Communes, intercommunalités, départements et régions portent collectivement environ 250 Md€ de dette, moins de 10 % de la dette publique totale.
Une dettedéjà comprise dans les 3 649 Md€ au sens de Maastricht, et structurellement plus maîtrisée que celle de l'État grâce à la règle d'or qui encadre l'emprunt local.
Les collectivités territoriales (APUL) portent environ 250 milliards d'euros de dette, soit de l'ordre de 8 à 10 % de la dette publique totale, une part déjà incluse dans le chiffre officiel. Au 6 novembre 2026, la dette publique de la France atteint environ 3 649 milliards d'euros (estimation en temps réel), soit 120,0 % du PIB. Dernier chiffre officiel INSEE : 3 595,5 Md€ fin du 2e trimestre 2026 (119,0 % du PIB, INSEE).
Qui porte la dette locale ? Répartition par niveau
Ordres de grandeur arrondis Répartition indicative de l'encours entre niveaux de collectivités :
Le bloc communal (communes + intercommunalités) concentre plus de la moitié de la dette locale : c'est lui qui porte l'essentiel de l'investissement public de proximité (écoles, voirie, eau, équipements sportifs et culturels).
Emprunt réservé à l'investissement : une commune peut s'endetter pour construire une école ou rénover un réseau d'eau, jamais pour payer les salaires ou les dépenses courantes.
Budget de fonctionnement à l'équilibre : le budget est voté en équilibre réel, sous le contrôle du préfet et des chambres régionales des comptes.
Conséquence : la dette locale finance des actifs (bâtiments, infrastructures) et sa part dans la dette publique reste stable, autour de 8 à 10 %, quand celle de l'État s'accroît continûment.
Impôts locaux supprimés : deux chiffrages officiels s’opposent
La règle d’or encadre l’emprunt, elle ne dit rien des recettes. Or la suppression de la taxe
d’habitation sur les résidences principales puis la réduction de la CVAE ont remplacé des impôts locaux par des
compensations versées par l’État. Savoir si l’opération a été neutre pour les budgets locaux est un point
contesté, pas un fait acquis : deux chiffrages publics aboutissent à des conclusions opposées,
et cette divergence est elle-même l’information.
Aucun de ces deux montants n’est un solde constaté en comptabilité : ce sont deux estimations, bâties sur des périmètres et des années de référence différents. Elles ne s’additionnent pas, ne se moyennent pas et ne se départagent pas ici.
Chiffrage
Conclusion annoncée
Nature du chiffre
Cour des comptes, rapport annuel sur les finances publiques locales
près de 6 Md€ de gain net pour les collectivités en 2022 au titre de la compensation de la taxe d’habitation et de la CVAE, sans détail du calcul publié
Travaux conduits pour l’Association des maires de France
environ 2 Md€ de pertes cumulées depuis 2017 pour le bloc communal, dont environ 1 Md€ imputable au choix d’asseoir la compensation sur les taux votés en 2017 alors qu’elle a été calculée en 2020
La mécanique de remplacement explique une partie de l’écart. Les communes ont perdu 15,3 Md€ de
taxe d’habitation. En échange, elles ont reçu la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties
et une fraction de frais de gestion. Ce panier de remplacement ne reproduit ni le dynamisme, ni la
répartition territoriale de l’impôt supprimé : à recette globale comparable, les gagnants et
les perdants ne sont pas les mêmes d’une commune à l’autre, ce qui suffit à faire diverger deux évaluations
sérieuses selon le périmètre retenu.
Sources : Cour des comptes, rapport annuel sur les finances publiques locales ; travaux conduits pour l’Association des maires de France sur la compensation des impôts locaux supprimés.
La dette publique au sens de Maastricht additionne trois sphères : l'État et ses organismes
(APUC, environ 80 % du total), la Sécurité sociale (ASSO)
et les collectivités locales (APUL). Les ~250 Md€ des collectivités ne s'ajoutent donc pas
au chiffre officiel : ils en font partie.
En revanche, les entreprises publiques (SNCF, EDF, RATP…) portent des dettes qui, elles,
ne sont pas toutes comptées dans le périmètre Maastricht : le panorama complet est présenté sur la page
dette SNCF, EDF et dette publique élargie.
Quelle est la dette des collectivités territoriales ?
Les administrations publiques locales (APUL : communes, intercommunalités, départements, régions et organismes rattachés) portent collectivement environ 250 milliards d’euros de dette, soit de l’ordre de 8 à 10 % de la dette publique totale de la France selon les années.
La dette des collectivités s’ajoute-t-elle à la dette de la France ?
Non. La dette publique au sens de Maastricht additionne déjà les trois sphères : État et organismes centraux (APUC), Sécurité sociale (ASSO) et collectivités locales (APUL). Les ~250 milliards d’euros des collectivités font donc partie du total, ils ne s’y ajoutent pas.
Pourquoi la dette des collectivités reste-t-elle maîtrisée ?
Parce que les collectivités territoriales sont soumises à une « règle d’or » : elles ne peuvent emprunter que pour financer des investissements (écoles, routes, équipements), jamais leurs dépenses de fonctionnement. Leur budget de fonctionnement doit être voté à l’équilibre, contrairement à celui de l’État.
Quel niveau de collectivité est le plus endetté ?
Le bloc communal : communes et intercommunalités portent environ 135 milliards d’euros, soit à peu près la moitié de la dette locale. Viennent ensuite les syndicats et organismes divers (~47 Md€), les départements (~35 Md€) et les régions (~33 Md€).
La suppression de la taxe d’habitation a-t-elle été compensée pour les communes ?
Le point est contesté, et deux chiffrages officiels s’opposent. La Cour des comptes évalue à près de 6 Md€ le gain net des collectivités en 2022 au titre de la compensation de la taxe d’habitation et de la CVAE, sans publier le détail de son calcul. Les travaux conduits pour l’Association des maires de France concluent à l’inverse à environ 2 Md€ de pertes cumulées depuis 2017 pour le seul bloc communal. Ce sont deux estimations, aucune n’est un solde constaté en comptabilité.
Par quoi la taxe d’habitation a-t-elle été remplacée ?
Les communes ont perdu 15,3 Md€ de taxe d’habitation sur les résidences principales. Elles ont reçu en remplacement la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties et une fraction de frais de gestion. Ce panier ne reproduit ni le dynamisme ni la répartition territoriale de l’impôt supprimé : à recette globale comparable, les gagnants et les perdants diffèrent d’une commune à l’autre.