Dette publique, dette de l’État : quel périmètre ?
La dette au sens de Maastricht couvre l’ensemble des administrations publiques. La dette de l’État et sa partie négociable portent sur des périmètres plus étroits : leurs montants ne se comparent pas directement.
Sur ce site, la dette publique totale estimée en direct atteint environ
3 649,3 Md€.
Mais selon les pages officielles, vous verrez aussi des chiffres comme 2 803,8 Md€
pour la dette négociable de l’État. Ce n’est pas une contradiction : c’est une question de périmètre.
C’est le chiffre utilisé par l’INSEE, Eurostat et la Commission européenne pour comparer les États membres.
Il couvre l’ensemble des administrations publiques et il est exprimé en valeur nominale, brute et consolidée.
Quand on lit que la dette française vaut environ 3 460,5 Md€ fin 2025,
on parle généralement de cette dette Maastricht.
Qui porte les 3 460,5 Md€ ? La ventilation officielle
L’Insee publie la répartition de la dette Maastricht par sous-secteur d’administration publique. Ces quatre lignes
somment exactement au total, et permettent de savoir de quoi on parle quand une source cite « la dette des
collectivités » ou « la dette de la sécurité sociale ».
Statut : constaté. Source : Insee, Informations rapides n° 78 du 27 mars 2026, tableau « La dette publique
(Maastricht) et la dette nette », fichier de données IR_APU25_26, onglet Dette_Maastricht.
Les 293,1 Md€ des administrations de sécurité sociale sont un agrégat au sens de Maastricht. Ils ne
se confondent pas avec la dette sociale portée par la Cades et l’Urssaf, d’environ 175 Md€, dont le périmètre est
plus étroit. Citer l’un pour l’autre change la conclusion.
Repère de l’année précédente, pour situer la progression : 3 306,1 Md€ fin 2024, dont
2 686,5 Md€ pour le seul État.
La dette de l’État ne couvre pas toute la sphère publique française. Elle exclut notamment une partie des dettes portées
par la sécurité sociale ou les collectivités locales. Fin 2025, elle atteint 2 822,7 Md€, soit
94,3 points de PIB sur les 115,6 de l’ensemble des administrations publiques.
C’est pourtant le périmètre qui intéresse souvent le plus les marchés, car il est directement lié au financement géré par l’AFT.
L’AFT publie régulièrement l’encours de la dette négociable : ce sont les titres qui s’achètent et se revendent sur les marchés,
principalement les OAT et les BTF.
Dernier grand repère AFT utilisé sur le site :
2 803,8 Md€
de dette négociable de l’État au 31 mars 2026.
La dette brute est la mesure standard la plus utilisée. La dette nette retranche certains actifs financiers.
Elle peut être utile pour une analyse plus fine, mais elle est moins présente dans le débat public et dans les comparaisons européennes.
Attention : « dette nette » ne signifie pas qu’on peut simplement soustraire tous les actifs publics à la dette et conclure que le problème disparaît.
Tout dépend de la nature, de la liquidité et de la disponibilité réelle de ces actifs.
Les ratios publiés par l’OCDE (engagements financiers bruts au sens du Système de comptabilité
nationale) et les ratios Maastricht (SEC 2010, Eurostat) ne mesurent pas le même objet. Ils ne
devraient jamais figurer dans un même classement sans mention du concept retenu : l’écart peut dépasser 20 points pour
un même pays et une même année.
C’est l’explication d’une bonne part des chiffres discordants que l’on croise sur la dette d’un pays étranger : les deux
chiffres peuvent être justes et venir de sources officielles, sans porter sur la même grandeur.
Second piège, celui des fonds de pension publics : leur périmètre fait diverger dette brute et dette
nette bien plus fortement qu’en France, jusqu’à faire basculer un pays en position de créancier net.
Dans ces trois cas, la dette nette est négative : les actifs financiers des administrations publiques dépassent leurs
passifs. C’est une raison de plus de toujours dire quel concept on cite avant de comparer deux pays.
Statut : constaté. Sources : Eurostat, série gov_10dd_edpt1, et AMECO d’une part ; OCDE, Perspectives économiques
n° 116, séries GGFLQ et GNFLQ d’autre part. Extractions du 26 août 2026.
Questions fréquentes
Pourquoi l’AFT ne donne-t-elle pas le même chiffre que l’INSEE ?
Parce que l’AFT décrit surtout la dette de l’État et sa partie négociable, alors que l’INSEE publie la dette publique totale au sens de Maastricht.
Quel chiffre faut-il utiliser sur un site grand public ?
Pour parler du poids global de la dette française, la dette Maastricht est la meilleure référence. Pour parler des marchés, des adjudications et des détenteurs, la dette négociable de l’État est souvent la plus pertinente.
Combien de dette portent les collectivités locales en France ?
Pourquoi la dette d’un pays n’est-elle pas la même chez l’OCDE et chez Eurostat ?
Parce que les deux institutions ne publient pas le même concept : engagements financiers bruts au sens du
Système de comptabilité nationale pour l’OCDE, dette au sens de Maastricht (SEC 2010) pour Eurostat. L’écart
peut dépasser 20 points de PIB, par exemple 135,4 % contre 159,9 % pour la Belgique en 1993, ou 113,2 %
contre 120,3 % pour la France en 2024. Les deux chiffres sont exacts, ils ne portent pas sur le même objet.
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