction « Logements et équipements collectifs », classification COFOG GF06.
Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.
Le bilan démographique publié par l’Insee le 13 janvier 2026 marque une rupture de nature, pas seulement de degré. Avec 651 000 décès, en hausse de 1,5 %, et 645 000 naissances, le nombre de décès dépasse celui des naissances : le solde naturel s’établit à -6 000, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La population continue de croître, à 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026, mais cette croissance ne tient plus qu’au solde migratoire.
L’indice conjoncturel de fécondité, qui mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme si les taux observés chaque année restaient inchangés, est tombé à 1,56. Le seuil de renouvellement des générations se situe autour de 2,1. La baisse n’est pas propre à la France : le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan rappelle que la fécondité mondiale moyenne est descendue à 2,25 enfants par femme et que plus de la moitié des pays sont désormais sous le seuil de remplacement. La France reste néanmoins l’un des pays les plus féconds de l’Union européenne, ce qui rend son décrochage récent d’autant plus commenté.
Ce mouvement a été anticipé trop tard par les projections. Le scénario central publié par l’Insee en 2021 reposait sur une fécondité stabilisée autour de 1,8 enfant par femme. Les projections de population publiées en 2026 retiennent désormais 1,45 à partir de 2028, avec un solde migratoire de +150 000 personnes par an. Dans ce scénario, la population atteindrait 69,8 millions d’habitants en 2037, puis reculerait jusqu’à 65,9 millions en 2070, soit 3,2 millions de moins qu’aujourd’hui.
Le logement est le premier poste de dépense contrainte des ménages. Le compte du logement 2024, produit par le service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique, chiffre la dépense totale de logement à 618,9 milliards d’euros, soit 21,2 % du produit intérieur brut, dont 455,4 milliards de dépenses courantes des occupants. Le parc comptait 38,3 millions de logements ordinaires. Les aides au logement, prestations et réductions d’impôt confondues, représentaient 43,1 milliards d’euros, en repli de 1,1 %, tandis que les taxes liées au logement rapportaient 99,2 milliards.
Du côté des ménages, l’Insee mesure un taux d’effort médian de 22 % du revenu disponible en 2023, charges comprises. Cette moyenne masque des écarts considérables selon le statut d’occupation : 30 % pour les locataires du secteur libre, 28 % pour les accédants à la propriété, 27 % pour les locataires du secteur social, mais 11 % seulement pour les propriétaires ayant achevé leurs remboursements. L’écart se creuse encore avec le revenu : pour les accédants appartenant au quart des ménages les plus modestes, le taux d’effort atteint 44 %. Il est aussi plus élevé pour les personnes seules (28 %) et les familles monoparentales (25 %) que pour les couples sans enfant (14 %).
La structure de propriété explique en grande partie qui subit ce coût. En France métropolitaine, 58 % des ménages étaient propriétaires de leur résidence principale en 2020, mais seulement 23 % des 25-29 ans, contre 75 % des 70 ans et plus (Insee, France portrait social). Autrement dit, la tranche d’âge où se prennent les décisions de naissance est aussi celle qui supporte les taux d’effort les plus lourds.
L’offre, enfin, s’est contractée. Sur les douze mois arrêtés à fin février 2026, 387 944 logements ont été autorisés à la construction, soit 5,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes (SDES, base Sitadel). Les prix des logements anciens sont repartis à la hausse : +0,5 % sur le trimestre et +1,1 % sur un an au quatrième trimestre 2025, avec 951 000 transactions cumulées sur douze mois à fin décembre 2025 (Insee).
Le point délicat est là : ce lien est documenté comme un facteur parmi d’autres, jamais chiffré isolément par une source officielle française. Il faut le dire avant tout le reste, faute de quoi la page raconterait une causalité qu’aucune institution ne porte.
La deuxième vague de l’enquête Erfi, menée par l’Ined en 2024 auprès de 12 800 personnes de 18 à 79 ans, apporte le constat le plus net : le nombre idéal d’enfants déclaré est passé de 2,7 à 2,3 en vingt-cinq ans. La part des 18-49 ans qui ne souhaitent aucun enfant a doublé, de 6 % en 2005 à 12 % en 2024 ; celle qui n’en souhaite qu’un est passée de 12 % à 18 % ; celle qui en souhaite trois ou plus a reculé de 38 % à 23 %. Chez les femmes de 18 à 24 ans, le nombre d’enfants envisagé est tombé de 2,5 à 1,9. Ce que montrent ces chiffres n’est donc pas seulement un écart entre désirs et réalisations : le désir lui-même a baissé.
L’Ined relève par ailleurs que les jeunes adultes attendent d’avoir terminé leurs études, d’occuper un emploi stable, de disposer d’un logement et de vivre en couple avant d’envisager une naissance, et que ces étapes interviennent plus tard qu’il y a vingt ans. Le logement apparaît donc comme une condition d’entrée dans la parentalité, ce qui n’est pas la même chose qu’une cause de la dénatalité.
L’enquête nationale du Conseil de la famille du HCFEA, réalisée par Toluna auprès des 20-35 ans et publiée le 9 juillet 2025, va dans le même sens : le coût de l’enfant est le frein le plus fréquemment cité, devant l’inquiétude sur l’état du monde et le temps qu’exige un enfant. Sept jeunes adultes sans enfant sur dix pensent malgré tout en avoir au cours de leur vie.
La note d’analyse n° 160 du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, publiée en mai 2026, formule la synthèse la plus prudente : la capacité des individus à avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent dépend de facteurs extérieurs aux politiques familiales, parmi lesquels elle cite le niveau et la stabilité des revenus, le coût du logement, la qualité de l’emploi et la confiance dans l’avenir, fragilisée par les incertitudes économiques, géopolitiques et climatiques. Le logement est nommé, mais dans une liste, et sans pondération.
La démographie n’agit pas sur la dette par le nombre de naissances, mais par le rapport entre ceux qui cotisent et ceux qui perçoivent. Dans les projections publiées par l’Insee en 2026, la France compterait 40 personnes de 65 ans ou plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2026, et 62 en 2070. Le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus passerait de 15,3 millions, soit 22 % de la population, à 21,1 millions, soit 32 %.
C’est cette bascule qui se lit dans les comptes sociaux. En 2024, les prestations de protection sociale ont atteint 932,5 milliards d’euros, soit 31,9 % du PIB, dont 426,7 milliards pour le seul risque vieillesse-survie (DREES, comptes de la protection sociale, édition 2025). Rapporté à la population, le seul risque vieillesse-survie représente 6 250 euros par habitant, soit 46 % de l’ensemble des prestations sociales. En regard, le risque famille pèse 65,8 milliards et le risque logement 16,1 milliards : la vieillesse mobilise à elle seule environ six fois et demie ce que mobilise la famille.
Le signal le plus concret est venu du Conseil d’orientation des retraites. Son rapport annuel de juin 2026 a repris les nouvelles hypothèses de l’Insee et abaissé son hypothèse centrale de fécondité de 1,8 à 1,45 enfant par femme à partir de 2028. Conséquence : après une quasi-stabilité jusqu’en 2045 (14,1 % du PIB en 2025, 14,2 % en 2045), la part des dépenses de retraite dans le PIB repartirait à la hausse plus vite que dans le rapport précédent, pour atteindre 15,3 % en 2070. Le COR attribue cette inflexion à deux facteurs conjoints, et non à la seule démographie : d’une part la révision à la baisse de la fécondité, qui pèse sur la population active et donc sur le PIB, d’autre part les nouvelles hypothèses de revalorisation de la valeur du point Agirc-Arrco retenues par les partenaires sociaux à compter de 2038.
Le COR assortit lui-même ces projections de deux réserves qu’il faut reprendre. Il juge nécessaire de rester prudent sur ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de vingt ans étant par nature difficiles à anticiper de façon robuste. Et il précise que ces projections ne corroborent pas l’idée d’une progression des dépenses de retraite qui échapperait à toute maîtrise en raison du vieillissement : l’écart entre 14,2 % du PIB en 2045 et 15,3 % en 2070 reste, selon ses propres termes, une progression modérée.
Les variantes publiées par l’Insee donnent l’ordre de grandeur de l’enjeu : avec une fécondité de 1,70, la population atteindrait 70,8 millions d’habitants en 2070 ; avec 1,20, elle tomberait à 61,3 millions. Près de 10 millions d’habitants séparent les deux bornes, soit l’équivalent de la population de la Suède actuelle.
Pour le détail du mécanisme de vieillissement et de son coût, voir vieillissement et dette et dette de la Sécurité sociale.
Il faut être direct sur ce point, parce qu’il est régulièrement escamoté. Un enfant né en 2026 entre dans la vie active vers 2048 et cotise à plein régime vers 2055. Entre-temps, il coûte de l’argent public : allocations, mode de garde, école, santé. L’effet net d’une naissance sur les finances publiques est négatif pendant environ deux décennies, positif ensuite. Une politique nataliste ne réduit donc pas le déficit d’un exercice budgétaire, quelle que soit son efficacité.
Cela vaut symétriquement : la dénatalité constatée en 2025 n’explique rien du déficit de 2025, et allègera même, à court terme, certaines dépenses de crèche et de scolarité. Ce qu’elle déplace, ce sont les recettes de 2050 et les engagements de retraite de 2070. L’effet est réel, il est massif à cet horizon, mais il n’a aucune commune mesure avec les décisions qui creusent le déficit annuel aujourd’hui.
Il faut également éviter une addition tentante et fausse : les 618,9 milliards de dépense de logement du compte du logement, les 65,8 milliards du risque famille et les projections de retraite du COR relèvent de trois périmètres et de trois méthodes différents. Le premier agrège les dépenses de tous les acteurs économiques, le deuxième des prestations sociales, le troisième des flux futurs actualisés. Les faire se rencontrer dans une même somme ne produirait qu’un chiffre sans référent.
La France dépense déjà davantage que ses voisins pour les familles. Selon l’OCDE citée par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, les dépenses publiques consacrées aux prestations familiales représentaient 2,7 % du PIB en 2021, contre 2,35 % en moyenne dans l’OCDE, après une montée de 2,5 % en 1990 à 3 % en 2000 puis une stabilisation. Les prestations liées à la famille, à la garde d’enfant et à la maternité pèsent environ 45 milliards d’euros en 2024, dont la moitié en prestations monétaires et environ 40 % en dispositifs de garde.
Le constat de cette note est sans détour : la politique familiale française apparaît globalement robuste en comparaison internationale et ne semble pas, en l’état, constituer le principal facteur explicatif de la baisse de la natalité. La littérature qu’elle recense conclut que les prestations monétaires ont un effet modeste et souvent transitoire sur la fécondité, tandis que les dispositifs qui réduisent le coût et l’incertitude liés à l’accueil d’un nouveau-né, notamment la garde d’enfant et la sécurisation des trajectoires professionnelles, paraissent plus efficaces. La prévisibilité des règles compte autant que leur générosité : les ajustements successifs de la prestation d’accueil du jeune enfant depuis 2014 et la modulation des allocations familiales en 2015 ont nourri un effet de va-et-vient peu propice à des décisions qui s’inscrivent dans le temps long.
Le contre-exemple hongrois mérite d’être connu avant d’imaginer qu’un chèque suffirait. Budapest revendique consacrer entre 5 % et 6,2 % du PIB au soutien aux familles, avec un objectif affiché de 2,1 enfants par femme en 2030. Ce chiffre demande deux précautions. Il repose sur une définition large, retenue par les autorités hongroises, qui inclut mesures fiscales, politiques de logement et prêts préférentiels en partie non comptabilisés par l’OCDE. Sur la base comparable de l’OCDE, les dépenses hongroises de prestations familiales représentaient 2,3 % du PIB en 2021, soit moins que les 2,7 % français. La note d’analyse décrit d’ailleurs la Hongrie comme combinant un effort budgétaire plus limité et une couverture plus restreinte des services d’accueil.
Le résultat démographique, lui, est instructif. La fécondité hongroise est remontée de 1,25 enfant par femme vers 2010 à environ 1,55 en 2021, avant de retomber à 1,38 en 2024, en deçà du niveau français. Le redressement a donc été réel mais partiel, et il ne s’est pas maintenu. La leçon à en tirer n’est pas qu’un pays dépense en vain, mais que la composition des dispositifs pèse au moins autant que leur montant : selon les données de l’OCDE reprises par la note, les pays qui investissent dans des congés bien indemnisés et des services d’accueil affichent des niveaux de fécondité plus élevés que ceux dont l’effort repose surtout sur des transferts monétaires.
Sur le versant logement, les pistes cohérentes avec ces constats relèvent moins de la subvention que de l’offre et de la localisation : produire du logement familial là où sont les emplois, ce qui renvoie à la métropolisation et à l’urbanisme dispersé ; mobiliser le parc existant, dont la sous-occupation est mesurable ; et stabiliser les règles fiscales plutôt que multiplier les dispositifs temporaires. Aucun de ces leviers n’a d’effet chiffré démontré sur la fécondité, et il serait malhonnête de le prétendre.
1,56 enfant par femme, selon le bilan démographique 2025 de l’Insee publié le 13 janvier 2026. C’est le niveau le plus bas observé depuis la fin de la Première Guerre mondiale, après 1,61 en 2024. Il faut environ 2,1 enfants par femme pour que les générations se renouvellent sans apport migratoire.
Il est cité comme l’un des facteurs, jamais comme le facteur unique. La note d’analyse n° 160 du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, publiée en mai 2026, range le coût du logement parmi les déterminants extérieurs aux politiques familiales, aux côtés du niveau et de la stabilité des revenus, de la qualité de l’emploi et de la confiance dans l’avenir. Aucune étude officielle française ne chiffre à ce jour la part de la baisse de la fécondité imputable au seul logement.
En 2023, la moitié des ménages y consacrent plus de 22 % de leur revenu disponible (Insee, France portrait social). Ce taux d’effort médian atteint 30 % pour les locataires du secteur libre, 28 % pour les accédants à la propriété et 27 % pour les locataires du secteur social, contre 11 % pour les propriétaires ayant fini de rembourser. Pour les accédants du quart le plus modeste, il monte à 44 %.
Pas la dette d’aujourd’hui, mais les projections de demain. Le Conseil d’orientation des retraites a abaissé en juin 2026 son hypothèse de fécondité de 1,8 à 1,45 enfant par femme à partir de 2028 : les dépenses de retraite passeraient de 14,2 % du PIB en 2045 à 15,3 % en 2070. Le COR attribue cette inflexion à cette révision et, pour une autre part, aux nouvelles règles de revalorisation du point Agirc-Arrco à compter de 2038. L’effet sur le déficit de l’année en cours est nul, puisqu’un enfant né aujourd’hui ne cotisera pas avant une vingtaine d’années.
Rien ne permet de l’affirmer avec un chiffre. Les enquêtes de l’Ined montrent que disposer d’un logement fait partie des conditions que les jeunes adultes posent avant d’envisager un enfant, mais le nombre d’enfants souhaité a lui-même baissé, de 2,7 à 2,3 en vingt-cinq ans. Lever une contrainte matérielle peut rapprocher les naissances des intentions, cela ne relève pas les intentions elles-mêmes.
En 2024, les prestations de protection sociale au titre du risque famille s’élèvent à 65,8 milliards d’euros et celles du risque logement à 16,1 milliards, sur un total de 932,5 milliards, soit 31,9 % du PIB (DREES, comptes de la protection sociale, édition 2025). Le risque vieillesse-survie en représente à lui seul 426,7 milliards, soit 6 250 euros par habitant et 46 % de l’ensemble des prestations sociales.
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