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Données du 7 novembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous

Eau : réseaux et risques pour les finances publiques

Réseaux vieillissants, ressource en baisse, sécheresses de plus en plus coûteuses : l’eau devient un sujet financier de premier plan.

Mais le lien avec la dette publique n’est pas celui qu’on imagine. Les services d’eau sont financés par la facture, pas par l’impôt, et c’est ailleurs, dans le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles adossé à la garantie illimitée de l’État, que le risque budgétaire se concentre.

Repères : Sispea, Sénat et Cour des comptes. Les années et les périmètres sont précisés dans chaque section.

Estimations et bilans datés

Les estimations annuelles sont lissées sur l’année ; les résultats de contrôle restent datés et statiques.

Voir les 1 autres montants de cette analyse

Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.

Chiffres clés

  • 79,2 % de rendement moyen des réseaux d’eau potable en 2024 (81,2 % en 2023)
  • 0,61 % du linéaire renouvelé par an en 2024, soit un cycle théorique de l’ordre de 160 ans
  • 4,89 € TTC/m³ prix moyen global de l’eau au 1er janvier 2025 (4,69 € un an plus tôt)

Sources : Observatoire national des services d’eau et d’assainissement (base Sispea), rapports de juin 2025 (données 2023) et de juin 2026 (données 2024) ; taux de renouvellement 2022 cité par le Sénat. Nature : données déclaratives consolidées. Statut : constaté.

Qui paie l’eau en France

C’est le point de départ, et il est régulièrement omis. En France, l’eau potable et l’assainissement sont des services publics industriels et commerciaux gérés au niveau local. Le code général des collectivités territoriales impose que leurs budgets soient tenus en budgets annexes équilibrés en recettes et en dépenses, et interdit en principe qu’une commune prenne ces charges sur son budget général, sauf dérogations limitées, notamment pour les plus petites communes. C’est le principe dit de « l’eau paie l’eau ».

Conséquence directe : l’essentiel du coût de l’eau ne transite ni par le déficit de l’État, ni par l’impôt, mais par la facture des usagers. Au 1er janvier 2025, le prix moyen global s’établit à 4,89 € TTC/m³, soit environ 587 € par an pour une consommation de référence de 120 m³ (586,80 €). La progression est régulière : 4,30 € en 2021, 4,34 € en 2022, 4,52 € en 2023, 4,69 € en 2024 (dont 2,32 € pour l’eau potable et 2,37 € pour l’assainissement collectif), soit +3,8 % en 2024, puis +4,3 % en 2025.

Reste la question de qui gère le service. En 2021, 57 % des usagers de l’eau potable et 40 % de ceux de l’assainissement collectif relevaient d’une délégation de service public, c’est-à-dire d’un contrat confié à une entreprise. Le délégataire y perçoit 66 % des recettes de l’eau potable et 55 % de celles de l’assainissement (hors taxes et redevances pour compte de tiers), le reste revenant à la collectivité. Au 1er janvier 2022, le prix moyen est de 4,26 €/m³ en régie et de 4,42 €/m³ en délégation, soit 4 % d’écart, qui se resserre. Les marges et la transparence de ces contrats sont l’objet de l’enquête vidéo plus bas.

Pourquoi cette précision change la lecture

Un retard d’investissement dans l’eau ne produit pas d’abord du déficit public : il produit des hausses de facture. C’est un prélèvement au sens économique, supporté par les ménages et les entreprises, mais ce n’est pas un prélèvement obligatoire au sens de la comptabilité nationale, et il n’apparaît pas dans le solde des administrations publiques. Confondre les deux conduit à surestimer l’effet de l’eau sur la dette, et à sous-estimer son effet sur le pouvoir d’achat.

Sources : code général des collectivités territoriales, articles L. 2224-1 et L. 2224-2 ; observatoire Sispea, prix moyen au 1er janvier 2025 (édition de juin 2026) et au 1er janvier 2024 (données publiées en 2025) ; synthèse du rapport Sispea 2021 (juin 2023) pour la délégation et le prix en régie et en délégation. Statut : constaté.

Le retard d’investissement des réseaux

Le rendement moyen des réseaux d’eau potable atteint 79,2 % en 2024 (81,2 % en 2023) : un litre distribué sur cinq n’arrive jamais à l’usager. L’Office français de la biodiversité, qui administre la base Sispea, estime les pertes entre 900 millions et 1 milliard de m³ par an. La moyenne masque un écart considérable entre territoires : en 2023, 71,5 % pour les services de moins de 1 000 habitants contre 83,9 % au-delà de 100 000 habitants. Ce sont les collectivités les plus petites, donc les moins outillées et les moins capables d’emprunter, qui portent les réseaux les moins performants.

Le rythme de renouvellement est le second indicateur, et il est plus alarmant que le premier. Le linéaire d’eau potable est renouvelé au rythme de 0,61 % par an en 2024 (0,78 % en 2022 selon le Sénat), celui d’assainissement de 0,70 % en 2022. À ce rythme, il faudrait de l’ordre de 160 ans pour renouveler l’intégralité des réseaux d’eau potable (environ 130 ans à 0,78 %) et environ 140 ans pour l’assainissement, alors que la durée de vie d’une canalisation se compte en décennies. Le chiffre de « plus de 150 ans » souvent cité vient de l’association Villes de France et ne vaut que pour les villes de taille moyenne.

Besoin annuel d’investissement estimé par l’UIE, repris par le Sénat, rapport 2023. Md€ par an, estimation de filière ; la réserve ci-dessous en précise le statut.

PosteDéficit annuel d’investissement
Eau potable1,8 Md€
Assainissement1,4 Md€
Eaux pluviales1,0 Md€
Total4,2 Md€ en 2022, contre 3,0 Md€ en 2017

Réserve sur ce chiffrage

Ces 4,2 Md€ proviennent d’une étude de l’Union des industries et entreprises de l’eau, reprise par un rapport sénatorial de 2023. C’est une estimation produite par un acteur de la filière, dont l’activité dépend du niveau d’investissement : elle est utile comme ordre de grandeur, elle n’a pas le statut d’une donnée publique constatée. Le président de l’Union a d’ailleurs cité 4,6 Md€ pour 2022 devant le Sénat, le 31 mai 2023. Aucun chiffrage de l’État ne fait référence, mais l’observatoire de la Banque des Territoires, publié en octobre 2025, estime à 4,6 Md€ par an le besoin supplémentaire, en plus de 5,3 Md€ par an de commande publique. Ces chiffres ne reposent pas sur les mêmes définitions.

Sources : Observatoire national des services d’eau et d’assainissement, rendements 2023 ; Sénat, rapport « Pour une politique de l’eau ambitieuse, responsable et durable », 2023, citant l’UIE et Villes de France ; audition de l’UIE devant le Sénat, 31 mai 2023 ; Banque des Territoires, observatoire des investissements publics dans le secteur de l’eau, octobre 2025. Statut : constaté pour les rendements, estimation pour le déficit.

Une ressource qui se réduit

Le second terme du problème n’est pas l’état des tuyaux mais le volume disponible. La Cour des comptes, dans son rapport de juillet 2023 sur la gestion quantitative de l’eau, établit que la ressource renouvelable en métropole a reculé de 14 % entre la période 1990-2001 et la période 2002-2018. Sur la décennie 2011-2021, la température moyenne a progressé de 0,6 °C par rapport à la référence 1981-2010. Environ 11 % des masses d’eau souterraines font l’objet de prélèvements supérieurs à leur capacité de renouvellement.

La réponse publique est le Plan Eau annoncé en mars 2023 : 53 mesures, une dotation supplémentaire de 475 M€ par an annoncée aux agences de l’eau, un objectif de réduction de 10 % des prélèvements d’ici 2030 et le développement de 1 000 projets de réutilisation des eaux usées traitées d’ici 2027. Un an après le lancement, 503 projets de réutilisation étaient engagés, pour un montant de subventions sollicité de 718 M€. La demande dépasse donc largement les enveloppes, ce qui est en soi une information sur le dimensionnement du plan. Les 475 M€ sont une ambition, pas un montant versé : le 12e programme des agences (2025-2030) ne finance que 276,8 M€ par an de plus que le 11e, selon le Sénat.

Sources : Cour des comptes, « La gestion quantitative de l’eau en période de changement climatique », 17 juillet 2023 ; ministère de la Transition écologique, Plan Eau de mars 2023 et bilan à un an ; Sénat, rapport général sur le projet de loi de finances pour 2026 (n° 139), partie sur les agences de l’eau. Statut : constaté.

Le vrai canal budgétaire : le régime CatNat

C’est ici que l’eau, ou plutôt son absence, touche réellement les finances publiques. Le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, créé par la loi du 13 juillet 1982, repose sur une surprime obligatoire adossée aux contrats d’assurance dommages, réassurée par la Caisse centrale de réassurance, elle-même couverte par une garantie illimitée de l’État. C’est cette garantie qui fait du régime un engagement public, même lorsque aucun euro ne transite par le budget.

Le poste qui explose est celui de la sécheresse, sous la forme du retrait-gonflement des argiles, ces mouvements de terrain qui fissurent les maisons individuelles. Les sinistres correspondants ont dépassé 1 Md€ par an en moyenne entre 2015 et 2023, contre 445 M€ par an en moyenne depuis 1982 (charge annuelle selon le Sénat, d’après la Caisse centrale de réassurance). Cette moyenne lisse l’année record 2022, où la sécheresse a coûté environ 2 à 3 Md€ aux assureurs selon leurs estimations. Pour rétablir l’équilibre du régime, la surprime a été portée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, ce qui représente selon la direction générale du Trésor environ 1,5 Md€ de recettes supplémentaires par an, payées par les assurés.

  • plus de 50 Md€ indemnisés depuis 1982, pour 3,6 millions de sinistres, hors automobile
  • +47 % à +85 % de coûts des catastrophes naturelles attendus d’ici 2050
  • 12 % à 20 % la surprime CatNat au 1er janvier 2025

La Cour des comptes, dans son rapport du 27 avril 2026 sur la soutenabilité financière de l’assurance des catastrophes naturelles, retient une hausse des coûts comprise entre +47 % et +85 % d’ici 2050, et relève qu’environ 98 % des communes de métropole ne présentent à ce stade pas de tension particulière d’assurabilité. Les projections des assureurs vont dans le même sens. L’étude de France Assureurs d’octobre 2021 porte le coût cumulé des sinistres liés aux aléas naturels de 73,4 Md€ sur 1989-2019 à 143 Md€ sur 2020-2050, soit un quasi-doublement. Le Sénat en retient, pour la seule sécheresse, 43 Md€ sur 2020-2050 contre 13,8 Md€ sur les trente années précédentes (14,3 Md€ dans d’autres reprises de la même étude de France Assureurs).

Ces montants ne s’additionnent pas

Les 50 Md€ déjà indemnisés depuis 1982, les 143 Md€ projetés sur 2020-2050 et le 1,5 Md€ annuel de surprime supplémentaire relèvent de trois grandeurs distinctes : un cumul historique, une projection sur trente ans, une recette annuelle. Ils ne s’additionnent pas, et aucun n’est une dépense budgétaire de l’État : la garantie publique ne joue qu’en dernier ressort, si les réserves de la Caisse centrale de réassurance sont épuisées.

Sources : Cour des comptes, « L’assurance des catastrophes naturelles : un enjeu de soutenabilité financière », 27 avril 2026 ; Sénat, rapport sur le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, 2024, citant la direction générale du Trésor et l’étude France Assureurs d’octobre 2021. Statut : constaté pour l’historique, estimation pour les projections.

Les agences de l’eau, entre redevances et plafonnement

Les six agences de l’eau sont des établissements publics de l’État qui perçoivent des redevances et subventionnent les investissements des collectivités. Elles constituent le seul étage du financement de l’eau réellement rattaché à la sphère publique nationale, et à ce titre elles subissent les mêmes arbitrages budgétaires que le reste des opérateurs de l’État. Le plafonnement de leurs recettes instauré en 2018, dit « plafond mordant », a réduit leurs moyens d’environ 200 M€ par an selon les responsables d’agences auditionnés par le Sénat en 2023 (estimation de la perte de capacité d’intervention, à distinguer de la somme reversée chaque année) : au-delà d’un seuil, le produit des redevances est reversé au budget général au lieu de financer des travaux.

La structure de ces redevances est le second sujet, et la Cour des comptes est explicite : elles sont, écrit-elle en juillet 2023, « inégalement réparties entre les usagers aux dépens des ménages » et n’incitent pas aux économies d’eau. Les redevances assises sur les prélèvements d’eau ne comptent d’ailleurs que pour environ 10 % du financement des agences, l’essentiel provenant des redevances de pollution, assises sur la consommation domestique. Le signal-prix censé orienter les usages porte donc principalement sur l’usager domestique, alors que les plus gros volumes sont prélevés ailleurs.

Sources : Cour des comptes, rapport sur la gestion quantitative de l’eau, juillet 2023 ; Sénat, rapport sur la politique de l’eau, 2023. Statut : constaté.

Ce que l’eau fait, et ne fait pas, à la dette

Il faut le dire franchement, parce que le contraire s’écrit souvent : l’eau n’est pas un poste majeur du déficit public français. Le déficit d’investissement des réseaux, estimé entre 4,2 et 4,6 Md€ par an, se règle par la facture et par l’emprunt des services, pas par le budget de l’État. Rapporté à un déficit public de 152,5 Md€ en 2025 (Insee), l’effet direct est d’un ordre de grandeur sans commune mesure.

Trois canaux existent néanmoins, et ils sont réels.

  1. La garantie de l’État au régime CatNat. Elle est illimitée et n’a pas de contrepartie budgétaire tant qu’elle n’est pas appelée. C’est un engagement hors bilan dont la probabilité d’activation augmente avec la fréquence des sécheresses et des inondations.
  2. Les agences de l’eau. Leurs recettes sont plafonnées et une partie est reversée au budget général : le financement de l’eau est déjà, à la marge, un instrument de consolidation budgétaire.
  3. Les aides publiques aux usages contraints. Soutien aux exploitations agricoles frappées par la sécheresse, subventions d’investissement aux collectivités, fonds d’adaptation : ces dépenses relèvent bien du budget de l’État et des collectivités, et elles progressent.

Enfin, l’adaptation reste sous-financée. I4CE chiffrait en 2022 à au moins 2,3 Md€ par an les financements publics supplémentaires nécessaires pour dix-huit mesures prioritaires seulement, parmi lesquelles la protection de la ressource en eau figure en bonne place. Ce montant reste très inférieur aux dépenses de réparation que le régime CatNat absorbe déjà : c’est l’argument central en faveur de l’anticipation, et il ne repose pas sur une exagération du poids budgétaire de l’eau.

Sources : I4CE, évaluation des besoins de financement de l’adaptation, 2022 ; Cour des comptes, rapports de juillet 2023 et avril 2026. Statut : estimation.

Leviers

  • Programmer le renouvellement plutôt que le subir. Passer de 0,61 % à 1 % de linéaire renouvelé par an ramène le cycle théorique de l’ordre de 160 ans à 100 ans : l’effort est considérable mais il se planifie sur des décennies, ce qui le rend finançable par l’emprunt des services.
  • Mutualiser les petits services. L’écart de rendement entre les services de moins de 1 000 habitants (71,5 %) et ceux de plus de 100 000 (83,9 %) est le principal gisement d’efficacité immédiatement mobilisable.
  • Rééquilibrer les redevances. Faire porter le signal-prix sur les usages effectivement prélevés plutôt que sur la seule consommation domestique : la Cour des comptes juge en 2023 les redevances « inégalement réparties entre les usagers aux dépens des ménages ».
  • Rendre aux agences de l’eau leurs recettes. Le plafond mordant transforme une redevance affectée en recette de poche pour le budget général, à hauteur d’environ 200 M€ par an de moyens perdus selon les agences (2023) ; la somme reversée chaque année est une autre grandeur.
  • Prévenir plutôt que réassurer. Le retrait-gonflement des argiles, premier poste sécheresse, se traite par la prévention et les règles de construction bien plus efficacement que par l’indemnisation a posteriori.
  • Développer la réutilisation des eaux usées traitées, où la France part de très bas au regard de ses voisins méditerranéens.

Méthodologie

L’enquête vidéo sur l’eau

Diffusée en 2018 et remise en ligne en 2026, l’enquête de Cash Investigation suit les fuites, les contrats et les marges de la délégation de l’eau, notamment à Nîmes. Voir la mesure chiffrée du plan.

L’eau : scandale dans nos tuyaux - Cash Investigation

France Télévisions, Cash Investigation · Publication : · 2 h 1 min

Première diffusion : . Les chiffres restent rattachés à cette période.

Numéro diffusé le 13/03/2018, remis en ligne le 13/08/2026 : fuites et marge de la Saur à Nîmes, coupures d’eau, soupçons d’ententes sur les marchés du SIAAP. Les chiffres datent de 2016-2018.

Passages clés et minutage
  1. 0:16 Ouverture parodique (marque « Cachalo ») et annonce de l’enquête : marché de l’eau, trois groupes
  2. 7:16 Fuites : 1 000 milliards de litres perdus par an, rendement moyen et classement des 50 villes
  3. 10:16 Nîmes, dernière du classement : une fuite sur branchement expertisée sur le terrain
  4. 15:59 Régie ou délégation ? La Saur, numéro 3 français, et son contrat nîmois
  5. 17:51 Nîmes : contrat sans mise en concurrence, association d’usagers, réseau vétuste
  6. 23:10 Retour à Nîmes quatre mois plus tard : fuite non réparée, interview du président de l’agglomération
  7. 29:09 La marge de la Saur à Nîmes : 12 % contre 4 à 5 % ailleurs selon un expert
  8. 32:19 Contrôle absent : pas de commission de contrôle financier avant le 04/12/2017, baisse de prix de 5 %
  9. 39:08 Réponse de la Saur : rendement, marge « officielle » de 4 %
  10. 46:40 Coupures d’eau : une usagère des Pyrénées-Orientales, loi de 2013, condamnations
  11. 1:00:05 SIAAP : le « corbeau », 250 M€ de marchés soupçonnés d’entente, information judiciaire de 2013
  12. 1:06:00 Le déjeuner de 2010 : un cadre du SIAAP aurait évoqué une répartition des marchés
  13. 1:18:34 Interview du vice-président du SIAAP (Ville de Paris) : déontologie, repas à 4 778 €
  14. 1:26:02 Seine Aval et Clichy : marchés partagés entre Veolia et Suez, plainte d’un groupe italien
  15. 1:49:17 Conséquences sur la redevance (+60 %), dénonciation au parquet, enquête préliminaire du PNF
  16. 1:55:38 Au siège du SIAAP : questions sans réponse, énigme du corbeau
Ce que montre l’enquête, et ce qui en est vérifié
  • Diffusion d’origine le 13/03/2018 à 21 h sur France 2 (saison 6, épisode 7) ; la mise en ligne du 13/08/2026 ne date pas les faits, qui relèvent de 2016-2018. Source : Wikipédia, Cash Investigation, et description YouTube.
  • Pertes : environ 1 Md m³ par an, soit un litre sur cinq. Confirmé devant le Sénat le 31/05/2023 (audition de l’UIE). Rendement moyen national de 79,2 % en 2024 (Sispea, éd. juin 2026) contre 79,3 % cité pour 2016, ce dernier non vérifié.
  • Nombre de services : 12 685 collectivités organisatrices en 2024 contre 13 071 en 2023 (Voiries et Réseaux, 27/07/2026, d’après Sispea) ; l’émission cite 12 800.
  • Part de la population en délégation : 57 % en 2021 (Sispea), 57,8 % en 2020 et 60 % en 2010 (Sénat, 06/04/2023), 52 % en 2024 (extrait Sispea). Le « deux tiers des Français » de l’émission n’est pas retenu.
  • Nîmes sous la Saur : 70,5 % de rendement en 2016 selon l’émission, 11,9 M€ de chiffre d’affaires et 1,4 M€ de résultat avant impôt, soit 12 % de marge contre 4,4 à 4,9 % ailleurs ; la Saur répond 4 %. Aucun document primaire consulté : à présenter comme « selon l’émission ».
  • Après la Saur : Veolia gère l’eau de Nîmes Métropole depuis le 01/01/2020 (ici.fr, 02/02/2020) ; rendement de 73,7 % en 2023 et 74,0 % en 2024, renouvellement de 0,67 % en 2024 (RPQS Nîmes Métropole, exercice 2024, délibéré le 22/09/2025). La remise en concurrence a donc baissé le prix mais pas encore réglé les fuites.
  • Fuite signalée à la Saur le 06/08/2017 et toujours là le 29/11/2017 (115 jours) : constat journalistique. Les 9,4 M€ de pertes pour 5,16 Mm³ valorisent l’eau au prix facturé (1,82 €/m³), pas au coût évité. Les « 137 piscines olympiques » sont incohérentes (5,16 Mm³ ÷ 2 500 m³ ≈ 2 060) : probable erreur de transcription.
  • Coupures : la Saur reconnaît dans l’émission neuf condamnations, qu’elle rattache à des limitations de débit ; le chiffre de 216 coupures signalées sur 263 signalements vient d’un rapport que l’émission ne publie pas (non vérifié).
Sources et bibliographie

Lecteur YouTube en mode de confidentialité renforcée, chargé seulement à l’approche de la vidéo ; la lecture transmet des données à YouTube.

Questions fréquentes

L’eau est-elle un enjeu pour les finances publiques françaises ?

Oui, mais moins directement qu’on ne le croit. Les services d’eau et d’assainissement sont financés par la facture des usagers, pas par le budget de l’État : le code général des collectivités territoriales impose l’équilibre de leurs budgets annexes. Le canal budgétaire réel passe ailleurs, par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles adossé à la garantie illimitée de l’État, par les agences de l’eau dont les recettes sont plafonnées, et par les aides publiques à l’agriculture.

Combien manque-t-il pour entretenir les réseaux d’eau en France ?

Une étude de l’Union des industries et entreprises de l’eau, reprise par le Sénat en 2023, chiffre le déficit annuel d’investissement à 4,2 Md€ en 2022, contre 3 Md€ en 2017, dont 1,8 Md€ pour l’eau potable, 1,4 Md€ pour l’assainissement et 1 Md€ pour les eaux pluviales. C’est une estimation produite par un acteur de la filière, à lire comme telle : le président de l’Union a cité 4,6 Md€ pour 2022 devant le Sénat le 31 mai 2023, et la Banque des Territoires estime à 4,6 Md€ par an le besoin supplémentaire (octobre 2025), sur des définitions différentes.

Quel est le rendement des réseaux d’eau potable en France ?

Le rendement moyen s’établit à 79,2 % en 2024 (81,2 % en 2023) selon l’Observatoire national des services d’eau et d’assainissement, soit environ un litre distribué sur cinq perdu en fuites. L’écart entre territoires est considérable : en 2023, 71,5 % pour les services de moins de 1 000 habitants contre 83,9 % au-dessus de 100 000 habitants. L’Office français de la biodiversité estime les pertes entre 900 millions et 1 milliard de m³ par an.

Pourquoi le prix de l’eau augmente-t-il en France ?

Parce que le renouvellement des réseaux est financé par la facture et non par l’impôt. Le prix moyen global atteint 4,89 € TTC/m³ au 1er janvier 2025 selon l’observatoire Sispea, soit environ 587 € par an pour une consommation de 120 m³, après 4,69 € en 2024, 4,52 € en 2023, 4,34 € en 2022 et 4,30 € en 2021. Rattraper le retard d’investissement se traduira donc mécaniquement par des hausses de facture plutôt que par du déficit public.

Combien coûtent les sécheresses aux assureurs et à l’État ?

Selon le Sénat, la charge annuelle du retrait-gonflement des argiles, principal poste sécheresse, a dépassé 1 Md€ en moyenne entre 2015 et 2023, contre 445 M€ par an en moyenne depuis 1982 ; cette moyenne lisse l’année record 2022, où la sécheresse a coûté environ 2 à 3 Md€ aux assureurs selon leurs estimations. Pour financer le régime, la surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, soit environ 1,5 Md€ de recettes supplémentaires annuelles selon la direction générale du Trésor. La Cour des comptes projette une hausse des coûts de 47 % à 85 % d’ici 2050.

Qui paie les redevances des agences de l’eau ?

Les ménages, très majoritairement. La Cour des comptes écrivait en juillet 2023 que les redevances sont « inégalement réparties entre les usagers aux dépens des ménages » et qu’elles n’incitent pas aux économies d’eau. Les redevances assises sur les prélèvements ne comptent que pour environ 10 % du financement des agences, le reste venant des redevances de pollution, assises sur la consommation domestique.

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Réseaux sociaux

Le coût économique et sanitaire caché.

Scénarios

Scénario récession

Choc recettes/dépenses.

Solutions

Règle d'or budgétaire

Encadrement juridique.

Données

Corruption en France

Affaires et coûts débattus.

Méthode

Sources & bibliographie

24 sources institutionnelles.

Comprendre

Croissance & dette

Pourquoi le PIB nominal fait baisser le ratio.

Causes

Consentement à l'impôt

L'infrastructure invisible des recettes.

Scénarios

Plein emploi relatif

Cibler 5 % de chômage.

Solutions

Plan réformes transversales

3 phases sur 10 ans.

Données

Prélèvements obligatoires

43,6 % du PIB : composition et compteur en direct.

Méthode

FAQ complète

Toutes les questions.

Comprendre

Dette vs déficit

Stock vs flux : la différence essentielle.

Causes

Solitude

Un coût public sous-estimé.

Scénarios

Niches fiscales

467 niches, 81,3 Md€ : trier.

Solutions

Budget base zéro

Justifier chaque euro.

Données

L'or de la France

~2 436 tonnes : que pèsent-elles face à la dette ?

Comprendre

Faut-il rembourser la dette ?

Les États refinancent, ils ne remboursent pas.

Causes

Causes profondes

Les 9 facteurs cumulatifs.

Scénarios

75 scénarios réducteurs

Leviers concrets.

Solutions

Emploi seniors

60,4 % en emploi : marge.

Données

Dette des collectivités

~250 Md€ portés par communes, départements, régions.

Comprendre

Gauche ou droite ?

Ce que les chiffres disent des responsabilités.

Causes

Cyberattaques

La dette qui n'apparaît dans aucun budget.

Scénarios

Transition énergétique

Moins de chocs fossiles.

Solutions

Niches fiscales

467 dispositifs.

Données

Déficit de la Sécu

Le flux annuel (~17 Md€) qui creuse la dette sociale.

Comprendre

Horloge de la dette

Le compteur en temps réel, expliqué.

Causes

Énergie et dette

Le poids budgétaire des fossiles.

Scénarios

Emploi des seniors

Cotisations et retraites.

Solutions

Réindustrialisation

580 000 emplois possibles.

Données

Dette de la France 2022

Guerre en Ukraine, inflation, bouclier tarifaire : l'année en archive.

Comprendre

Ratio dette/PIB

L'indicateur clé de poids.

Causes

Logement et natalité

Le lien démographique avec la dette.

Scénarios

Achats publics

170 Md€ à mieux piloter.

Solutions

Quelles dépenses réduire ?

Évaluer plutôt que couper au hasard.

Données

Soutenabilité

Taux, croissance, déficit primaire.

Comprendre

Comment l'État emprunte

OAT, BTF, AFT, adjudications.

Causes

Désindustrialisation

11 % du PIB : la base fiscale érodée.

Scénarios

Confiance civique

Impôt, réformes et dette.

Données

Dette par habitant

Combien chaque Français doit (avec limites).

Comprendre

Mythes et réalités

Dix idées reçues, dix verdicts sourcés.

Causes

Productivité

−8,5 % vs tendance pré-Covid.

Scénarios

Doublons territoriaux

Clarifier pour économiser.

Données

Fraude fiscale

Estimé / notifié / encaissé.

Comprendre

Immigration et dette

Contribution nette mesurée, mythes et parts de vérité.

Causes

Maladies chroniques

60 % des dépenses de santé.

Scénarios

40 scénarios

Aggravants + réducteurs.

Données

Dette de la France 2023

Le cap des 3 000 Md€ franchi : l'année en archive.

Comprendre

BCE et article 123

Ce que la BCE peut ou non faire.

Causes

Décrochage scolaire

Coût caché sur 40 ans.

Scénarios

Immigration économique

L'effet dépend de l'emploi.

Données

Charge d'intérêts

Le coût annuel de la dette.

Comprendre

Quiz : 10 idées reçues

Vrai, faux ou trompeur ? Testez-vous.

Causes

Sous-occupation des logements

Le coût caché du parc bloqué.

Scénarios

Stabilité budgétaire

La crédibilité paie.

Données

PIB de la France

Richesse nationale.

Comprendre

Déficit primaire

Le déficit hors charge d'intérêts.

Causes

Pourquoi la dette augmente

Les vraies causes de la hausse.

Scénarios

Scénario hausse taux

+1 point ≈ 30 Md€/an à terme.

Données

Histoire de la dette

De la Révolution à 2026.

Causes

Éducation et dette

La dette invisible de PISA.

Scénarios

Retraites équilibrées

Quatre leviers réels.

Données

IA et dette

Productivité et recettes fiscales.

Causes

Immobilier et rente

La pierre contre le capital productif.

Scénarios

Réindustrialisation

Emplois, exports, recettes.

Données

Dette de la France 2025

3 460,5 Md€ fin 2025, 115,6 % du PIB : l'année en archive.

Causes

Santé mentale

Une crise aux effets budgétaires massifs.

Scénarios

Décrochage scolaire

Prévenir coûte moins cher.

Données

France vs Europe

Comparaisons.

Causes

Formation professionnelle

32 Md€/an, quel résultat ?

Scénarios

Dépenses évaluées

Couper juste, pas au hasard.

Données

Dette de la France 2026

Montant en direct, ratio, trajectoire : le point complet.

Causes

Mathématiques

Le levier silencieux de la souveraineté.

Scénarios

Scénario croissance forte

Le levier le plus puissant.

Données

Déficit public

La cause profonde de la dette.

Causes

Urbanisme dispersé

La dette qui ne dit pas son nom.

Scénarios

IA & productivité

+0,5 % productivité ≈ 75 Md€ recettes.

Données

Fraude sociale

Réalités et fantasmes.

Données

Dépenses inutiles

Gaspillage documenté.

Données

Dette depuis 1950

75 ans d'évolution.

Données

Dette depuis 1980

L'explosion en 45 ans.

Données

Ma part de la dette

Votre part du stock et des intérêts, selon votre situation.

Données

Fraude fiscale : chiffres réels

17,1 Md€ notifiés, 11,4 Md€ encaissés.

Données

Dette SNCF, EDF, collectivités

Les dettes publiques hors État.