Stocks de dette · 2026
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Données du 23 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous
Le récit public attribue les baisses de dette à l’austérité et les hausses au laxisme. La comptabilité dit autre chose dans la majorité des cas. Cette page décompose onze épisodes de forte variation du ratio dette/PIB, réussites et échecs traités avec la même méthode, et attribue chaque point de ratio à sa source : effort budgétaire, croissance réelle, inflation, charge d’intérêts ou artefact comptable.
Ces agrégats servent de comparaison. Ils ne mesurent pas le coût propre du sujet ou de l’opération décrite sur cette page.
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Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.
La variation d’un ratio dette/PIB se décompose en cinq contributions additives, selon l’identité utilisée par le FMI (dite décomposition d’Escolano). Additionnées, elles reconstituent exactement la variation observée du ratio, pour un pays et une période donnés.
| Contribution | Ce qu’elle mesure | Signe favorable |
|---|---|---|
| Solde primaire | Le solde public hors charge d’intérêts, c’est-à-dire l’effort budgétaire de l’année | Un excédent fait baisser le ratio |
| Charge d’intérêts | Le coût du stock de dette déjà émis, mesuré par le taux apparent | Toujours défavorable |
| Croissance réelle | L’effet du dénominateur en volume | Favorable si la croissance est positive |
| Inflation | L’effet du déflateur du PIB sur le dénominateur | Favorable pour le ratio, transitoirement |
| Ajustement stock-flux | Tout ce qui change la dette sans passer par le déficit : cessions et acquisitions d’actifs, reprises de dette, restructurations | Variable, souvent le poste le plus mal compris |
Les trois termes intérêts, croissance et inflation forment ensemble le canal dit effet boule de neige, commandé par l’écart entre le taux apparent de la dette et la croissance nominale. Le mécanisme est détaillé sur la page pourquoi la croissance nominale réduit la dette, et la notion de solde primaire sur qu’est-ce que le déficit primaire.
Avertissement à lire avant les chiffres : une décomposition est comptable, pas économique
Elle dit d’où vient le résultat, pas ce qui l’a provoqué. Écrire que la croissance réelle a retiré 45,9 points au ratio irlandais est un constat d’arithmétique ; en conclure qu’une politique a causé cette croissance, ou qu’elle serait reproductible, est une inférence que la décomposition ne porte pas. Trois règles découlent de cette limite et sont appliquées sur toute la page : les contributions de pays différents ne s’additionnent jamais, aucune décomposition n’est présentée comme une causalité, et aucun épisode n’est présenté comme transposable à la France.
Deux sources, deux définitions de la dette, qui ne se comparent pas ligne à ligne
Les épisodes européens sont calculés sur la dette au sens de Maastricht (ESA 2010, série AMECO UDGGL). Les épisodes canadien et néo-zélandais viennent de l’OCDE et reposent sur les engagements financiers bruts au sens du Système de comptabilité nationale, qui est un périmètre plus large. L’écart dépasse 20 points sur certains pays et certaines années : pour la France en 2024, 113,2 % selon Eurostat contre 120,3 % selon l’OCDE. Les variations restent comparables en ordre de grandeur, les niveaux non. Les lignes concernées sont signalées dans le tableau.
Statut : décompositions calculées pour ce dossier à partir de la base AMECO de la Commission européenne (dette Maastricht ESA 2010, série UDGGL, chapitres 5, 6, 16, 17 et 18), millésime téléchargé le 26 août 2026, validées contre les séries AMECO publiées UDGGS (ajustement stock-flux) et ADGGI (effet boule de neige) ; ratios recoupés avec Eurostat, gov_10dd_edpt1. Épisodes canadien et néo-zélandais : OCDE, Perspectives économiques n° 116, extraction SDMX du 26 août 2026. Nature : estimé.
Chaque ligne est un épisode de forte variation du ratio. La colonne « contributions documentées » donne, en points de ratio, les termes que la décomposition permet d’isoler avec certitude ; les cases vides signalent un terme non détaillé ici, et non un terme nul. Une colonne ne se lit jamais en travers des pays.
| Pays et période | Variation du ratio | Solde primaire moyen (% du PIB par an) | Contributions documentées, en points de ratio |
|---|---|---|---|
| Belgique 1993-2007 | −47,9 pts | +5,00 | Boule de neige défavorable : +21,6 |
| Danemark 1993-2007 | −52,9 pts | +4,68 | Dépense publique encore à 49,5 % du PIB en 2007 |
| Canada 1996-2007 (périmètre OCDE) | −39,3 pts (brut) ; −49,0 pts (net) | +3,44 (pic à +5,8 en 1999) | Dépense publique 45,9 % → 38,5 % du PIB |
| Nouvelle-Zélande 1993-2007 (périmètre OCDE) | −38,0 pts (brut) ; −55,3 pts (net) | +4,08 | Primaire −57,2 ; croissance −20,2 ; inflation −9,7 ; intérêts +19,5 ; stock-flux +29,7 |
| Finlande 1994-2008 | −21,5 pts (brut) | +4,60 | Ajustement stock-flux : +45,2 |
| Italie 1994-2007 | −13,2 pts | +3,10 | Intérêts : +82,2 (taux apparent moyen 5,89 %) |
| Italie 2008-2014 | +29,0 pts | +1,05 | Hausse malgré un excédent primaire maintenu |
| Espagne 2014-2024 | −2,8 pts | Déficitaire | Croissance et inflation −45,0 ; solde primaire +21,3 |
| Irlande 2012-2019 | −63,1 pts | Non détaillé | Croissance réelle −45,9 ; solde primaire −5,3 |
| Portugal 2014-2024 | −39,0 pts | Non détaillé | Inflation −34,9 ; croissance −25,0 ; solde primaire −12,9 |
| Grèce 2020-2025 | −63,2 pts | Non détaillé | Croissance −36,0 ; inflation −34,3 ; solde primaire −6,8 (taux apparent 1,70 %) |
Une lecture immédiate saute aux yeux : sur onze épisodes, quatre seulement voient l’effort budgétaire porter l’essentiel de la baisse. Dans les autres, le résultat vient du dénominateur, du coût du stock de dette, ou d’une opération sur actifs. Le classement des « bons élèves » établi à partir de la seule variation du ratio ne survit donc pas à l’ouverture du capot.
Nature : estimé. Sources : AMECO, millésime 2026, chapitres 5, 6, 16, 17 et 18 ; OCDE, Perspectives économiques n° 116, extraction du 26 août 2026, pour les lignes Canada et Nouvelle-Zélande. La Suède 1996-2008 et l’Allemagne 2010-2019 sont traitées sur la page comment résorber la dette de la France.
Quatre épisodes seulement, parmi les onze, voient la baisse venir d’abord de l’effort budgétaire. Précision de lecture, parce que les deux sources ne couvrent pas le même terrain : sur le sous-échantillon européen calculé à partir d’AMECO, la Belgique et le Danemark sont les deux seuls cas où la baisse provient d’abord du solde primaire ; le Canada et la Nouvelle-Zélande s’y ajoutent au titre de l’extraction OCDE, sur un périmètre de dette différent. Ces quatre épisodes ont un point commun qui n’est presque jamais rappelé : le niveau d’excédent primaire qu’ils supposent est, à l’échelle des séries historiques, une exception.
Le cas belge est le plus démonstratif, parce que le contexte y était hostile : la boule de neige y a ajouté +21,6 points sur la période, et le ratio a tout de même reculé de 47,9 points. L’excédent primaire y a donc fait plus que la totalité du travail. Le cas danois montre l’envers du décor souvent oublié : la dépense publique danoise était encore à 49,5 % du PIB en 2007, après quatorze ans d’excédents. Réduire une dette par le solde primaire n’implique pas mécaniquement un petit État.
Le Canada et la Nouvelle-Zélande, eux, ont fait porter l’ajustement sur la dépense. Le Budget canadien de 1995 (Programme Review) annonçait 25,3 milliards de dollars canadiens de réductions de dépenses cumulées sur trois ans, sur 29,0 milliards d’économies totales, soit près de sept dollars de baisse de dépense pour un dollar de hausse d’impôt ; les dépenses de programmes fédérales passent de 15,8 % du PIB en 1994-95 à 13,1 % en 1996-97, décrit dans le document comme le ratio le plus bas depuis 1950-51, contre un pic de 19,6 % au milieu des années 1980. La dépense publique totale recule de 45,9 % à 38,5 % du PIB, et la dette nette de 49,0 points.
La Nouvelle-Zélande est le seul épisode de l’échantillon dont la décomposition complète est disponible, et elle mérite d’être lue terme à terme : solde primaire −57,2, croissance −20,2, inflation −9,7, intérêts +19,5, ajustement stock-flux +29,7, pour une baisse nette de 38,0 points du brut. Le pays finit en position de créancier net (dette nette de −5,3 % du PIB en 2007). Honnêteté indispensable : la trajectoire s’est inversée depuis, de 39,6 % en 2019 à 61,8 % en 2025. Un épisode de désendettement ne vaut pas garantie permanente.
À quel point ces niveaux d’excédent sont-ils rares ?
Eichengreen et Panizza ont recensé 113 fenêtres de dix ans non chevauchantes dans les économies avancées. 12 dépassent 3 % du PIB d’excédent primaire moyen, 5 dépassent 4 %, et 3 seulement dépassent 5 % : la Belgique 1995-2004 à 5,19 %, la Norvège 1999-2008 à 11,07 % et Singapour 1990-1999 à 9,30 %. Sur ces trois cas, deux ne sont pas transposables : un pays pétrolier et une cité-État. Statut : constaté. Source : NBER Working Paper n° 20316, juillet 2014, tableaux 3 à 5.
C’est l’enseignement le moins intuitif, et le plus important. L’Italie a dégagé un excédent primaire moyen de 3,1 % du PIB pendant treize ans, de 1994 à 2007. Son ratio n’a reculé que de 13,2 points. La raison tient en une ligne de la décomposition : la charge d’intérêts a ajouté +82,2 points sur la période, avec un taux apparent moyen de 5,89 %. Treize ans de discipline budgétaire ont donc servi, pour l’essentiel, à payer les intérêts de la dette héritée.
La suite est plus dure encore : entre 2008 et 2014, l’Italie maintient un excédent primaire moyen de 1,05 % du PIB, et son ratio augmente de 29,0 points. Un excédent primaire n’est pas une garantie de baisse, c’est une condition qui doit être arbitrée contre le taux apparent et contre la croissance.
Le cas espagnol illustre la symétrie inverse. Sur 2014-2024, croissance et inflation apportent 45 points de baisse au ratio espagnol. Ils sont annulés par 21,3 points de déficits primaires accumulés, et par la charge d’intérêts. Résultat net sur onze ans : −2,8 points. Un environnement macroéconomique porteur ne suffit pas non plus, quand le solde primaire reste négatif.
Ces deux cas expliquent pourquoi la citation de l’Italie comme modèle d’effort, ou de l’Espagne comme modèle de croissance, produit à chaque fois une conclusion fausse. Ce qui compte est le solde entre les cinq contributions, pas la performance d’une seule.
Nature : estimé. Source : AMECO, millésime 2026, chapitres 6, 16 et 18 ; taux apparent calculé à partir des séries UYIGE et UDGGL.
Trois cas montrent qu’un ratio peut chuter, ou paraître chuter, pour des raisons qui n’ont presque rien à voir avec la gestion des finances publiques.
Le ratio irlandais perd 63,1 points. La décomposition attribue 45,9 points à la croissance réelle et 5,3 points seulement au solde primaire. La moitié de l’effet de croissance se concentre sur la seule année 2015, celle du transfert massif d’actifs incorporels de multinationales vers des bilans irlandais. Le PIB irlandais mesure donc en partie une activité qui ne revient pas aux résidents : le revenu national brut ne vaut que 75,4 % du PIB. Rapportée au RNB, la dette irlandaise passe de 146,8 % à 74,0 %, une baisse réelle mais sensiblement plus modeste que les 63,1 points affichés.
Cas exactement inverse. La Finlande dégage un excédent primaire moyen de 4,6 % du PIB, à un niveau comparable au Danemark, et sa dette brute ne recule que de 21,5 points. L’explication tient dans le cinquième terme : l’ajustement stock-flux ajoute +45,2 points, parce que les excédents ont été placés en actifs financiers dans les caisses de retraite plutôt que consacrés à l’extinction de dette. La position réelle du pays se lit sur la dette nette, qui passe de −7,0 % à −51,9 % du PIB. Juger la Finlande sur sa dette brute conduit à ne pas voir le seul chiffre qui décrit sa situation.
Le point de départ allemand de 2010, souvent cité comme la base d’une réussite, comporte +7,61 points d’ajustement stock-flux liés aux structures de défaisance bancaire. Une partie de la baisse qui suit n’est donc que la sortie de cet effet. L’épisode allemand complet est traité sur la page comment résorber la dette de la France.
Pourquoi ce troisième enseignement est le plus utile
L’ajustement stock-flux et le comportement du dénominateur sont les deux termes que le débat public ignore systématiquement, et ce sont eux qui produisent les records dans les deux sens. Un ratio qui s’effondre peut cacher l’absence d’effort ; un ratio qui stagne peut cacher un effort considérable. C’est la raison d’être d’une décomposition.
Nature : estimé. Sources : AMECO, millésime 2026, chapitres 5, 6, 16, 17 et 18, série UDGGS pour l’ajustement stock-flux ; Eurostat, gov_10dd_edpt1 pour les ratios.
Les deux baisses les plus commentées de la décennie, le Portugal et la Grèce, doivent l’essentiel de leur résultat au dénominateur nominal, c’est-à-dire à la croissance réelle et surtout à l’inflation.
| Contribution | Portugal 2014-2024 | Grèce 2020-2025 |
|---|---|---|
| Variation totale du ratio | −39,0 pts | −63,2 pts |
| Inflation (déflateur du PIB) | −34,9 | −34,3 |
| Croissance réelle | −25,0 | −36,0 |
| Solde primaire | −12,9 | −6,8 |
Dans les deux cas, l’inflation seule fait davantage que l’effort budgétaire : deux fois et demie plus au Portugal, cinq fois plus en Grèce. S’y ajoute, pour la Grèce, une singularité de financement qu’aucun autre pays de l’échantillon ne partage : son taux apparent est de 1,70 %, très inférieur à celui d’États mieux notés, parce que sa dette est très majoritairement détenue par des créanciers officiels à conditions bonifiées. La boule de neige grecque est donc désarmée par la structure de détention, pas par la performance budgétaire.
Ces deux épisodes valident le mécanisme décrit sur la page croissance nominale et dette, et en rappellent la limite : l’inflation réduit le ratio, pas la dette, et son effet se retourne à mesure que les taux d’émission et les dépenses indexées suivent.
Nature : estimé. Source : AMECO, millésime 2026, chapitres 6, 16 et 18.
La même méthode appliquée à l’épisode précédent du même pays donne le résultat inverse, et c’est la vérification la plus sévère que cette page puisse s’imposer. Entre 2009 et 2016, le ratio grec monte de 54,6 points, malgré l’annulation de dette privée de 2012 qui lui retire à elle seule 36,8 points.
Le terme « croissance réelle » apparaît ici avec un signe positif : quand le PIB en volume recule, il pousse le ratio à la hausse. Le coût humain correspondant est documenté : −27,0 % de PIB réel entre 2008 et 2013, un PIB encore inférieur de 13,9 % en 2025 à son niveau de 2008, et un chômage monté à 27,5 %.
Ce que cette contre-épreuve établit, et ce qu’elle n’établit pas
Elle établit qu’un effort budgétaire mené pendant que le dénominateur s’effondre peut faire monter le ratio, restructuration comprise. Elle n’établit pas que l’ajustement grec ait causé la récession, ni l’inverse : la décomposition est comptable et ne porte aucune causalité. Le débat sur la taille des multiplicateurs budgétaires existe et n’est pas tranché ; il est présenté ici comme débattu, pas comme acquis.
Nature : estimé pour la décomposition, constaté pour le PIB et le chômage. Sources : AMECO, millésime 2026, chapitres 5, 6, 16 et 18 ; Eurostat pour le taux de chômage.
La France n’a connu aucun épisode de baisse durable depuis 1980. La décomposition dit précisément pourquoi, sur trois périodes.
| Période | Ratio | Ce que dit la décomposition |
|---|---|---|
| 1996-2007 | 60,6 % → 65,5 %, soit +4,9 pts | Croissance et inflation apportaient 27 points de baisse, annulés par les intérêts (+31,5) faute d’excédent primaire (+0,22 % du PIB en moyenne) |
| 2010-2019 | 86,3 % → 98,2 %, soit +11,9 pts | Boule de neige exactement neutre ; le déficit primaire (−1,87 % du PIB) ajoute +16,8 points à lui seul |
| 2020-2025 | +0,6 pt | 27 points apportés par croissance et inflation, effacés par +18,1 points de déficits primaires |
Dans les trois cas, le terme manquant est le même : le solde primaire. Le solde de chaque ligne, entre les contributions citées et la variation constatée, relève des intérêts et de l’ajustement stock-flux, non détaillés ici.
Le levier des recettes est déjà largement utilisé. En 2024, impôts et cotisations sociales nettes atteignent 45,2 % du PIB en France, deuxième rang de l’Union derrière le Danemark (45,4 %), devant la Belgique (44,5 %), l’Autriche (43,7 %), l’Italie (42,4 %), la Suède (42,0 %), et 4,5 points au-dessus de la moyenne de la zone euro (40,7 %, même niveau que l’Allemagne). Mesure au périmètre ESA 2010, identique pour les 27. Côté dépense, la France est à 57,0 % du PIB contre 49,4 % en zone euro ; les points de départ des épisodes de réussite étaient de 45,9 % pour le Canada en 1996, 39,9 % pour la Nouvelle-Zélande en 1993 et 48,1 % pour l’Allemagne en 2010. Seule la Suède de 1996, à 61,0 %, partait d’un niveau comparable. Statut : constaté. Source : Eurostat, gov_10a_taxag, exercice 2024.
Les trois amortisseurs des années 1990 sont fermés. D’abord la dépréciation du change, indisponible en zone euro : la DG Trésor elle-même la désigne comme le facteur non reproductible du succès suédois. Ensuite les taux : dans les épisodes belge, italien, danois et suédois, la convergence vers l’euro a divisé le taux apparent par deux ou trois, à partir de niveaux moyens de 5,50 % pour la Belgique, 5,89 % pour l’Italie, 5,96 % pour le Danemark et 4,93 % pour la Suède sur 1994-2007, tous en baisse. Le taux apparent français, lui, remonte. Enfin, la consolidation coûte environ deux fois plus cher quand plusieurs pays consolident en même temps, ce qui est la situation actuelle de la zone euro.
| Année | Taux apparent de la dette française | Charge d’intérêts (% du PIB) |
|---|---|---|
| 2021 | 1,21 % | 1,39 % |
| 2022 | 1,70 % | Non détaillé |
| 2023 | 1,69 % | Non détaillé |
| 2024 | 1,87 % | 2,05 % |
| 2025 | 1,98 % | Non détaillé |
| 2026 (prévision) | 2,24 % | 2,58 % |
| 2027 (prévision) | 2,36 % | 2,78 % |
Statut : non établi. Un ordre de grandeur contrefactuel, à ne jamais lire comme une prévision
Si la France avait appliqué chaque année depuis 1996 le solde primaire moyen de la zone euro, en gardant sa propre croissance, sa propre inflation et son propre taux apparent, son ratio serait d’environ 66 % au lieu de 116 %. Le solde primaire cumulé sur 1996-2025 atteint −50,3 points de PIB pour la France contre −4,1 points pour la zone euro, soit un écart de 46,2 points ; la dette constatée en 2025 est de 115,6 %, le contrefactuel de 65,8 %. Sur 2010-2025 seulement : −42,6 points contre −12,8, pour un contrefactuel de 89,5 % contre 115,6 % constatés.
Limites à lire avec le chiffre. C’est un calcul arithmétique, pas une simulation macroéconomique. Il ignore l’effet récessif qu’un effort plus dur aurait exercé sur la croissance française, c’est-à-dire le multiplicateur budgétaire, et il ignore l’ajustement stock-flux. Il surestime donc l’écart. Ordre de grandeur, jamais prévision. Calcul réalisé pour ce dossier à partir d’AMECO, millésime 2026.
La vraie conclusion de cette page
La France présente aujourd’hui trois paramètres simultanés : un taux apparent d’environ 2,3 % et en hausse, un ratio de 115,6 % fin 2025, et un déficit primaire d’environ 3 % du PIB. Aucun des onze épisodes décomposés ici ne combine ces trois paramètres. Ce n’est ni un verdict d’impossibilité, ni une prescription : c’est le constat qu’il n’existe pas, dans cet échantillon, de précédent dont la France pourrait copier le mécanisme.
Les leviers françaisLa formule r moins gLe déficit primaireLa charge d’intérêtsMéthodologie
Sur les onze épisodes décomposés ici, quatre relèvent d’abord de l’effort budgétaire : Belgique 1993-2007 (−47,9 points de ratio, excédent primaire moyen de 5,00 % du PIB), Danemark 1993-2007 (−52,9 points, 4,68 %), Canada 1996-2007 (−39,3 points, 3,44 %) et Nouvelle-Zélande 1993-2007 (−38,0 points, 4,08 %). Les autres baisses viennent surtout de la croissance, de l’inflation ou d’un artefact comptable. Nature : estimé. Sources : AMECO millésime 2026 et OCDE, Perspectives économiques n° 116, extraction du 26 août 2026.
Pas mécaniquement. L’Italie a dégagé un excédent primaire moyen de 3,1 % du PIB pendant treize ans, de 1994 à 2007, et son ratio n’a reculé que de 13,2 points, parce que la charge d’intérêts en ajoutait 82,2 avec un taux apparent moyen de 5,89 %. Entre 2008 et 2014, l’Italie maintient un excédent primaire et voit pourtant son ratio monter de 29,0 points. L’effort budgétaire compte, mais il est arbitré par le taux apparent et par la croissance.
Entre 2020 et 2025, le ratio grec recule de 63,2 points, dont 36,0 apportés par la croissance réelle, 34,3 par l’inflation et 6,8 seulement par le solde primaire. Le taux apparent de la dette grecque est de 1,70 %, parce qu’elle est très majoritairement détenue par des créanciers officiels à conditions bonifiées. C’est une réduction d’abord nominale, dans une configuration de financement que peu de pays connaissent. Nature : estimé, source AMECO millésime 2026.
Parce que son dénominateur a explosé, pas parce que sa dette a été remboursée. Sur 2012-2019, le ratio irlandais perd 63,1 points, dont 45,9 dus à la croissance réelle et 5,3 seulement au solde primaire, la moitié de l’effet se concentrant sur la seule année 2015. Le PIB irlandais est gonflé par les actifs incorporels de multinationales : rapportée au revenu national brut, qui ne vaut que 75,4 % du PIB, la dette passe de 146,8 % à 74,0 %, une baisse réelle mais bien moindre.
Aucun des onze épisodes ne combine les trois paramètres français actuels : un taux apparent d’environ 2,3 % et en hausse, un ratio de 115,6 % fin 2025 et un déficit primaire d’environ 3 % du PIB. Deux différences de départ sont documentées : la France prélève 45,2 % du PIB en impôts et cotisations en 2024, deuxième rang de l’Union, et les amortisseurs des années 1990, dépréciation du change et baisse des taux liée à la convergence vers l’euro, ne sont plus disponibles. Une décomposition dit d’où vient un résultat, elle ne le rend pas transposable.
Elle réduit le ratio, ce qui n’est pas la même chose que réduire la dette. Sur 2014-2024, l’inflation retire 34,9 points au ratio portugais, et sur 2020-2025 elle en retire 34,3 au ratio grec : dans ces deux cas, elle fait davantage que l’effort budgétaire. Mais l’effet se retourne quand les taux d’émission remontent et que les dépenses indexées suivent. Le mécanisme et ses limites sont détaillés sur la page consacrée à la croissance nominale.
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