Dépenses · 2026
Défense
Cumul pédagogique depuis le 1er janvier
Base 2024 : 54 199 000 000 € par an. Rythme reconduit, sans mesure quotidienne.
Dépenses publiques de la fonction « Défense », classification COFOG GF02.
Données du 22 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous
Il n’existe pas de ligne « coût de la guerre » dans le budget de l’État. Il existe des fonds de concours encaissés, des surcoûts d’exécution constatés, des garanties hors bilan et une exposition maximale qui n’est pas une dépense. Cette page tient ces quatre colonnes séparées, parce que les confondre produit les chiffres qui circulent et qui ne veulent rien dire.
Projections pédagogiques : les bases annuelles sont lissées sur l’année.
Dépenses · 2026
Cumul pédagogique depuis le 1er janvier
Base 2024 : 54 199 000 000 € par an. Rythme reconduit, sans mesure quotidienne.
Dépenses publiques de la fonction « Défense », classification COFOG GF02.
Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.
Environ 260 Md€ d’avoirs de la Banque centrale de Russie sont immobilisés dans le monde, dont environ 210 Md€ dans l’Union européenne et 185 Md€ chez le dépositaire central Euroclear, en Belgique. Sur ces 185 Md€, 176 Md€ ne sont plus des titres mais un simple solde de trésorerie : les obligations détenues sont arrivées à échéance et ont été remboursées, sans pouvoir être réinvesties.
| Catégorie | Montant | Nature juridique |
|---|---|---|
| Avoirs de la Banque centrale de Russie, monde | environ 260 Md€ | Immobilisés |
| dont Union européenne | environ 210 Md€ | Immobilisés |
| dont Euroclear, Belgique | 185 Md€, dont 176 Md€ en solde de trésorerie | Immobilisés |
| Avoirs privés de personnes et entités désignées, UE | 28 Md€ | Gelés |
Deux catégories qu’il ne faut pas additionner sans le dire
Les avoirs de la Banque centrale de Russie et les avoirs privés des personnes et entités désignées relèvent de deux régimes juridiques différents. Les premiers sont immobilisés : la banque centrale n’est pas soumise au gel, ce sont certaines transactions qui lui sont interdites. Les seconds sont gelés au sens propre. Les additionner pour annoncer un total plus impressionnant revient à mélanger deux grandeurs distinctes. Quand un chiffre agrégé circule, la première question à poser est celle du périmètre.
Un point de droit change tout pour la suite. Le 12 décembre 2025, l’Union européenne a activé l’article 122 du TFUE pour immobiliser ces avoirs de façon durable. Jusque-là, l’immobilisation reposait sur un renouvellement semestriel à l’unanimité, c’est-à-dire qu’un seul État membre pouvait tout débloquer par son veto. Ce risque de rupture semestrielle a disparu, ce qui a rendu possible l’adossement d’un financement à ces avoirs.
Sources : Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026) de M. Jean-Marie Mizzon, « Les engagements financiers extrabudgétaires de l’Union européenne », 8 octobre 2025, p. 49-53 ; Parlement européen, étude EXPO_STU(2025)754487, 27 novembre 2025. Statut : constaté.
C’est ici qu’une divergence apparaît, et cette divergence est une information en soi. Les chiffres français officiels sont beaucoup plus faibles que les chiffres européens, et surtout beaucoup plus anciens.
| Grandeur | Montant en France | Millésime |
|---|---|---|
| Avoirs de la Banque centrale de Russie immobilisés | environ 22 Md€ | Arrêté à novembre 2022 |
| Fonds et ressources économiques gelés au titre des personnes et entités désignées, toutes catégories confondues | 1,35 Md€ | Arrêté à novembre 2022 |
Ces 1,35 Md€ agrègent des actifs financiers, des biens immobiliers, des navires, des hélicoptères et des œuvres d’art, avec une valorisation prudente assumée par l’administration. La distinction juridique rappelée plus haut vaut aussi ici : la Banque centrale de Russie n’est pas soumise au gel, d’où le mot « immobilisé » et non « gelé ».
Un chiffre constaté, mais figé depuis novembre 2022
Ces montants proviennent d’une réponse ministérielle publiée le 22 décembre 2022 et arrêtée à novembre 2022. Aucune actualisation publique française n’a suivi depuis. Le constat reste donc valide en tant que déclaration officielle, mais il ne dit rien de la situation actuelle : quatre années d’intérêts, d’échéances et de reventes se sont écoulées sans état des lieux public. Citer ces 22 Md€ sans leur millésime, c’est présenter une photographie de 2022 comme un solde d’aujourd’hui.
Source : réponse du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique à la question écrite Sénat n° qSEQ221003349, publiée le 22 décembre 2022. Statut : constaté, millésime ancien.
C’est le lien budgétaire le plus concret entre les avoirs russes et les comptes publics français, et il va dans le sens d’une recette, pas d’une dépense. La Facilité européenne pour la paix a versé au programme 146 « Équipement des forces » des fonds de concours issus du produit des avoirs russes immobilisés.
Ces crédits ne sont pas libres d’usage. Ils financent des munitions, de l’artillerie et de la défense aérienne acquises par la Direction générale de l’armement pour l’Ukraine, largement auprès de l’industrie française. Autrement dit, l’argent transite par le budget de l’État, mais il est fléché dès son entrée : ce n’est ni une recette de poche, ni une économie sur le déficit.
Sources : Cour des comptes, « Mission Défense, analyse de l’exécution budgétaire 2024 », avril 2025, note 52, et « analyse de l’exécution budgétaire 2025 », avril 2026, § IV et note 47. Montants relevés en exécution budgétaire. Statut : constaté.
Euroclear, le dépositaire central belge où sont logés les avoirs russes, a perçu 5 Md€ d’intérêts sur ces avoirs sanctionnés en 2025, en baisse de 26 % sur un an du fait de la détente des taux. Depuis la décision du Conseil du 12 février 2024, les dépositaires détenant plus de 1 M€ d’avoirs de la Banque centrale de Russie doivent mettre ces soldes en réserve, et les bénéfices exceptionnels qui en résultent sont reversés à l’Union.
| Flux | Montant | Période |
|---|---|---|
| Intérêts perçus par Euroclear sur les avoirs sanctionnés | 5 Md€ | Exercice 2025 |
| Bénéfices nets exceptionnels provisionnés au profit de l’Union, soit 99,7 % des bénéfices accumulés depuis le 15 février 2024 | 3,3 Md€ | Au titre de 2025 |
| dont versé à la Commission européenne | 1,6 Md€ | Juillet 2025 |
| dont attendu | environ 1,4 Md€ | Début 2026 |
| Revenus d’aubaine attendus en régime | 2,5 à 3 Md€ par an | Prévision |
Le principal n’est pas confisqué
Seuls les intérêts circulent. Les 185 Md€ logés chez Euroclear restent la propriété de la Banque centrale de Russie, immobilisés et non saisis. Cette distinction n’est pas un détail de forme : elle explique pourquoi tout financement adossé à ces avoirs prend la forme d’un prêt garanti, et non d’un transfert définitif.
Sources : Euroclear, communiqué de résultats 2025, février 2026 ; décision du Conseil du 12 février 2024 imposant la mise en réserve des soldes issus des avoirs immobilisés de la Banque centrale de Russie, applicable au 15 février 2024 ; règlement (UE) 2024/1469 et décision (PESC) 2024/1470 du Conseil du 21 mai 2024 ; Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026). Statut : constaté.
C’est le point à ne surtout pas présenter comme acquis, parce que le chiffre continue de circuler alors que la décision a été écartée. En octobre 2025, la Commission européenne a proposé un « prêt de réparation » de 140 Md€ adossé aux soldes de trésorerie d’Euroclear. Le raisonnement était arithmétique : sur 185 Md€ de soldes, 45 Md€ auraient servi à rembourser les prêts ERA, laissant environ 140 Md€ prêtables à l’Ukraine.
Cette proposition n’a pas été adoptée. Le Conseil européen du 18 décembre 2025 lui a substitué un dispositif différent, que le Parlement européen a approuvé le 11 février 2026 par 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions.
| Dispositif | Montant | Financement | Statut |
|---|---|---|---|
| « Prêt de réparation », proposition de la Commission, octobre 2025 | 140 Md€ | Adossé aux soldes de trésorerie d’Euroclear | Écarté |
| Prêt à l’Ukraine 2026-2027, Conseil européen du 18 décembre 2025 | 90 Md€, dont 30 Md€ d’assistance macrofinancière et de soutien budgétaire et 60 Md€ pour les capacités de défense | Emprunt commun de l’Union | Adopté |
Une décision proposée n’est pas une décision prise
Le chiffre de 140 Md€ est toujours cité dans le débat public comme si l’Union avait décidé de prêter cette somme à l’Ukraine sur les avoirs russes. Elle ne l’a pas fait. Le montant engagé est de 90 Md€, et il n’est pas adossé aux avoirs russes : il est financé par un emprunt commun, ce qui change entièrement qui en porte la charge.
Sources : Conseil européen, conclusions du 18 décembre 2025 ; Parlement européen, communiqué du 11 février 2026 ; Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026), p. 51-54.
Trois engagements se superposent, de nature différente. Aucun n’est aujourd’hui une dépense : ce sont des expositions. Les présenter comme des sommes déjà perdues serait faux ; les passer sous silence le serait tout autant.
Le Sénat chiffre à 8,7 Md€ l’exposition maximale française aux prêts européens garantis par la marge de manœuvre du budget de l’Union. Le calcul est explicite : 33 Md€ de prêts au titre de la Facilité pour l’Ukraine plus 18 Md€ d’assistance macrofinancière exceptionnelle, soit 51 Md€ d’exposition maximale du budget européen, dont 17 % pour la France au titre de sa clé de contribution. Lissé sur 25 ans après 10 ans de grâce, cela représenterait environ 340 M€ par an.
Statut de ce constat : non établi
Il s’agit d’une exposition maximale en cas de défaut intégral de l’Ukraine, pas d’une dépense prévue ni d’un montant appelé à ce jour. Le risque n’est pas pour autant théorique : la Commission a retenu fin 2024 une dépréciation comptable de 5,7 Md€ sur les 13,1 Md€ déjà versés au titre de la Facilité pour l’Ukraine, soit plus de 40 %. Une dépréciation comptable n’est pas une perte constatée, mais elle indique ce que le prêteur lui-même juge probable.
Source : Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026), 8 octobre 2025, p. 47-49.
À côté de la garantie collective portée par le budget européen, la France a accordé une garantie bilatérale irrévocable, inconditionnelle et à première demande pour l’assistance macrofinancière exceptionnelle décidée en septembre 2022. Le plafond est inscrit à l’article 149 de la loi de finances pour 2023 (loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022) : 1 006 M€. La quote-part française effective, dans l’accord de garantie signé avec l’Union le 23 janvier 2023, est de 638,7 M€.
Le mécanisme mérite d’être lu pour ce qu’il est : ces prêts sont couverts à hauteur de 9 % par des provisions effectivement versées et jusqu’à 61 % par des garanties des États membres. Il transfère donc l’essentiel du risque du budget de l’Union vers ceux des États. C’est un engagement hors bilan : le plafond est constaté, aucun appel en garantie n’est intervenu à ce jour.
Sources : Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026) ; loi de finances pour 2023, article 149.
Le prêt de 90 Md€ décidé en décembre 2025 est financé par un emprunt commun. Son service est porté par les budgets annuels de l’Union, donc par le prélèvement sur recettes au profit de l’Union européenne que la France inscrit chaque année : 28,8 Md€ prévus en 2026, en hausse de 24,6 % sur la prévision d’exécution 2025. L’Ukraine ne remboursera qu’après d’éventuelles réparations russes. La Commission estime ce service de la dette à environ 1 Md€ en 2027, puis environ 3 Md€ par an à partir de 2028, à la charge du budget de l’Union.
| Grandeur | Clé de 17 % (Sénat) | Clé de 19,24 % (base Kiel) |
|---|---|---|
| Quote-part du service de la dette en 2027 | 170 M€ | 192 M€ |
| Quote-part du service de la dette, par an à partir de 2028 | 510 M€ | 577 M€ |
| Exposition théorique au principal | 15,3 Md€ | 17,3 Md€ |
Avertissement : ce dernier calcul est celui de ce site
Aucune administration française n’a publié ce chiffrage. Il est obtenu en appliquant la clé de contribution française aux estimations de la Commission, avec une fourchette qui reflète les deux clés disponibles : 17 % retenu par le Sénat, 19,24 % correspondant à la part de la France dans les contributions au budget européen 2020 utilisée par le Kiel Institute. Statut : non établi. À lire comme un simple ordre de grandeur, jamais comme une prévision budgétaire.
Sources : Parlement européen, communiqué du 11 février 2026 ; Sénat, rapport d’information n° 12 (2025-2026). Calcul de quote-part réalisé pour ce dossier.
Sur le budget français lui-même, le soutien à l’Ukraine génère des surcoûts non programmés, non couverts par la loi de programmation militaire, que la Cour des comptes documente année par année en exécution.
| Exercice | Coût du soutien à l’Ukraine, mission Défense | Détail |
|---|---|---|
| 2024 | 529 M€ | dont 190,5 M€ de soutien direct sur le programme 178 : 62,2 M€ de formations, 87,2 M€ de cessions de matériels à recompléter, 41,1 M€ de contribution nette à la Facilité européenne pour la paix |
| 2025 | 593 M€ | dont 279 M€ sur le programme 178, où figurent 209 M€ de contribution à la Facilité européenne pour la paix et 173 M€ de remboursements reçus en sens inverse |
Les 3,0 Md€ de la Cour des comptes agrègent deux causes
Sur 2023-2025, la Cour chiffre à 3,0 Md€ le cumul des surcoûts non programmés de la mission Défense. Ce total ne mesure pas le seul soutien à l’Ukraine : il agrège deux causes distinctes, le renforcement du flanc Est de l’OTAN et le soutien à l’Ukraine. Le citer comme « coût de la guerre en Ukraine pour la France » est une erreur de lecture, dans quelque sens qu’on la commette.
Le seul chiffrage officiel français de la valeur des matériels militaires cédés à l’Ukraine est celui du ministère des Armées : 2,615 Md€ d’équipements livrés entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2023, auxquels s’ajoutent 1,2 Md€ de contribution à la Facilité européenne pour la paix, soit plus de 3,8 Md€. La France est le deuxième contributeur à cette Facilité, avec environ 18 % de l’aide qu’elle apporte à l’Ukraine. La loi de programmation militaire 2024-2030 intègre déjà 1,2 Md€ pour recompléter les matériels cédés.
La méthode de valorisation n’est pas publiée
La réponse ministérielle n’explicite pas comment ces 2,615 Md€ sont calculés : valeur d’acquisition, valeur nette comptable ou coût de remplacement ? Ces trois méthodes donnent des résultats très différents pour un même stock de matériel, a fortiori pour des équipements anciens. Tant que la méthode n’est pas publiée, aucune comparaison rigoureuse avec les autres pays donateurs n’est possible. Le montant est constaté, la méthode ne l’est pas.
Sources : Cour des comptes, notes d’analyse de l’exécution budgétaire de la mission Défense 2024 (avril 2025) et 2025 (avril 2026) ; réponse du ministère des Armées à la question écrite Sénat n° qSEQ230707988, publiée le 16 mai 2024 ; Sénat, avis budgétaire PLF 2026, « Défense : Équipement des forces ». Statut : constaté en exécution.
La seule comparaison internationale à méthodologie commune, portant sur 41 pays suivis, donne un résultat peu flatteur : rapportée à la richesse nationale, l’aide française à l’Ukraine est faible. Du 24 janvier 2022 au 30 juin 2026, la France a alloué 7,91 Md€ en bilatéral (6,23 militaire, 0,88 humanitaire, 0,80 financier) et engagé 10,34 Md€, soit 0,32 % et 0,41 % de son PIB 2021. En ajoutant sa quote-part de l’aide de l’Union, calculée avec une clé de 19,24 % du budget européen, le total atteint 26,22 Md€ alloués (1,05 % du PIB) et 47,02 Md€ engagés (1,88 %).
| Pays | Total alloué, bilatéral plus quote-part UE, en % du PIB 2021 |
|---|---|
| Danemark | 4,11 % |
| Suède | 2,71 % |
| Pays-Bas | 1,84 % |
| Pologne | 1,69 % |
| Allemagne | 1,45 % |
| France | 1,05 % |
| Italie | 0,97 % |
| Espagne | 0,90 % |
| Royaume-Uni | 0,85 % |
| États-Unis | 0,59 % |
Deux précautions de lecture
D’abord, ce sont des estimations d’un institut de recherche, pas des chiffres officiels français, et elles reposent sur une clé de répartition de l’aide européenne que l’État français n’a pas validée. Ensuite, alloué et engagé sont deux notions distinctes qu’il ne faut pas confondre : le premier désigne ce qui est affecté à des livraisons ou versements identifiés, le second ce qui a été annoncé. L’écart entre 26,22 et 47,02 Md€ pour la France est précisément cet écart-là.
Source : Kiel Institute for the World Economy, Ukraine Support Tracker, 30e édition, Kiel Working Paper n° 2218, données arrêtées au 30 juin 2026. Statut : estimations d’un institut de recherche.
L’Europe et la dette françaiseLe budget de la FranceMéthodologie
Il n’existe pas de chiffre unique. Sur la mission Défense, la Cour des comptes relève 529 M€ de coût du soutien à l’Ukraine en 2024 et 593 M€ en 2025, en exécution. Elle chiffre par ailleurs à 3,0 Md€ le cumul 2023-2025 des surcoûts non programmés, mais ce total agrège deux causes distinctes, le soutien à l’Ukraine et le renforcement du flanc Est de l’OTAN. À l’inverse, le budget a encaissé 302,7 M€ en 2024 puis 209 M€ en 2025 de fonds de concours européens.
Non, et le mot compte. Environ 22 Md€ d’avoirs de la Banque centrale de Russie sont immobilisés en France, ce qui n’est pas un gel : la banque centrale n’est pas soumise au gel, seules certaines transactions lui sont interdites. Le gel proprement dit vise les personnes et entités désignées, pour 1,35 Md€ de fonds et ressources économiques. Ces deux montants sont de nature différente et ne s’additionnent pas sans le dire. Ils sont par ailleurs arrêtés à novembre 2022, sans actualisation publique depuis.
Oui, indirectement et pour des montants identifiés. La Facilité européenne pour la paix a versé au programme 146 « Équipement des forces » des fonds de concours issus du produit des avoirs russes immobilisés : 302,7 M€ en 2024, dont 170,4 M€ consommés dans l’année, puis 209 M€ en 2025, non prévus au projet de loi de finances. Ces crédits ne sont pas libres d’usage : ils financent des munitions, de l’artillerie et de la défense aérienne acquises pour l’Ukraine, largement auprès de l’industrie française.
Non. Le « prêt de réparation » de 140 Md€ adossé aux soldes de trésorerie d’Euroclear, proposé par la Commission européenne en octobre 2025, n’a pas été retenu. Le Conseil européen du 18 décembre 2025 lui a substitué un prêt de 90 Md€ pour 2026-2027, financé par un emprunt commun de l’Union et approuvé par le Parlement européen le 11 février 2026 par 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions. Le chiffre de 140 Md€ continue de circuler alors qu’il ne correspond à aucun engagement.
Le Sénat chiffre à 8,7 Md€ l’exposition maximale française aux prêts européens garantis par la marge de manœuvre du budget de l’Union, soit 17 % de 51 Md€ d’exposition maximale européenne, ce qui représenterait environ 340 M€ par an lissés sur 25 ans après 10 ans de grâce. Statut : non établi, c’est une exposition maximale en cas de défaut intégral, pas une dépense prévue. S’y ajoute une garantie bilatérale française plafonnée à 1 006 M€, dont la quote-part effective est de 638,7 M€, jamais appelée à ce jour.
Rapportée à la richesse nationale, l’aide française est faible. Selon le Kiel Institute, du 24 janvier 2022 au 30 juin 2026, la France a alloué 26,22 Md€ en comptant sa quote-part de l’aide européenne, soit 1,05 % de son PIB 2021, contre 4,11 % pour le Danemark, 2,71 % pour la Suède, 1,84 % pour les Pays-Bas et 1,45 % pour l’Allemagne. Ce sont des estimations d’un institut de recherche, pas des chiffres officiels français, et l’aide allouée ne doit pas être confondue avec l’aide engagée.
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