Le poids démographique sur les comptes publics
Le vieillissement n’agit pas que sur les retraites. Il pèse sur la santé, la dépendance, le logement, la natalité, la mobilité.
Tous ces canaux convergent vers un même effet : plus de dépenses, moins d’actifs cotisants, donc plus de pression sur la dette publique.
La France dans la comparaison européenne
Le poids budgétaire du grand âge se lit directement dans la comptabilité européenne des dépenses publiques par fonction. En 2024, la France consacre 13,4 % de son PIB au risque vieillesse contre 10,7 % pour l’UE27 : un écart de 2,7 points, soit environ 79 Md€, qui la place au 4e rang sur 27. À elle seule, la vieillesse représente un tiers de l’écart total de dépense publique entre la France et la moyenne de l’Union. Pensions de réversion comprises, l’ensemble atteint 14,8 % contre 12,2 %.
La réserve à lire avant le classement
La nomenclature COFOG ne mesure que la dépense des administrations publiques. Les Pays-Bas (6,1 %) et le Danemark (7,2 %) paraissent très peu dépenser parce que leurs retraites professionnelles obligatoires sont capitalisées et classées hors administrations publiques. Ce n’est pas une économie pour les ménages, c’est un changement de guichet : la cotisation existe, elle ne transite simplement pas par le budget public. La comparaison n’est homogène qu’avec les pays dont le système de retraite est majoritairement public.
| Pays | Dépense publique « vieillesse », 2024 | Lecture |
|---|
| Finlande | 15,5 % | Système majoritairement public |
| Autriche | 14,3 % | Système majoritairement public |
| Italie | 13,9 % | Système majoritairement public |
| France | 13,4 % | 4e rang sur 27 |
| UE27 | 10,7 % | Moyenne européenne |
| Espagne | 10,4 % | Système majoritairement public |
| Allemagne | 9,9 % | Système majoritairement public |
| Danemark | 7,2 % | Retraites professionnelles capitalisées, comptées hors administrations publiques |
| Pays-Bas | 6,1 % | Retraites professionnelles capitalisées, comptées hors administrations publiques |
La vieillesse n’est pas le seul poste où la France dépense plus que la moyenne européenne, mais c’est de loin le principal. Les autres écarts de la protection sociale sont d’un ordre de grandeur inférieur : chômage +0,5 point de PIB (environ 15 Md€), famille +0,3 point (9 Md€), aides au logement +0,3 point (9 Md€), exclusion sociale +0,3 point (9 Md€). Additionner ces écarts donnerait un total arithmétique, pas un gisement d’économies : chacun correspond à un choix de couverture, dont le rendement budgétaire d’une éventuelle réduction n’est chiffré par aucune de ces données.
Source : Eurostat, dépenses des administrations publiques par fonction (gov_10a_exp, COFOG niveau 2), exercice 2024, millésime du 21 juillet 2026. Statut : constaté.