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Données du 23 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous

Fraude à l’assurance maladie : ce qui est estimé, ce qui est détecté, ce qui rentre

Trois chiffres circulent en permanence sur ce sujet et ils ne mesurent pas la même chose : 1,4 à 1,9 Md€ estimés par an, 365 M€ de préjudice subi détectés en 2024, et un taux de recouvrement de 53 % sur les indus notifiés. Les additionner, ou substituer l’un à l’autre, est l’erreur qui rend ce débat inutilisable. Cette page tient les trois colonnes séparées.

Les montants en direct

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Projections pédagogiques : les bases annuelles sont lissées sur l’année.

Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.

La fraude à l’assurance maladie est estimée entre 1,4 et 1,9 milliard d’euros par an par la CNAM, sur un champ qui ne couvre que 36 % des dépenses remboursées. Au 23 septembre 2026, la dette publique de la France atteint environ 3 571 milliards d'euros (estimation en temps réel), soit 118,6 % du PIB. Dernier chiffre officiel INSEE : 3 460,5 milliards d'euros fin 2025 (115,6 % du PIB).

La règle : trois colonnes, jamais additionnées

Sur la fraude à l’assurance maladie, presque toutes les confusions publiques viennent d’un même geste : prendre un montant estimé et le présenter comme une somme perdue, ou prendre un montant détecté et le présenter comme une somme récupérée. Ce sont trois grandeurs distinctes, construites par des méthodes différentes, et elles ne se remplacent pas.

1

Estimé

Ce que la fraude représenterait au total, mesuré par sondage sur des dossiers tirés au sort, puis extrapolé.

1,4 à 1,9 Md€ par an (CNAM, cycle 2021-2024)

2

Détecté

Ce que les contrôles ont trouvé. Se scinde en préjudice subi, déjà payé et à récupérer, et préjudice évité, stoppé avant paiement.

365 M€ de préjudice subi détectés en 2024

3

Recouvré

Ce qui rentre effectivement, après notification, contestation, recours et parfois insolvabilité du débiteur.

53 % des indus frauduleux notifiés en 2019

Le piège le plus courant

Le total annuel communiqué par la CNAM agrège le préjudice subi et le préjudice évité. Or seul le préjudice subi correspond à de l’argent réellement sorti des caisses. C’est précisément pour cette raison que l’IGF et l’IGAS ne retiennent que le préjudice subi lorsqu’ils comparent le détecté à l’estimé.

Ce que l’on estime, et pourquoi les sources divergent

🟦 Source officielleL’estimation officielle de la CNAM
  • 1,4 à 1,9 Md€ par an de fraude estimée, issue du premier cycle d’évaluation de la CNAM 2021-2024 sur des données de contrôle 2018-2019.
  • Soit 1,8 % à 2,5 % des dépenses, mais sur le seul champ évalué, qui ne couvre que 36 % des dépenses remboursées.
  • Les professionnels de santé représentent près de 80 % du total estimé, avec un taux de 2,2 % à 2,9 %.
  • Pour situer : les dépenses du régime général se sont élevées à 244,1 Md€ en 2024.

Ces chiffres sont constatés au sens où ils proviennent d’une évaluation officielle documentée, mais ils décrivent une grandeur estimée : personne n’a identifié 1,4 milliard d’euros de dossiers frauduleux nominatifs. Source : IGF-IGAS, « La lutte contre la fraude aux prescriptions et aux facturations à l’assurance maladie », mission n° 2025-E-047, remise en octobre 2025 et publiée le 29 juillet 2026, page 15.

Trois institutions officielles, des résultats qui varient du simple au triple

C’est le point que le débat public escamote le plus souvent : sur exactement la même grandeur, trois institutions publiques, sur quatre millésimes, aboutissent à des ordres de grandeur qui varient du simple au triple. Cette divergence est une information en soi, elle mesure l’incertitude méthodologique du sujet.

InstitutionMontant estiméMillésime et périmètre
CNAM1,4 à 1,9 Md€ par anCycle d’évaluation 2021-2024, données de contrôle 2018-2019, champ partiel (36 % des dépenses remboursées)
HCFiPS1,71 Md€ (millésime 2023), puis 2,31 Md€ après réévaluation (millésime 2025)Branche maladie, sur le seul champ évalué, sans extrapolation. La branche maladie pèse 16 % des 14 Md€ de fraude sociale évaluée en 2025 (13 Md€ en 2024)
Cour des comptesde l’ordre de 4 Md€RALFSS de mai 2023, par extrapolation à l’ensemble des actes du taux de fraude estimé sur l’échantillon
Cour des comptes4,5 Md€Avril 2025, avec un objectif de récupération d’au moins un tiers, soit 1,5 Md€

Une précision de lecture s’impose sur la ligne HCFiPS : les deux montants ne se succèdent pas parce que la fraude aurait augmenté de 600 M€, mais parce que le champ évalué a été réévalué entre les deux millésimes. C’est la valeur réévaluée, et non celle de 2023, qui est cohérente avec la part de 16 % attribuée à la branche maladie dans l’ensemble de la fraude sociale évaluée. Rapporter le montant de 2023 à la répartition de 2025 revient à croiser deux millésimes et fausse le calcul.

Statut : contesté. Aucune de ces valeurs n’est un fait acquis. Elles reposent sur des échantillons, des périmètres et des méthodes d’extrapolation qui ne coïncident pas. La bonne formulation est donc : « les estimations officielles vont de 1,4 à 4,5 Md€ selon les institutions et les millésimes », jamais « la fraude à l’assurance maladie coûte X milliards ». Sources : IGF-IGAS 2025-E-047 p. 15 ; HCFiPS, rapport de septembre 2024, tableau n° 1, et note annuelle du 13 janvier 2026 ; Cour des comptes, RALFSS mai 2023 et avril 2025, cités par l’Assemblée nationale, rapport d’information d’avril 2025, partie II.A. Ordre de grandeur débattu

Qui fraude, d’après ce qui est détecté

La réponse tient en une phrase, et elle contredit les deux caricatures habituelles : les assurés commettent plus de la moitié des fraudes détectées mais pèsent moins d’un sixième des montants ; les professionnels de santé libéraux concentrent près des trois quarts des montants pour un peu plus d’un quart des dossiers. Autrement dit, beaucoup de petits dossiers d’un côté, peu de gros dossiers de l’autre.

AnnéeAssurés (dossiers)Assurés (montants)Professionnels libéraux (dossiers)Professionnels libéraux (montants)
202354,0 %19,5 % (91,1 M€)25,9 %70,7 % (330,2 M€)
202452 à 53 %17,3 à 18 % (109 M€)27 %68 %
202553 %16 % (115 M€)28 %73,5 %

En 2023, deux autres catégories complètent le tableau : les établissements de santé, 19,9 % des dossiers pour 9,7 % des montants (45,1 M€), et les employeurs, 0,3 % des dossiers pour 0,1 % des montants. La structure est donc stable sur trois exercices. Ces chiffres sont des montants détectés, statut constaté. Sources : CNAM, dossiers de presse « lutte contre la fraude » du 28 mars 2024 (p. 6), du 20 mars 2025 (p. 6) et du 16 avril 2026 (p. 5) ; IGF-IGAS 2025-E-047, p. 11.

Ce que ces pourcentages ne disent pas : ils décrivent la fraude détectée, donc aussi la façon dont les contrôles sont orientés. Une catégorie peu contrôlée apparaît peu dans les statistiques de détection sans que cela permette d’en conclure quoi que ce soit sur sa fraude réelle.

Poste par poste : estimé d’un côté, détecté de l’autre

Lecture obligatoire du tableau : la colonne « estimé » et les colonnes « détecté » ne se comparent pas ligne à ligne et ne s’additionnent en aucun cas. Un poste peut être le premier en montant estimé et seulement le troisième ou le quatrième en montant détecté, ce qui est exactement le cas des infirmiers libéraux.

PosteEstimé par anTaux estiméDétecté 2024Détecté 2025
Infirmiers libéraux0,34 Md€5,0 à 6,9 % (2024), 5,4 à 6,3 % (réévaluation 2025)56 M€ (+11 %)non publié
Masseurs-kinésithérapeutes0,20 Md€5,2 à 6,8 % (2024), 6,5 à 8,4 % (réévaluation 2025)environ 10 M€non publié
Médecins généralistes0,20 Md€3,1 à 3,5 %10 M€ (322 dossiers, en baisse de 47 % sur 2023)44 M€ pour l’ensemble des médecins
Médecins spécialistes0,18 Md€2,6 à 4,0 %24 M€inclus dans les 44 M€ de la ligne précédente, à ne pas compter deux fois
Pharmaciens0,10 Md€0,5 à 0,6 %, puis 0,5 à 0,8 %62 M€ (60 M€ en 2023, 103 M€ en 2022)non publié
Chirurgiens-dentistes libéraux0,08 Md€2,4 à 4,0 %14 M€9,7 M€ (en baisse de 30 %)
Fournisseurs de dispositifs médicaux (LPP)0,05 Md€1,7 à 2,1 %18 M€33 M€ (+89 %)
Laboratoires de biologie médicale0,01 Md€0,3 à 0,4 %non publiénon publié
Transports de patientsnon publiénon publié41,5 M€62 M€ (+50 %)
Établissements médico-sociauxnon publiénon publié63 M€ (36 M€ en 2023)54,7 M€
Centres de santé dentairesnon publiénon publiénon publié138 M€

L’échelle des taux estimés va donc de 0,3 % pour les laboratoires de biologie médicale à 8,4 % pour les masseurs-kinésithérapeutes, soit un rapport de plus de vingt entre les deux extrémités. Sources : HCFiPS, rapport de septembre 2024, tableaux 1 et 1 bis, p. 79 à 81, et note du 13 janvier 2026, annexe 3 ; CNAM, dossiers de presse du 20 mars 2025 et du 16 avril 2026.

Une réserve de sourçage doit accompagner la colonne 2025. Le dossier de presse du 16 avril 2026 ne publie de ventilation par poste, en texte, que pour les centres de santé, les audioprothèses, les transporteurs et les fournisseurs de dispositifs médicaux. Les montants 2025 des médecins et des chirurgiens-dentistes sont repris de la presse professionnelle, la CNAM n’ayant pas publié le classement complet sous forme exploitable. Les mentions « non publié » signifient exactement cela : aucune valeur officielle disponible, et non une absence de fraude.

Les transports de patients, troisième poste détecté en 2025

C’est la progression la plus visible : 62 M€ détectés en 2025 contre 41,5 M€ en 2024, soit une hausse de près de 50 % en un an. Le détail sépare 30,3 M€ pour les transporteurs sanitaires, véhicules sanitaires légers et ambulances, contre 19,2 M€ en 2024, et 31,4 M€ pour les taxis conventionnés, contre 22,2 M€. Les mécanismes relevés sont les véhicules non autorisés, le personnel non diplômé ou non déclaré, la surfacturation kilométrique, les transports non réalisés, les prescriptions fictives et la collusion entre médecins prescripteurs et chauffeurs. Un cas type documenté : 7 taxis, 380 transports non réalisés, 290 000 € de préjudice et plus de 145 000 € de pénalités (CNAM, dossier de presse du 16 avril 2026, p. 12 et 21). Aucune entité n’est nommée ici, faute de décision publique nominative.

Dispositifs médicaux : la plus forte progression relative

Les fournisseurs inscrits à la liste des produits et prestations passent de 18 M€ détectés en 2024 à 33 M€ en 2025, soit +89 %. Les mécanismes décrits sont les surfacturations, les facturations multiples, le dépassement des seuils, la poursuite d’une location de matériel des mois après le décès du patient, et la collusion entre prescripteurs et fournisseurs (CNAM, dossier de presse du 16 avril 2026, p. 11).

Trois précisions qui évitent des contresens

  • Le pic des pharmaciens en 2022 est un effet de circonstance, pas un trait de la profession. Les 103 M€ détectés en 2022, alors premier poste de fraude détectée, tiennent aux tests antigéniques Covid. Le niveau est ensuite revenu à 60 M€ en 2023 et 62 M€ en 2024, pour un taux estimé de 0,5 % à 0,8 %, l’un des plus bas de toutes les professions de santé. La hausse de la borne haute entre l’évaluation 2024 et la réévaluation 2025 tient elle-même à un effet de base, la disparition des dépenses Covid du dénominateur, et non à une dégradation (CNAM, dossier de presse du 28 mars 2024, graphique p. 7 ; HCFiPS, annexes précitées).
  • Chirurgiens-dentistes libéraux et centres de santé dentaires sont deux choses différentes. Les premiers représentent 9,7 M€ détectés en 2025, en baisse de 30 % ; les seconds, 138 M€. Confondre les deux revient à imputer à une profession libérale un montant qui relève d’un modèle d’organisation distinct. Le sujet est traité en détail sur la page fraude aux audioprothèses et centres de santé.
  • Le reflux du médico-social est une interprétation, pas un fait. Les contrôles sur la double facturation de soins déjà inclus dans les dotations ont donné 36 M€ en 2023, 63 M€ en 2024 et 54,7 M€ en 2025. La CNAM lit cette baisse comme une amélioration de la qualité de facturation (dossiers de presse du 20 mars 2025, p. 7 et 8, et du 16 avril 2026, p. 13). C’est une lecture plausible, pas une donnée : une baisse de la détection peut aussi traduire un changement de ciblage.

La tarification à l’activité, un chiffre qui doit être expliqué

Les contrôles de la tarification à l’activité dans les établissements de santé, suspendus pendant la crise sanitaire, n’ont repris qu’en 2025. Sur 49 établissements retenus fin 2024, 29 000 séjours d’activité 2023 ont été contrôlés, avec des irrégularités relevées sur plus de 30 % des séjours, mais seulement 3 M€ d’indus notifiés. L’écart entre ces deux chiffres n’est pas une anomalie : une irrégularité de codage n’est pas une fraude, elle peut être une erreur de saisie, une divergence d’interprétation d’une règle de facturation, ou un écart sans incidence financière. La campagne 2026 porte sur environ 45 000 séjours dans près de 70 établissements (CNAM, dossier de presse du 16 avril 2026, p. 13).

Pourquoi la chaîne de paiement laisse passer

La question la plus utile n’est pas « qui fraude » mais « pourquoi est-ce possible ». La réponse tient à la façon dont l’assurance maladie paie : vite, sans pièce justificative préalable, et le plus souvent sans que l’assuré voie passer le moindre euro.

ProfessionTaux de tiers payant sur la part obligatoire (2024)
Pharmaciens, laboratoires, infirmiers, transporteurs, centres de santéplus de 99,5 %
Médecins64,2 %
Chirurgiens-dentistes31,5 %

Le tiers payant couvre plus de 95 % des actes des professionnels de santé. Le rapprochement avec le classement des postes les plus fraudés est direct : ce sont ceux où l’assuré ne voit jamais passer d’argent et ne peut donc pas jouer, même involontairement, le rôle de témoin de la facturation (IGF-IGAS 2025-E-047, p. 5 et note 13).

S’y ajoute le rythme du paiement. Depuis 2005, l’ordonnancement global explicite permet de rembourser sans attendre les pièces justificatives. En 2025, 90 % des feuilles de soins électroniques sont remboursées en moins de 4,4 jours, la loi du 26 janvier 2016 garantit le paiement sous 7 jours ouvrés avec pénalités de retard, et le délai maximum de facturation laissé aux professionnels est de deux ans. L’IGF propose de le ramener à quatre mois (proposition n° 11). Le rapport décrit un remboursement effectué, pour l’essentiel, à l’aveugle (IGF-IGAS, p. 4, 5, 35 et 36).

Un chiffre à ne surtout pas convertir en fraude

La Cour des comptes chiffre à 1,6 Md€ les prestations payées dont la pièce justificative n’est toujours pas disponible plus de six mois après facturation (certification des comptes du régime général, exercice 2024, mai 2025, cité par IGF-IGAS p. 36). Ce n’est pas un montant de fraude : c’est un montant payé sans justificatif consultable, ce qui est un problème de contrôle interne, pas un constat d’irrégularité.

Un levier concret existe pourtant. Le téléservice SCOR de transmission dématérialisée des ordonnances n’est pas obligatoire. La Mutualité sociale agricole, qui a conditionné le remboursement à la transmission de la pièce, estime les indus évités à 10 M€ en 2024 et 11 M€ en projection 2025 (IGF-IGAS, note 99). Ce sont des indus évités, donc à ne pas confondre avec du préjudice subi détecté ni avec du recouvrement.

Un contrôle inégal selon les professions

Le rapport IGF-IGAS relève que les spécialistes médicaux sont peu contrôlés, à l’exception des radiologues et des ophtalmologues, et que le ciblage national des remboursements atypiques ne couvre pas l’ensemble des professionnels. Détail révélateur : le nombre exact de professions couvertes par ce ciblage est caviardé dans la version publique du rapport. On sait donc que la couverture est partielle sans pouvoir en mesurer l’ampleur.

Sur l’intelligence artificielle, souvent présentée comme la solution, le rapport ne relève qu’une seule expérimentation : à la CPAM de Paris, à compter de mars 2025 et pour un an, sur l’optique et les audioprothèses (IGF-IGAS 2025-E-047, p. 20 à 22 et note 68). C’est un point important pour lire les statistiques de détection : elles reflètent d’abord l’intensité et l’orientation du contrôle, pas la distribution réelle de la fraude.

Les suites données : pénalités, pénal, déconventionnements

Détecter n’est pas sanctionner, et sanctionner n’est pas encaisser. Voici ce que produit la chaîne de suites, en montants et en volumes constatés.

Suites données20242025
Suites contentieusesenviron 20 00022 000 (+10 %)
Pénalités financières7 000 pour 50 M€9 000 pour 54 M€
Procédures pénales8 400 (6 000 signalements art. 40, 2 350 plaintes)près de 8 000 (5 900 signalements art. 40, 1 700 plaintes)
Déconventionnementsnon publiéplus de 70 professionnels de santé et 23 centres de santé

Un détail éclaire la structure de la fraude : plus de 9 pénalités financières sur 10 concernent des assurés, principalement pour de faux arrêts de travail, pour un montant moyen de 3 800 € en 2025, après 4 354 € en 2024 (en hausse de 82 % cette année-là). Les assurés concentrent donc les sanctions individuelles, alors que les montants se concentrent ailleurs. Les signalements au titre de l’article 40 du code de procédure pénale sont l’obligation faite à toute autorité constatant un crime ou un délit d’en aviser le procureur. Sources : CNAM, dossiers de presse du 16 avril 2026 (p. 13 et 14) et du 20 mars 2025 (p. 9 et 10).

Ce qui rentre vraiment dans les caisses

🟦 Source officielleRecouvrement constaté en 2024
  • 53 % de taux de recouvrement sur les indus frauduleux notifiés en 2019, contre 55 % l’année précédente, pour un objectif de convention d’objectifs et de gestion fixé à 55 %.
  • En valeur : 77 M€ recouvrés sur des indus notifiés en 2019.
  • Pénalités financières : 62 % de recouvrement, soit 9 M€ sur des pénalités prononcées en 2019.

Deux remarques sur ces chiffres. D’abord, le recouvrement se mesure avec cinq ans de recul : le taux constaté en 2024 porte sur des créances notifiées en 2019, parce qu’il faut ce délai pour que contestations, recours et procédures d’exécution soient épuisés. On ne peut donc pas rapprocher un taux de recouvrement d’un montant détecté la même année.

Ensuite, la cause structurelle est juridique : l’Assurance Maladie est créancière chirographaire, c’est-à-dire sans privilège ni sûreté. En cas de défaillance du débiteur, elle passe après les créanciers privilégiés. Le rapport IGF-IGAS résume la situation en jugeant que le recouvrement est « le parent pauvre de la lutte contre la fraude » (2025-E-047, p. 18).

Le ratio qui résume tout

L’IGF et l’IGAS font le calcul que le débat public évite : quelle part de la fraude estimée est effectivement détectée ? Ils rapportent le préjudice subi détecté, et lui seul, à la fourchette d’estimation.

  • 2019 : 226 M€ de préjudice subi détecté, soit 12 à 16 % de la fraude estimée
  • 2024 : 365 M€ de préjudice subi détecté, soit 17 à 23 % de la fraude estimée
  • Reste : environ quatre cinquièmes de la fraude estimée non détectés

La progression est réelle et documentée : la détection a gagné cinq à sept points en cinq ans, et les auteurs soulignent eux-mêmes que la comparaison reste sujette à caution, les deux termes du rapport étant incertains. Le rapport en tire une conclusion prudente, à savoir que subsisteraient « des gisements importants de fraudes non détectées » (IGF-IGAS 2025-E-047, p. 15 et notes 46 et 47). Le mot « suggèrent » employé par les auteurs a son importance : il s’agit d’une inférence à partir d’un écart entre deux grandeurs elles-mêmes incertaines, pas d’un constat.

La chaîne complète, en une ligne

Sur ce sujet, la France dispose d’un enchaînement rare : 1,4 à 1,9 Md€ estimés, 365 M€ de préjudice subi détectés en 2024, puis un recouvrement de 53 % sur les créances notifiées cinq ans plus tôt. Les trois maillons se lisent l’un après l’autre, jamais l’un à la place de l’autre. À titre de comparaison de périmètre, la fraude maladie représente environ 16 % des 14 Md€ de fraude sociale évaluée par le HCFiPS en 2025, un ordre de grandeur sans rapport avec le déficit annuel du régime général, de l’ordre de 17 Md€ (solde 2024 : 17,3 Md€ de déficit, Commission des comptes de la Sécurité sociale, octobre 2025 ; voir le déficit de la Sécurité sociale).

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Questions fréquentes

Combien coûte la fraude à l’assurance maladie en France ?

L’estimation officielle de la CNAM est de 1,4 à 1,9 Md€ par an, soit 1,8 % à 2,5 % des dépenses sur le seul champ évalué, qui ne couvre que 36 % des dépenses remboursées (IGF-IGAS n° 2025-E-047, publié le 29 juillet 2026). Ce chiffre est contesté : la Cour des comptes retient de l’ordre de 4 Md€ en 2023 puis 4,5 Md€ en avril 2025, et le HCFiPS 1,71 Md€ au millésime 2023, réévalué à 2,31 Md€ au millésime 2025. Ce sont des montants estimés, pas des sommes constatées ni récupérables.

Qui fraude l’assurance maladie, les assurés ou les professionnels de santé ?

Les deux, mais pas dans les mêmes proportions. En 2025, les assurés représentent 53 % des dossiers détectés mais 16 % des montants (115 M€), tandis que les professionnels de santé libéraux concentrent 28 % des dossiers et 73,5 % des montants (CNAM, dossier de presse du 16 avril 2026). Cette structure est stable depuis 2023. Elle décrit la fraude détectée, donc aussi la façon dont les contrôles sont orientés.

Quelle part de la fraude à l’assurance maladie est réellement récupérée ?

Le taux de recouvrement constaté en 2024 sur les indus frauduleux notifiés en 2019 est de 53 %, pour un objectif conventionnel de 55 %, soit 77 M€ effectivement encaissés. Les pénalités financières rentrent un peu mieux, à 62 %, soit 9 M€. L’Assurance Maladie est créancière chirographaire, sans privilège ni sûreté, ce qui explique une large part de cet écart (IGF-IGAS 2025-E-047, p. 18).

Quelle profession de santé a le taux de fraude estimé le plus élevé ?

Après la réévaluation de 2025, ce sont les masseurs-kinésithérapeutes, avec un taux estimé de 6,5 % à 8,4 %, devant les infirmiers libéraux, 5,4 % à 6,3 % (HCFiPS, note du 13 janvier 2026). Le taux le plus bas revient aux laboratoires de biologie médicale, 0,3 % à 0,4 %. Il s’agit de taux estimés par sondage sur une profession entière, jamais d’une fraude constatée chez un professionnel identifié.

Quelle part de la fraude estimée est effectivement détectée ?

Entre 17 % et 23 % en 2024, contre 12 % à 16 % en 2019, selon le calcul explicite de l’IGF et de l’IGAS, qui rapportent 365 M€ de préjudice subi détecté à la fourchette d’estimation (rapport 2025-E-047, p. 15). Environ quatre cinquièmes de la fraude estimée échappent donc encore à la détection, sous réserve que l’estimation elle-même soit exacte.

La lutte contre la fraude peut-elle combler le déficit de la Sécurité sociale ?

Non. Même dans l’hypothèse d’école où la totalité de la fraude estimée par la CNAM, 1,4 à 1,9 Md€, serait détectée puis intégralement recouvrée, cela resterait très inférieur au déficit annuel du régime général, de l’ordre de 17 Md€ (solde 2024 : 17,3 Md€ de déficit, Commission des comptes de la Sécurité sociale, octobre 2025). La lutte contre la fraude est un sujet de justice et d’efficacité de la dépense, pas une solution budgétaire. Voir le déficit de la Sécurité sociale et la dette sociale.

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Données

Données ouvertes

Toutes nos séries en CSV/JSON, licence CC BY 4.0.

Méthode

Plan complet du site

4 piliers thématiques.

Scénarios

Éducation

L'école qui réduit la dette future.

Comprendre

Croissance & dette

Pourquoi le PIB nominal fait baisser le ratio.

Causes

Mathématiques

Le levier silencieux de la souveraineté.

Solutions

Budget base zéro

Justifier chaque euro.

Données

Dette de la France 2024

Dissolution, censure, dérapage du déficit : l'année en archive.

Méthode

Sources & bibliographie

24 sources institutionnelles.

Scénarios

Scénario récession

Choc recettes/dépenses.

Comprendre

Mythes et réalités

Dix idées reçues, dix verdicts sourcés.

Causes

Santé mentale

Une crise aux effets budgétaires massifs.

Solutions

Niches fiscales

467 dispositifs.

Données

Charge d'intérêts

Le coût annuel de la dette.

Méthode

Espace presse

Citations prêtes à copier, règles de citation, calendrier INSEE.

Scénarios

Scénario hausse taux

+1 point ≈ 30 Md€/an à terme.

Comprendre

BCE et article 123

Ce que la BCE peut ou non faire.

Causes

Maladies chroniques

60 % des dépenses de santé.

Solutions

Plan réformes transversales

3 phases sur 10 ans.

Données

Dette de la France 2022

Guerre en Ukraine, inflation, bouclier tarifaire : l'année en archive.

Scénarios

Transition énergétique

Moins de chocs fossiles.

Comprendre

Gauche ou droite ?

Ce que les chiffres disent des responsabilités.

Causes

Énergie et dette

Le poids budgétaire des fossiles.

Solutions

Numérisation administrative

Économies réelles ou non ?

Données

Soutenabilité

Taux, croissance, déficit primaire.

Scénarios

Retraites équilibrées

Quatre leviers réels.

Comprendre

Immigration et dette

Contribution nette mesurée, mythes et parts de vérité.

Causes

Réseaux sociaux

Le coût économique et sanitaire caché.

Solutions

Plan 10 chantiers

Trajectoire concrète sur 10 ans.

Données

IA et dette

Productivité et recettes fiscales.

Scénarios

Santé préventive

333 Md€, 2,3 % en prévention.

Comprendre

Comment est créée la dette

Du déficit au financement organisé.

Causes

Décrochage scolaire

Coût caché sur 40 ans.

Solutions

Comment résorber la dette

Les 5 leviers possibles.

Données

PIB de la France

Richesse nationale.

Scénarios

Numérisation administrative

Effet structurel.

Comprendre

Faut-il rembourser la dette ?

Les États refinancent, ils ne remboursent pas.

Causes

Vieillissement

Démographie et finances publiques.

Solutions

Transition énergétique

Coût aujourd'hui, dette évitée demain.

Données

France vs Europe

Comparaisons.

Scénarios

Immigration économique

L'effet dépend de l'emploi.

Comprendre

Ratio dette/PIB

L'indicateur clé de poids.

Causes

Sous-occupation des logements

Le coût caché du parc bloqué.

Solutions

Quelles dépenses réduire ?

Évaluer plutôt que couper au hasard.

Données

Dette de la France 2026

Montant en direct, ratio, trajectoire : le point complet.

Scénarios

75 scénarios aggravants

Cartographie complète.

Comprendre

Maastricht vs dette de l'État

Pourquoi plusieurs chiffres coexistent.

Causes

Télétravail et territoires

Une révolution territoriale silencieuse.

Données

Déficit de la Sécu

Le flux annuel (~17 Md€) qui creuse la dette sociale.

Scénarios

Décrochage scolaire

Prévenir coûte moins cher.

Comprendre

Comment l'État emprunte

OAT, BTF, AFT, adjudications.

Causes

Eau et dette future

Une ressource sous-évaluée dans les comptes.

Données

Dette depuis 1950

75 ans d'évolution.

Scénarios

Règle d'or

Encadrer le déficit durablement.

Comprendre

Quiz : 10 idées reçues

Vrai, faux ou trompeur ? Testez-vous.

Causes

Éducation et dette

La dette invisible de PISA.

Données

Histoire de la dette

De la Révolution à 2026.

Scénarios

Plein emploi relatif

Cibler 5 % de chômage.

Comprendre

Horloge de la dette

Le compteur en temps réel, expliqué.

Causes

Productivité

−8,5 % vs tendance pré-Covid.

Données

Corruption en France

Affaires et coûts débattus.

Scénarios

IA & productivité

+0,5 % productivité ≈ 75 Md€ recettes.

Comprendre

Déficit primaire

Le déficit hors charge d'intérêts.

Causes

Diagonale du vide

Le coût géographique de la dette.

Données

Dépenses inutiles

Gaspillage documenté.

Scénarios

Emploi des seniors

Cotisations et retraites.

Causes

Formation professionnelle

32 Md€/an, quel résultat ?

Données

Dette SNCF, EDF, collectivités

Les dettes publiques hors État.

Scénarios

Scénario croissance forte

Le levier le plus puissant.

Causes

Urbanisme dispersé

La dette qui ne dit pas son nom.

Données

Dette de la France 2023

Le cap des 3 000 Md€ franchi : l'année en archive.

Scénarios

75 scénarios réducteurs

Leviers concrets.

Causes

Désindustrialisation

11 % du PIB : la base fiscale érodée.

Données

Dette depuis 1980

L'explosion en 45 ans.

Scénarios

Confiance civique

Impôt, réformes et dette.

Causes

Facture fossile

~70 Md€/an de fuite.

Données

Dette des collectivités

~250 Md€ portés par communes, départements, régions.

Scénarios

Réindustrialisation

Emplois, exports, recettes.

Causes

Logement et natalité

Le lien démographique avec la dette.

Données

Déficit public

La cause profonde de la dette.

Scénarios

Achats publics

170 Md€ à mieux piloter.

Causes

Consentement à l'impôt

L'infrastructure invisible des recettes.

Données

Dette par habitant

Combien chaque Français doit (avec limites).

Scénarios

Dépenses évaluées

Couper juste, pas au hasard.

Causes

Corruption et dette

Une dette indirecte mais réelle.

Données

Ma part de la dette

Votre part du stock et des intérêts, selon votre situation.

Scénarios

Stabilité budgétaire

La crédibilité paie.

Causes

Cyberattaques

La dette qui n'apparaît dans aucun budget.

Données

Prélèvements obligatoires

43,6 % du PIB : composition et compteur en direct.

Causes

Immobilier et rente

La pierre contre le capital productif.

Données

L'or de la France

~2 436 tonnes : que pèsent-elles face à la dette ?

Causes

Solitude

Un coût public sous-estimé.

Données

Fraude fiscale

Estimé / notifié / encaissé.

Données

Fraude sociale

Réalités et fantasmes.

Données

Fraude fiscale : chiffres réels

17,1 Md€ notifiés, 11,4 Md€ encaissés.