Données du 23 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous
Corruption internationale des entreprises françaises : qui encaisse les amendes ?
Depuis la loi Sapin II, les groupes français ont versé environ 2,74 milliards d’euros au Trésor public français pour corruption transnationale. Mais 76 % de ce total tient à une seule affaire, et les deux dossiers les plus importants n’ont pas été détectés par la France. Avant 2016, le rapport était exactement inverse : 1,65 milliard de dollars partaient au Trésor américain, et rien ne rentrait en France.
Les groupes français ont versé environ 2,74 milliards d’euros d’amendes d’intérêt public au Trésor public français pour corruption transnationale entre 2018 et 2026, dont 2,083 milliards pour la seule CJIP Airbus de 2020. Au 23 septembre 2026, la dette publique de la France atteint environ 3 571 milliards d'euros (estimation en temps réel), soit 118,6 % du PIB. Dernier chiffre officiel INSEE : 3 460,5 milliards d'euros fin 2025 (115,6 % du PIB).
La CJIP : une transaction, pas une condamnation
Avertissement de lecture, à garder pour toute la page
Une convention judiciaire d’intérêt public n’est ni une condamnation ni une reconnaissance de culpabilité. Elle éteint l’action publique sous réserve du paiement de l’amende d’intérêt public et de l’exécution d’un programme de conformité contrôlé par l’Agence française anticorruption. Les entreprises citées sur cette page le sont uniquement au titre de décisions publiques et opposables : CJIP validée par un juge, jugement, arrêt de cassation, rapport public nominatif.
La première résolution coordonnée entre le Parquet national financier et le Department of Justice américain date du 4 juin 2018 : la CJIP conclue avec Société Générale SA le 24 mai 2018 et validée le 4 juin, soit 250 150 755 € versés au Trésor public français, pour des faits de corruption d’agents publics étrangers liés aux relations d’affaires avec la Libyan Investment Authority entre 2007 et 2010. La même somme a été versée au Trésor des États-Unis au titre d’un deferred prosecution agreement conclu simultanément.
Les CJIP mettant en cause des faits africains ont rapporté au Trésor public français environ 272,2 M€ : 250,15 M€ pour Société Générale (Libye, 2018), 12 M€ pour Bolloré SE (2021), 7,496 M€ pour Systra SA (2021) et 2,6 M€ pour Egis Avia (Algérie, 2019). S’y ajoutent des programmes de conformité à la charge des entreprises, plafonnés à 4 M€ pour Bolloré. PNF, communiqués 2018-2021 ; répertoire des CJIP du ministère de la justice
2,74 Md€ depuis 2018, dont 76 % pour un seul dossier
- 2 739 420 846 € d’amendes d’intérêt public versées au Trésor public français sur 21 CJIP conclues avec des groupes français entre 2018 et 2026.
- Dont 2 083 137 455 € pour la seule CJIP Airbus du 29 janvier 2020, à elle seule 76 % du total. Une seconde CJIP Airbus, en novembre 2022, ajoute 15 856 044 €, ce qui porte le groupe à 2 098 993 499 €.
- Hors Airbus, ces deux CJIP déduites : 640 427 347 €.
- Hors Airbus, Société Générale et Technip, c’est-à-dire hors des trois dossiers ouverts ou déclenchés à l’initiative d’autorités étrangères : 181 376 592 € en huit ans, soit environ 23 M€ par an.
Ce dernier chiffre est celui qui compte pour juger de la capacité française à détecter et sanctionner seule la corruption de ses propres groupes. Vingt-trois millions d’euros par an, à comparer à un déficit public de 152,5 Md€ en 2025, ne relèvent pas de l’enjeu budgétaire : l’enjeu est de souveraineté judiciaire et de crédibilité, pas de recette.
Ces montants sont recouvrés : ce sont des sommes effectivement versées au Trésor public, distinctes des créances simplement prononcées (voir plus bas) et des estimations de coût global de la corruption, qui relèvent d’un autre exercice.
Nature : montants recouvrés. Statut : constaté. Source : compilation des communiqués du procureur de la République financier et des CJIP publiées par le ministère de la Justice et l’Agence française anticorruption, 2018-2026. Périmètre : 21 conventions conclues avec des groupes français. Une 22e convention de la même période, Bouygues Bâtiment Sud-Est et Linkcity Sud-Est (2023, 7 964 000 €), porte sur des marchés hospitaliers français et reste hors de ce total. Deux conventions comptées ici visent également des faits commis en France, Paprec Group (2025) et Balt USA (2026) : ensemble, moins de 1 % du total. Airbus SE, enfin, a son siège statutaire aux Pays-Bas et son siège opérationnel en France ; ce seul choix de périmètre détermine les trois quarts du total, d’où l’affichage systématique avec et sans Airbus.
Avant Sapin II : tout partait à l’étranger
Pour mesurer ce qu’a changé la loi du 9 décembre 2016, il faut le point de départ. Avant 2016, la France n’a rien encaissé sur les grandes affaires de corruption de ses propres groupes.
| Entreprise et année | Versé au Trésor américain (FCPA) | Versé au Trésor français |
|---|---|---|
| Alstom (2014) | 772,29 M USD | 0 € au titre de ces faits |
| Total (2013) | 398,2 M USD | 500 000 € cinq ans plus tard |
| Technip (2010) | 338 M USD | 0 € au titre de ces faits |
| Alcatel-Lucent (2010) | 137,4 M USD | 150 000 € en 2021 |
| Cumul des quatre | 1 645,9 M USD | quelques centaines de milliers d’euros |
Nature : montants recouvrés, par deux Trésors distincts, jamais additionnés entre eux. Statut : constaté. Sources : Assemblée nationale, rapport d’information n° 4082 de Pierre Lellouche et Karine Berger, 5 octobre 2016, tableau des plus gros montants de pénalités FCPA ; rapport Gauvain, 26 juin 2019, tableau 1.
L’exemple le plus documenté : Total et l’Iran
Pour les mêmes faits liés à l’Iran, Total a versé 245,2 M USD au Department of Justice et 153 M USD à la Securities and Exchange Commission en mai 2013, puis a été condamné en France, cinq ans plus tard, à 500 000 € d’amende par le tribunal correctionnel de Paris le 21 décembre 2018. Le tribunal n’a prononcé aucune confiscation, alors que le parquet requérait la confiscation de 250 M€ de produit de l’infraction. Soit 398,2 M USD aux États-Unis contre 500 000 € en France, un rapport d’environ un à huit cents.
Même structure dans l’affaire costaricienne : Alcatel a payé 92 M USD au Department of Justice au titre d’un deferred prosecution agreement de 2010 et 9 M€ d’indemnisation à l’État costaricien, tandis que la justice française condamnait Alcatel Lucent Ltd, définitivement le 16 juin 2021, à 150 000 € d’amende, sans confiscation. OCDE, Phase 4 France, décembre 2021, annexe 1
Alstom : le coût allégué au-delà de l’amende
Le coût d’une procédure étrangère ne se limite pas à l’amende, et c’est le point le plus discuté du dossier Alstom. Les 772,29 M USD versés au Department of Justice en décembre 2014 ont été suivis, en 2015, de la cession de la branche énergie du groupe à General Electric, conclue pendant la procédure américaine. L’Assemblée nationale a constitué en 2018 une commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, portant précisément sur Alstom, Alcatel et STX.
Statut de ce constat : contesté
Le lien de causalité entre la procédure pénale américaine et la cession est allégué par plusieurs rapports parlementaires et par des personnalités auditionnées. Il n’est établi par aucune décision de justice. Il figure ici comme une thèse débattue, attribuée à ceux qui la portent, jamais comme un fait, et il ne donne lieu à aucun chiffrage sur cette page.
Statut : contesté. Sources : Department of Justice, communiqué du 22 décembre 2014 ; Assemblée nationale, rapport Lellouche-Berger n° 4082, 2016, et auditions ; commission d’enquête citée par l’OCDE, Phase 4 France, décembre 2021, note 369.
Pétrole contre nourriture : le seul dossier jugé en masse, moins de 1,2 M€ recouvré
C’est le seul dossier de corruption internationale où la justice française ait jugé en masse, et il donne la mesure des sanctions d’avant Sapin II. Le 10 mars 2021, la Cour de cassation a rendu définitives les condamnations de douze personnes morales dans le volet équipements du programme onusien : Hazemeyer, TLD Europe, SIDES, Legrand, Schneider Electric Industries, Manitowoc Crane Group France, Cofrapex, Genoyer, Sovam, David Brown Transmission France, Renault Trucks et Flowserve Pompes. Les amendes vont de 30 000 à 100 000 € chacune, soit un total inférieur à 1,2 M€ pour un programme onusien détourné à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars.
Deux dossiers mondiaux n’ont produit aucun euro français
Petrobras et Lava Jato n’ont donné lieu, côté français, qu’à des accords de clémence brésiliens visant Technip Brasil et Flexibras, le 25 juin 2019, dans une résolution américano-brésilienne de 301,3 M USD au total, puis à la CJIP Technip de 2023. 1MDB n’a impliqué aucune entreprise française comme partie. Ces deux affaires figurent ici parce que leur absence du total français est elle-même une information.
Nature : montants recouvrés. Statut : constaté. Sources : OCDE, Phase 4 France, décembre 2021, annexe 1, affaire n° 70 « Oil-for-Food, Equipment aspect » ; Cour de cassation, chambre criminelle, 10 mars 2021 ; accords MPF et CGU/AGU du 25 juin 2019.
Comment l’argent se partage entre Trésors
Depuis 2018, le rapport s’est inversé, mais il ne s’est pas renversé. Sur la même période, les groupes français ont versé environ 2,74 Md€ au Trésor français et environ 1,77 Md€ à des autorités étrangères, tous montants ramenés en euros pour être comparables : 250,15 M€ (293 M USD) au Department of Justice pour Société Générale, 535 M€ pour Airbus, dont 526 M€ au Department of Justice et 9 M€ au Department of State, 984 M€ au Serious Fraud Office britannique pour Airbus également, et 1,17 M€ (1,2 M USD) au Department of Justice pour Balt. PNF, communiqués des 4 juin 2018 et 19 mars 2026 ; communiqué Airbus du 31 janvier 2020 ; SFO, 31 janvier 2020
Nature : montants recouvrés des deux côtés, mais par des Trésors différents. Les deux colonnes ne s’additionnent pas, elles se comparent. Le total étranger est l’addition des quatre montants cités, tous de même nature. Statut : constaté.
Le mécanisme joue aussi à petite échelle, et dans les deux sens
Dans l’affaire Balt (mars 2026), des pots-de-vin versés à un médecin d’un hôpital public français ont donné lieu à un disgorgement de 1 168 861 € au profit du Trésor américain, déduit de l’amende française. La France a encaissé 1 765 493 € là où, sans l’intervention du Department of Justice, l’amende aurait été d’environ 3 M€.
La CJIP est aussi devenue un canal de restitution
Une partie des sommes ne reste pas dans le budget français. Dans l’affaire Surys, la société verse 18 363 007 € au Trésor public français et 3,3 M€ d’indemnisation à l’État ukrainien, victime de la corruption, soit environ 3,37 M€ selon l’OCDE. La loi n° 2021-1031 du 4 août 2021 institutionnalise ce mécanisme de restitution des avoirs issus de la corruption internationale aux populations spoliées. C’est un choix politique assumé, qui réduit d’autant les sommes conservées par le budget de l’État. CJIP Surys du 8 juillet 2025, validée le 3 septembre 2025
Prononcé, encaissé, restitué : trois montants différents
Précaution de méthode
Le Parquet national financier ne publie pas le montant recouvré, mais le montant prononcé. Depuis sa création en 2014, l’ensemble des condamnations en première instance et des CJIP qu’il suit a fait naître 12 877,8 M€ de créances au profit du Trésor public, dont 345,67 M€ pour la seule année 2025. Additionner ce total avec des montants effectivement encaissés serait une erreur de méthode.
Ce total est écrasé par deux exercices : 2019, avec 4 261 M€ d’amendes, dont l’affaire UBS jugée en première instance puis réformée en appel, et 2020, avec 2 091,6 M€, essentiellement Airbus. Une créance née d’un jugement de première instance ensuite réformé ne rentrera jamais dans les caisses, ce qui suffit à disqualifier ce chiffre comme mesure de recette publique. PNF, « PNF 2025, Synthèse », février 2026
Nature : montants prononcés, non recouvrés. Statut : constaté. Réserve de lecture : deux lectures de cette même plaquette donnent des nombres différents de personnes condamnées en 2025, 57 ou 93, pour un taux de relaxe identique de 15,05 %. Cette page ne retient donc aucun des deux : la divergence est signalée parce qu’elle renseigne elle-même sur la fiabilité du décompte disponible.
Ce qu’une procédure en cours vaut budgétairement
Le principal dossier d’armement encore ouvert est celui des sous-marins Scorpène vendus à la Malaisie. Thales a été mise en examen le 26 avril 2022 pour complicité de corruption, d’anciens dirigeants de DCNS, devenu Naval Group, sont poursuivis, et en mai 2025 le Parquet national financier a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de quatre personnes physiques et quatre personnes morales.
Statut de ce constat : non établi
Rien n’est jugé à ce jour, aucune décision publique et opposable n’existe, la présomption d’innocence s’applique intégralement et le Trésor français a encaissé 0 € à ce titre. Aucune personne physique n’est nommée ici, et ce dossier ne figure dans aucun total d’amendes de cette page. Une procédure ouverte n’est pas une recette : c’est précisément la différence entre ce qui est poursuivi et ce qui est encaissé.
Nature : aucune, faute de décision. Statut : non établi. Sources : mise en examen du 26 avril 2022 ; réquisitions du Parquet national financier rapportées en mai 2025.
Où se situe la France
Le décompte de l’OCDE, méthodologie commune à tous les États parties
De 1999 à 2014, les États-Unis avaient sanctionné 128 schémas de corruption transnationale, l’Allemagne 26, la Corée du Sud 11, et chacun des autres grands pays développés, dont la France, entre 3 et 6. En décembre 2021, le groupe de travail de l’OCDE recensait pour la France 14 affaires ayant donné lieu à des sanctions définitives entre octobre 2012 et juillet 2021, visant 19 personnes physiques et 23 personnes morales. Le rapport de suivi à deux ans porte le total à 25 affaires finalisées depuis l’entrée en vigueur de la Convention, dont 8 depuis la Phase 4.
L’appréciation du groupe de travail, à citer sans la durcir
L’OCDE juge le dispositif français nettement amélioré depuis 2012, mais insuffisant, pour deux raisons chiffrables. D’une part le nombre d’affaires résolues reste faible au regard du poids économique et du profil commercial de la France. D’autre part les deux affaires les plus importantes résolues par la France à ce jour n’ont pas été détectées par les autorités françaises, mais par des autorités étrangères. Le groupe recommande d’augmenter les moyens des enquêteurs et des magistrats, et de préserver le rôle du Parquet national financier comme celui de l’Agence française anticorruption.
Le classement de Transparency International, source d’ONG à identifier comme telle
Transparency International note les 47 premiers exportateurs mondiaux selon une grille unique de points, dont le seuil de catégorie dépend de la part du pays dans les exportations mondiales. Pour 2018-2021, la France obtient 137 points alors que le seuil de la catégorie « active enforcement » est de 140 points, calculé d’après sa part de 3,5 % des exportations mondiales. Elle manque donc le classement des pays actifs de trois points et reste en « moderate enforcement ».
| Pays | Points obtenus | Seuil de sa catégorie |
|---|---|---|
| États-Unis | 1 360 | 392 |
| Allemagne | 206 | 296 |
| France | 137 | 140 |
| Royaume-Uni | 121 | 136 |
| Suisse | 101 | 80 |
Transparency International, « Exporting Corruption 2022 », tableau 1 Il s’agit d’un indice construit par une organisation non gouvernementale, pas d’une statistique officielle.
Nature : comptages d’affaires détectées et indice d’ONG, jamais des montants. Statut : constaté pour les décomptes OCDE, estimé pour l’indice Transparency International. Sources : OCDE, Phase 4 France, décembre 2021, p. 12-13, 153-159 et annexe 2 ; OCDE, rapport de suivi à deux ans DAF/WGB(2024)20 ; Transparency International, octobre 2022, tableau 1.
L’Agence française anticorruption : beaucoup de contrôles, zéro euro de sanction
Le volet administratif du dispositif Sapin II repose sur l’Agence française anticorruption. Son activité de contrôle est réelle : 175 contrôles d’acteurs économiques depuis 2017 et 119 contrôles d’acteurs publics depuis 2018, dont respectivement 10 et 18 pour la seule année 2025. Elle suit par ailleurs les programmes de mise en conformité de 27 CJIP pour atteintes à la probité depuis 2017. AFA, rapport annuel d’activité 2025, rubrique « L’AFA en chiffres »
Le contrepoint
En neuf ans d’existence, la commission des sanctions de l’AFA n’a prononcé aucune sanction pécuniaire, soit 0 € depuis 2016. Sur les deux décisions publiées, elle a écarté l’intégralité des griefs dans l’affaire Sonepar (4 juillet 2019) et n’a prononcé que deux injonctions de mise en conformité, sans amende, dans l’affaire Imerys (7 février 2020), en jugeant que l’AFA ne peut pas, par ses recommandations, ajouter aux exigences de l’article 17 de la loi Sapin II. En 2025, la directrice a prononcé cinq avertissements et saisi une fois la commission des sanctions.
Ce que la CJIP ne règle pas
La convention judiciaire d’intérêt public éteint l’action publique contre la personne morale, mais elle ne règle pas le sort des personnes physiques, et le passage à l’acte judiciaire individuel échoue régulièrement.
- Dans l’affaire Bolloré (Togo), le président du tribunal correctionnel de Paris a refusé les trois comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité proposées aux dirigeants, alors même que la CJIP avec les personnes morales était homologuée le même jour.
- Hors CJIP, la responsabilité pénale des personnes morales françaises reste difficile à établir : Safran a été définitivement relaxée en appel le 7 janvier 2015 dans l’affaire nigériane, sur un contrat de 216 M€ et 6,5 M€ de commissions suspectées.
Sources : OCDE, Phase 4 France, décembre 2021, section sur la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et annexe 1, affaire n° 79 « Safran (Nigeria) » ; communiqué du PNF du 26 février 2021 sur la CJIP Bolloré.
Une relaxe définitive est une décision de justice au même titre qu’une condamnation : elle se cite comme telle. Le nombre de dossiers qui n’aboutissent pas fait partie du bilan du dispositif, au même titre que les montants encaissés.
D’autres montants voisins, de nature différente
Un troisième canal de sanction : l’exclusion des marchés des bailleurs
Distinct des amendes pénales et des conventions judiciaires, ce canal ne rapporte rien au Trésor mais ferme des marchés financés par les bailleurs multilatéraux, ce qui en fait un coût réel invisible dans les comptes publics. La Banque mondiale a sanctionné des groupes français à deux reprises documentées.
| Entité sanctionnée et date | Décision | Versement |
|---|---|---|
| Alstom Hydro France et Alstom Network Schweiz, 22 février 2012 | Exclusion de trois ans, réductible à 21 mois, pour un paiement de complaisance à un responsable zambien | environ 9,5 M USD de restitution |
| ADP International SA, filiale du groupe Aéroports de Paris, 4 janvier 2022 | 24 mois de sanction, dont 12 mois d’exclusion et 12 mois de non-exclusion conditionnelle, pour pratiques collusoires sur le projet aéroportuaire de Madagascar et pratiques frauduleuses sur celui de Zagreb | aucun |
Nature : montant recouvré pour la restitution Alstom, sans objet pour ADP International. Ces deux lignes ne s’additionnent donc pas, et ni l’une ni l’autre n’entre dans les 2,74 Md€ versés au Trésor français. Statut : constaté. Sources : communiqués de la Banque mondiale des 22 février 2012 et 4 janvier 2022.
Les violations d’embargos, à ne jamais additionner aux amendes de corruption
Hors corruption, les seules violations d’embargos par des banques françaises ont représenté 9,76 Md USD versés aux autorités américaines : 8 974 M USD pour BNP Paribas en 2014 et 787,3 M USD pour le Crédit Agricole en 2015. À côté de ces deux banques, et sans entrer dans ce total, Schlumberger a versé 233 M USD en 2015 au même titre. Ces montants ne relèvent pas de la corruption et ne s’additionnent pas aux précédents. Ils empruntent en revanche le même canal budgétaire indirect : une réduction du résultat, donc de l’assiette de l’impôt sur les sociétés français, au profit d’un Trésor étranger. Assemblée nationale, rapport Lellouche-Berger n° 4082, 5 octobre 2016
Le cadre mondial
Les résolutions multijuridictionnelles, dont la France est désormais partie prenante, ont imposé au total plus de 33,7 Md USD de sanctions et de confiscations, en dollars constants 2024, sur 31 affaires et 114 résolutions entre 2008 et mars 2026. Les États-Unis en ont capté la plus grosse part, 30,6 %, devant le Brésil, 27,3 %. La France y figure principalement par Airbus, Société Générale, Credit Suisse et Balt. OCDE, « Sanctioning foreign bribery through multijurisdictional resolutions », mai 2026
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Questions fréquentes
Combien la France a-t-elle encaissé d’amendes pour corruption internationale ?
Environ 2,74 milliards d’euros d’amendes d’intérêt public ont été versés au Trésor public français entre 2018 et 2026, sur 21 conventions judiciaires d’intérêt public conclues avec des groupes français. Mais 76 % de ce total tient à la seule affaire Airbus de 2020. Hors Airbus, Société Générale et Technip, il reste 181 millions d’euros en huit ans, soit environ 23 millions par an.
Qu’est-ce qu’une convention judiciaire d’intérêt public ?
C’est une transaction proposée par le procureur et validée par un juge, qui éteint l’action publique contre une entreprise sous réserve du paiement d’une amende d’intérêt public et de l’exécution d’un programme de conformité. Ce n’est ni une condamnation ni une reconnaissance de culpabilité. Elle ne règle pas non plus le sort des dirigeants personnes physiques, comme l’a montré le refus des comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité dans l’affaire Bolloré.
Que touchait la France avant la loi Sapin II ?
Rien, ou presque, sur les grandes affaires. Les quatre entreprises françaises sanctionnées au titre du Foreign Corrupt Practices Act américain ont versé environ 1,65 milliard de dollars au Trésor américain et zéro euro au Trésor français au titre de ces mêmes faits. Les condamnations françaises intervenues ensuite, quand elles ont abouti, ont été de l’ordre de la centaine de milliers d’euros. Le seul dossier jugé en masse, Pétrole contre nourriture, s’est soldé le 10 mars 2021 par douze condamnations définitives de personnes morales et des amendes de 30 000 à 100 000 €, soit moins de 1,2 M€ au total.
Pourquoi 500 000 euros en France contre 398 millions de dollars aux États-Unis pour Total ?
Pour les mêmes faits liés à l’Iran, Total a versé 245,2 millions de dollars au Department of Justice et 153 millions à la Securities and Exchange Commission en mai 2013, puis a été condamné en France cinq ans plus tard à 500 000 euros d’amende. Le tribunal correctionnel de Paris n’a prononcé aucune confiscation, alors que le parquet requérait 250 millions d’euros de confiscation. Le rapport est d’environ un à huit cents.
L’Agence française anticorruption a-t-elle déjà prononcé une amende ?
Non. En neuf ans d’existence, sa commission des sanctions n’a prononcé aucune sanction pécuniaire. Sur ses deux décisions publiées, elle a écarté l’intégralité des griefs dans l’affaire Sonepar en 2019 et prononcé deux injonctions de mise en conformité sans amende dans l’affaire Imerys en 2020. Son activité réelle est ailleurs : 175 contrôles d’acteurs économiques depuis 2017, 119 contrôles d’acteurs publics depuis 2018, et le suivi des programmes de conformité de 27 CJIP.
Les montants annoncés par le PNF sont-ils vraiment encaissés ?
Non, et il ne faut pas confondre les deux. Le Parquet national financier publie le montant prononcé, pas le montant recouvré : 12 877,8 millions d’euros de créances nées au profit du Trésor public depuis 2014, dont 345,67 millions pour 2025. Ce total inclut des jugements de première instance ensuite réformés en appel, comme l’affaire UBS en 2019, et ne peut donc pas être additionné à des sommes effectivement encaissées. Une procédure encore ouverte, comme le dossier des sous-marins Scorpène, ne vaut pour sa part rien du tout au budget tant qu’aucune décision n’est rendue.
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Contribution nette mesurée, mythes et parts de vérité.
CausesDésindustrialisation
11 % du PIB : la base fiscale érodée.
ScénariosDoublons territoriaux
Clarifier pour économiser.
SolutionsRéindustrialisation
580 000 emplois possibles.
DonnéesDépenses inutiles
Gaspillage documenté.
ComprendreComment est créée la dette
Du déficit au financement organisé.
CausesDéficit commercial
−69,2 Md€ en 2025.
ScénariosNumérisation administrative
Effet structurel.
SolutionsNumérisation administrative
Économies réelles ou non ?
DonnéesDette de la France 2026
Montant en direct, ratio, trajectoire : le point complet.
ComprendreDette vs déficit
Stock vs flux : la différence essentielle.
CausesMathématiques
Le levier silencieux de la souveraineté.
ScénariosScénario hausse taux
+1 point ≈ 30 Md€/an à terme.
DonnéesDette de la France 2024
Dissolution, censure, dérapage du déficit : l'année en archive.
ComprendreL'État n'est pas un ménage
Ce que la France peut et ne peut pas faire.
CausesFacture fossile
~70 Md€/an de fuite.
ScénariosRéindustrialisation
Emplois, exports, recettes.
DonnéesSoutenabilité
Taux, croissance, déficit primaire.
ComprendreGauche ou droite ?
Ce que les chiffres disent des responsabilités.
CausesDécrochage scolaire
Coût caché sur 40 ans.
ScénariosTransition énergétique
Moins de chocs fossiles.
DonnéesFraude fiscale
Estimé / notifié / encaissé.
ComprendreMaastricht vs dette de l'État
Pourquoi plusieurs chiffres coexistent.
CausesEau et dette future
Une ressource sous-évaluée dans les comptes.
ScénariosSanté préventive
333 Md€, 2,3 % en prévention.
DonnéesDette SNCF, EDF, collectivités
Les dettes publiques hors État.
ComprendreDéficit primaire
Le déficit hors charge d'intérêts.
CausesCauses profondes
Les 9 facteurs cumulatifs.
ScénariosDécrochage scolaire
Prévenir coûte moins cher.
DonnéesL'or de la France
~2 436 tonnes : que pèsent-elles face à la dette ?
ComprendreRatio dette/PIB
L'indicateur clé de poids.
CausesMaladies chroniques
60 % des dépenses de santé.
ScénariosRègle d'or
Encadrer le déficit durablement.
DonnéesBudget de la France
Recettes, dépenses, équilibre.
CausesSanté mentale
Une crise aux effets budgétaires massifs.
ScénariosIA & productivité
+0,5 % productivité ≈ 75 Md€ recettes.
DonnéesCharge d'intérêts
Le coût annuel de la dette.
CausesTélétravail et territoires
Une révolution territoriale silencieuse.
ScénariosNiches fiscales
467 niches, 81,3 Md€ : trier.
DonnéesFrance vs Europe
Comparaisons.
CausesVieillissement
Démographie et finances publiques.
ScénariosScénario récession
Choc recettes/dépenses.
DonnéesIA et dette
Productivité et recettes fiscales.
CausesLogement et natalité
Le lien démographique avec la dette.
ScénariosRetraites équilibrées
Quatre leviers réels.
DonnéesPaliers de la dette
Compte à rebours et jalons franchis.
CausesSolitude
Un coût public sous-estimé.
ScénariosAchats publics
170 Md€ à mieux piloter.
DonnéesDette des collectivités
~250 Md€ portés par communes, départements, régions.
CausesUrbanisme dispersé
La dette qui ne dit pas son nom.
Scénarios75 scénarios réducteurs
Leviers concrets.
DonnéesDette de la France 2025
3 460,5 Md€ fin 2025, 115,6 % du PIB : l'année en archive.
CausesCyberattaques
La dette qui n'apparaît dans aucun budget.
ScénariosConfiance civique
Impôt, réformes et dette.
DonnéesDette de la France 2023
Le cap des 3 000 Md€ franchi : l'année en archive.
CausesImmobilier et rente
La pierre contre le capital productif.
DonnéesPIB de la France
Richesse nationale.
CausesCorruption et dette
Une dette indirecte mais réelle.
DonnéesMa part de la dette
Votre part du stock et des intérêts, selon votre situation.
DonnéesPrélèvements obligatoires
43,6 % du PIB : composition et compteur en direct.
DonnéesCorruption en France
Affaires et coûts débattus.
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