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Données du 22 septembre 2026 · Méthodologie · Sources · Qui sommes-nous

Écart fiscal : la France ne mesure pas ce qui lui échappe

Les États-Unis publient un écart fiscal depuis 1983, le Royaume-Uni depuis 2005. La France a produit sa première estimation en septembre 2024, sur la seule TVA déclarée de 2019 : 6 à 10 Md€. Aucun autre prélèvement obligatoire ne fait l’objet d’une estimation publiée par l’administration française. La France est pourtant mesurée : Bruxelles chiffre chaque année son écart de TVA, et le centre commun de recherche de la Commission a calculé pour elle un écart d’impôt sur les sociétés. Cette page dit ce qui est mesuré, par qui, et pourquoi la France ne le fait pas elle-même.

Les montants en direct

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Projections pédagogiques : les bases annuelles sont lissées sur l’année.

Les postes peuvent se recouvrir : ne pas additionner un total avec ses composantes, ni dépenses, déficits et fraudes.

Ce qu’est un écart fiscal, et ce qu’il n’est pas

L’écart fiscal, ou tax gap, est la différence entre l’impôt théoriquement dû selon la loi et l’impôt effectivement collecté. C’est une grandeur estimée, qui ne se confond ni avec les redressements notifiés par le contrôle fiscal, ni avec les sommes réellement encaissées.

GrandeurCe qu’elle mesurePubliée en France ?
Estimée (écart fiscal)Ce qui aurait dû être payé et ne l’a pas été, détecté ou nonTVA déclarée 2019 uniquement
Détectée (notifiée)Les redressements notifiés à l’issue des contrôlesOui, chaque année par la DGFiP
Recouvrée (encaissée)Les sommes effectivement rentrées dans les caissesOui, chaque année par la DGFiP

Les montants notifiés et encaissés sont détaillés sur la page chiffres réels du contrôle fiscal. Ils ne répondent pas à la question posée ici : combien manque-t-il au total ? Publier un écart fiscal, c’est accepter de chiffrer sa propre ignorance. C’est précisément ce que la France ne fait pas.

La seule estimation française porte sur la TVA déclarée de 2019

En septembre 2024, la DGFiP a publié la première estimation française d’écart fiscal. Elle porte sur un seul impôt et un seul exercice : le chiffrage précis est de 6,9 à 9,1 Md€, arrondi publiquement en 6 à 10 Md€, pour la TVA déclarée de 2019, soit 4 à 5 % de la TVA collectée.

  • 6,9 à 9,1 Md€ d’écart de TVA en 2019
  • 4 à 5 % de la TVA collectée
  • 1 impôt sur l’ensemble des prélèvements

Ce que la DGFiP dit de la structure de ce manque à gagner

La publication ne se limite pas à un montant, et cette partie est rarement citée. Le commerce concentre 30 % du manque à gagner. Les taux de sous-déclaration les plus élevés se trouvent dans l’immobilier et dans l’hébergement-restauration, à 13 % de la TVA du secteur. Surtout, 44 % des irrégularités relèvent de la dissimulation ou de l’omission d’opérations : le reste tient principalement à des erreurs de taux ou de déduction, qui ne sont pas de la fraude. Un écart fiscal n’est donc pas un montant de fraude, y compris dans la seule mesure française.

Ce que cette estimation exclut, et qu’il faut donner avec le chiffre

  • les entreprises défaillantes, celles qui n’ont déposé aucune déclaration ;
  • le régime de franchise ;
  • les contrôles portant sur les demandes de remboursement de crédits de TVA ;
  • les pénalités ;
  • et le biais de détection n’est pas corrigé.

Autrement dit, la seule mesure française d’écart fiscal exclut par construction ceux qui ne déclarent rien, c’est-à-dire les fraudeurs les plus déterminés. Ce n’est pas une critique de la méthode retenue, qui est explicite sur son périmètre : c’est une limite qu’il faut citer chaque fois que le chiffre de 6 à 10 Md€ est repris.

Source : DGFiP, « DGFiP Analyses n° 07, Le manque à gagner de TVA en France », septembre 2024, sections 3.1, 5 et 6.1, et tableau 8.

L’autre mesure de la TVA française, celle que Bruxelles produit

L’estimation de la DGFiP n’est pas la seule mesure existante de ce qui échappe à la TVA française. Il en existe une autre, produite chaque année pour la France par la Commission européenne, selon une méthode descendante identique dans tous les États membres. Ce n’est pas la France qui produit ce chiffre, c’est Bruxelles. Et il ne mesure pas la même chose que les 6 à 10 Md€ de la DGFiP, qui reposent sur une méthode ascendante à partir des contrôles.

  • 12 121 M€ d’écart de conformité TVA en 2023
  • 5,6 % de la TVA théoriquement due
  • 3e écart de l’Union en valeur absolue
Indicateur, France 2023ValeurPosition dans l’Union
Écart de conformité TVA12 121 M€3e en valeur, derrière l’Allemagne (31 295 M€) et l’Italie (25 012 M€)
En part de la TVA théoriquement due (VTTL de 218 170 M€)5,6 %8e taux le plus faible des 26 États du tableau de synthèse
En part des recettes encaissées (206 049 M€)5,9 %Moyenne de l’Union : 9,5 % ; médiane : 8,2 %

Ce chiffre est estimé et son statut est constaté. Il ne se substitue pas aux 6 à 10 Md€ de la DGFiP et ne s’y additionne pas davantage : les deux mesures portent sur des années différentes, avec des méthodes de sens opposé et des périmètres qui ne coïncident pas. Ce qu’il change, en revanche, c’est la formulation du problème français. La France ne publie pas, mais elle est mesurée. L’absence de chiffrage n’est donc pas une impossibilité technique, c’est un choix de production statistique.

Source : Commission européenne (CASE, Poniatowski et al.), « VAT gap in Europe, Report 2025 », 11 décembre 2025, tableau 7 et chapitre France p. 106.

L’impôt sur les sociétés et les bénéfices délocalisés : deux vides de nature différente

Le trou de mesure français ne concerne pas que la TVA. Il concerne aussi, et entièrement, les bénéfices délocalisés par les multinationales : la France ne produit aucune estimation officielle du montant des bénéfices transférés, ni de la perte d’impôt sur les sociétés qui en résulte. La Cour des comptes intitule le premier chapitre de son rapport public thématique de décembre 2025 « La fraude fiscale : un phénomène mal cerné et non chiffré ».

Conséquence directe : tous les chiffres qui circulent sur ce canal sont d’origine académique ou associative, jamais administrative. Deux faits datés situent l’état des travaux. La DGFiP n’a arrêté qu’en juillet 2025 la méthodologie qui lui permettrait d’estimer la fraude évitée grâce aux accords préalables en matière de prix de transfert, par la méthode dite de la double différence, et aucun résultat n’a été publié. Sur le plan opérationnel, la France se place au cinquième rang des États membres recourant aux contrôles multilatéraux, quand les Pays-Bas et l’Allemagne les mobilisent trois à quatre fois plus.

Contrôles simultanés menés par la France20182020202220232024
Nombre161310813
⬜ Hypothèse de calculStatut : non établi, et c’est un constat d’absence de mesure

Il n’existe aucun chiffre officiel français du manque à gagner d’impôt sur les sociétés lié aux transferts de bénéfices. Cette page n’en propose donc aucun. L’absence de mesure est elle-même le constat.

Source : Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale », décembre 2025, chapitre I, p. 33 et 55-56.

Ce que la France n’a pas publié, le centre commun de recherche l’a calculé

Une réponse partielle existe, et elle ne vient pas de Paris. En juin 2025, le centre commun de recherche de la Commission a établi le premier écart d’impôt sur les sociétés selon une méthode identique pour 23 États membres. La France y ressort à 6,66 % des recettes d’impôt sur les sociétés collectées pour l’année de référence 2017, méthode fondée sur la valeur ajoutée brute, soit 5,89 % en base PIB. C’est la 8e valeur la plus faible, contre une moyenne non pondérée de 10,9 %.

PaysÉcart d’impôt sur les sociétés, en % des recettes d’IS
Danemark1,95 %
Finlande2,87 %
Suède3,51 %
France6,66 %
Allemagne7,62 %
Italie19,93 %
Pologne20,20 %
Slovaquie26,70 %
Roumanie43,61 %

Avertissement à donner avec ce chiffre, sans quoi il est trompeur

Cette méthode ne capte ni l’érosion de base ni les transferts de bénéfices. Le rapport précise que pour la France, comme pour le Danemark, la Finlande, la Suède et l’Autriche, c’est précisément le transfert de bénéfices qui constitue la principale source de perte de recettes d’impôt sur les sociétés, et non l’évasion domestique. Un taux bas ne signifie donc pas une faible perte : il signifie que le canal principal est hors du champ de la mesure. Montant estimé, statut constaté.

Source : Commission européenne, centre commun de recherche (JRC), « The Corporate Income Tax Gap », juin 2025, tableau A.3 et p. 55 et 71.

Qui mesure, qui ne mesure pas

Sur 58 administrations fiscales examinées par l’OCDE, 30 % publient régulièrement un écart fiscal, dont 5 à un rythme annuel : Australie, Canada, Italie, Royaume-Uni et Suède. Le Portugal, la Grèce et l’Espagne estiment leur écart fiscal mais ne le publient pas, ce qui constitue une troisième position entre mesurer et ignorer.

PaysDepuisCe que documente la source
États-Unis1983Publication régulière
Royaume-Uni2005Publication annuelle, avec bornage de la zone non examinée
Australie, Canada, Italie, SuèdeNon précisé par la sourcePublication annuelle
Portugal, Grèce, EspagneAucune publicationÉcart estimé, mais non publié
FranceSeptembre 2024Estimation unique publiée : TVA déclarée, exercice 2019. Mesurée par ailleurs chaque année par la Commission européenne

Deux sources officielles divergent sur ce que la France produit

La Cour des comptes situe les travaux français sur l’écart d’impôt sur les sociétés au stade de la détermination du champ. La Commission européenne écrit autre chose. Dans son inventaire de décembre 2025, quatorze États membres disposent d’une équipe dédiée à l’écart fiscal, dont la France ; neuf estiment un écart sur l’impôt sur le revenu et six sur l’impôt sur les sociétés, dont la France, avec une production signalée « pour usage interne » et non publiée.

Les deux affirmations ne peuvent pas être vraies au même degré. Cette page ne tranche pas : soit la France produit un écart d’impôt sur les sociétés qu’elle ne publie pas, soit l’inventaire européen la classe à tort. La divergence est en elle-même une information. La Commission ajoute que « dans la plupart des cas, les résultats ne sont pas systématiquement publiés », et que seules l’Italie et la Suède publient régulièrement par impôt, la Finlande s’y étant mise en 2024.

Sources : OCDE, « Administration fiscale 2024 », citée par la Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale », décembre 2025, p. 30 ; Commission européenne, DG TAXUD, « Mind the Gap », 11 décembre 2025, section III, p. 6.

Le contre-exemple britannique : chiffrer jusqu’à la zone qu’on n’examine pas

Le National Audit Office britannique fait exactement l’inverse de l’approche française. Au lieu de renoncer faute de certitude, il borne explicitement son ignorance, en séparant trois blocs de nature différente qu’il ne confond jamais.

BlocNatureMontant
Fraude et erreur détectéesDétecté12 Md£
Fraude et erreur non détectéesEstimé41 Md£
Zone ni détectée ni estiméeEstimé par bornage3 à 28 Md£, soit 0,5 % à 5,0 % des 560 Md£ de recettes et dépenses fiscales jamais examinées
Fourchette totale publiée par le NAODétecté et estimé confondus55 à 81 Md£

Pourquoi ce total est reproduit ici sans être repris à notre compte

La dernière ligne additionne un montant détecté (12 Md£) et deux montants estimés (41 Md£, puis 3 à 28 Md£). Ce sont trois grandeurs de nature différente. Cette fourchette figure sur cette page parce que le NAO la publie lui-même, et non parce que l’addition serait méthodologiquement légitime. Ce site ne pratique pas cette opération sur les chiffres français, où notifié, encaissé et estimé restent trois colonnes séparées.

L’intérêt méthodologique n’est donc pas le total, c’est la troisième ligne. Le NAO chiffre la part de l’assiette qu’il n’a jamais regardée, en donnant une fourchette large et l’hypothèse qui la produit. Aucune publication française ne fait cet exercice. La France dispose donc d’un chiffre sur une petite partie de son assiette, et de rien du tout sur l’étendue de ce qu’elle ignore.

Source : National Audit Office, « Estimating and reporting fraud and error in annual reports and accounts », février 2025, cité par la Cour des comptes, décembre 2025, annexe n° 2, p. 93.

Pourquoi les résultats du contrôle fiscal ne mesurent pas la fraude

C’est le point technique le plus important de cette page. Le contrôle fiscal français est ciblé : il sélectionne les dossiers à risque. Ses résultats mesurent donc ce que l’administration a su viser, jamais ce qui lui échappe. Pour extrapoler, il faut des contrôles tirés au sort.

La DGFiP en a mené en 2022 sur 610 entreprises tirées au sort, dont 539 en contrôle externe et 71 sur pièces, puis a décidé de ne pas renouveler l’expérience. Les écarts entre contrôle aléatoire et contrôle ciblé sont considérables.

IndicateurContrôles aléatoires 2022Contrôles ciblés
Taux de rectification23,7 %33,6 %
Montant moyen rectifié17 592 €131 700 €

Ces deux colonnes ne se comparent pas pour dire laquelle est la « bonne » : elles mesurent deux populations différentes. Le tirage au sort est la seule méthode qui autorise une extrapolation, mais cette expérience-ci ne l’aurait pas permise pour autant : elle était limitée à deux sous-secteurs, et ne couvrait donc pas l’ensemble des entreprises. C’est la méthode qui a été abandonnée, avant d’avoir été menée à une échelle exploitable. Aucun contrôle aléatoire n’a été réalisé depuis, alors que 63,8 % des pays interrogés par l’OCDE en pratiquent.

Le motif de l’abandon est écrit noir sur blanc

La DGFiP n’a pas souhaité renouveler l’expérience, « estimant qu’elle conduit à mobiliser des effectifs sur des contrôles au rendement faible ». Le rendement est effectivement bien plus faible en montant : 17 592 € de rectification moyenne contre 131 700 € pour un contrôle ciblé, soit un rapport de un à huit, alors que le taux de rectification reste du même ordre, 23,7 % contre 33,6 %. L’arbitrage est donc explicite : le rendement immédiat a été préféré à la connaissance de l’assiette, alors que le tirage au sort est le seul moyen d’éliminer le biais de sélection.

Deux éléments manquent souvent au débat français sur ce point. D’abord la liste des pays qui pratiquent les contrôles aléatoires, la plupart avec une actualisation annuelle : Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Irlande, Suède, Royaume-Uni. Ensuite, et surtout, le fait que la France sait le faire : les Urssaf réalisent des contrôles aléatoires depuis 2012 pour mesurer le travail dissimulé. L’obstacle n’est donc ni méthodologique ni administratif.

Sources : Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale », rapport public thématique, décembre 2025, p. 34 et note 40 ; DGFiP, « DGFiP Analyses n° 07 », septembre 2024, section 5 et tableau 8.

Les moyens réellement affectés à la mesure

Les faits datés ci-dessous situent la priorité accordée au chiffrage. Ils ne relèvent pas de l’opinion : ce sont des constats de la Cour des comptes et des réponses ministérielles à des questions écrites parlementaires.

Avril à novembre 2019

Une commande politique à délai intenable

Annonce présidentielle le 25 avril 2019, lettre de saisine du Premier ministre le 9 mai, remise exigée avant la fin du mois de novembre. La Cour des comptes écrit : « Il n’était donc pas envisageable que la Cour puisse produire une évaluation robuste de la fraude dans un délai aussi restreint ». Les administrations étrangères mettent deux à quatre ans à construire un chiffrage.

Octobre 2023

Un Conseil d’évaluation des fraudes réuni une seule fois

Créé pour chiffrer la fraude fiscale, sociale, douanière et aux aides publiques, il se réunit le 10 octobre 2023. La deuxième réunion, prévue le 13 juin 2024, est annulée après la dissolution de l’Assemblée nationale, et aucune autre n’est recensée jusqu’à la réponse ministérielle du 19 juin 2025. L’administration le qualifie de « structure informelle » dont le fonctionnement « ne génère aucun coût significatif ».

Septembre 2024

Trois emplois pour tous les impôts français

Trois emplois d’économistes-statisticiens sont créés pour évaluer l’écart fiscal de l’ensemble des impôts français. La première publication, sur la TVA, paraît le même mois.

Fin 2025

L’écart sur l’impôt sur les sociétés n’est pas produit

L’engagement de publier un écart fiscal sur l’impôt sur les sociétés pour la fin 2025 n’a pas été tenu et la recommandation de la Cour des comptes est reportée à 2027. Selon la Cour, les travaux en sont au stade de la détermination du champ ; l’inventaire européen publié le même mois classe au contraire la France parmi les États qui produisent déjà un tel écart, sans le publier (voir la divergence entre ces deux sources).

Une obligation légale remplie sans chiffre

Un rapport annuel au Parlement sur l’écart de TVA est obligatoire depuis l’article 25 de la loi de finances rectificative pour 2014. Le rapporteur spécial de la commission des finances du Sénat constatait en novembre 2019 qu’« aucun chiffrage n’y est communiqué aux parlementaires » et que « le rapport remis cette année se limite à des considérations méthodologiques sur les difficultés d’évaluation de l’écart de TVA ». L’obligation de remettre un rapport existait donc dix ans avant la première estimation.

Trois postes en France, une commission de quinze personnes en Italie

Le point de comparaison institutionnel manque à ce constat, et c’est lui qui explique pourquoi trois postes ne suffisent pas. L’Italie confie son écart fiscal à une commission de quinze personnes, trois universitaires et des représentants de huit administrations, réunie quatre à cinq fois par an. L’Australie s’appuie sur un collège de trois experts indépendants qui rendent un avis public sur la méthode retenue. Dans les deux cas, le chiffrage est adossé à une instance extérieure à l’administration fiscale, ce qui répond par construction à l’objection d’impartialité. La Cour des comptes juge les moyens français « aujourd’hui insuffisants pour rattraper son retard ».

Les trois causes institutionnelles identifiées dès 2019

Elles sont distinctes des causes matérielles ci-dessus, et la Cour des comptes les formulait déjà en novembre 2019. D’abord l’émiettement du recouvrement entre la DGFiP, l’Acoss et la direction générale des douanes et droits indirects, qui interdit une vision d’ensemble. Ensuite « une volonté politique d’évaluation de la fraude fiscale qui s’est moins nettement exprimée que dans les pays anglo-saxons ». Enfin, et c’est le point le plus structurant, « une suspicion toujours possible dans l’opinion publique concernant l’impartialité des chiffres produits par l’administration fiscale qui, à la différence de bon nombre de ses homologues étrangères, n’est pas organisée en France sous la forme d’une agence indépendante ».

Dans tous les pays comparés, le chiffrage est pourtant produit par l’administration fiscale elle-même. La Cour qualifie d’« exception très notable » le fait que le Gouvernement lui ait demandé à elle, et non à l’administration, de définir la méthodologie.

Sources : Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale », décembre 2025, p. 32 ; Cour des comptes, « La fraude aux prélèvements obligatoires », communication au Premier ministre, novembre 2019, p. 5-6, 25-26 et 66 ; Sénat, réponses aux questions écrites n° 02549 (27 mars 2025) et n° 02399 (19 juin 2025) ; Sénat, commission des finances, rapport général n° 140 (2019-2020), tome III, annexe 26, 21 novembre 2019.

Ce que l’absence de chiffrage empêche de savoir

Voici la conséquence budgétaire, mesurable, de tout ce qui précède. Faute d’écart fiscal, la performance du contrôle n’est pas évaluable. La Cour des comptes constate que l’ensemble des droits rappelés et des taxes et crédits d’impôt non remboursés est passé de 16,1 Md€ en 2015 à 17,4 Md€ en 2024, soit +8 % en euros courants, quand les recettes fiscales encaissées par la DGFiP progressaient de 44 % sur la même période.

Deux lectures opposées, les mêmes chiffres

Personne ne peut dire si cette quasi-stagnation traduit une amélioration du civisme fiscal, donc un succès, ou une perte d’efficacité du contrôle, donc un échec. Les deux lectures sont compatibles avec les mêmes données. C’est exactement ce qu’un écart fiscal permettrait de trancher, et c’est pour cela que son absence n’est pas un détail statistique mais un angle mort de pilotage.

Ne pas confondre deux séries

Cet agrégat de 16,1 puis 17,4 Md€ n’est pas la série des résultats notifiés du contrôle fiscal, qui vaut 21,19 Md€ en 2015 et 20,05 Md€ en 2024 et figure sur la page consacrée aux chiffres du contrôle fiscal. Les périmètres diffèrent et les deux séries ne se substituent pas l’une à l’autre. Il s’agit ici de montants notifiés et recouvrés, jamais estimés.

Source : Cour des comptes, « La lutte contre la fraude fiscale », décembre 2025, synthèse p. 9.

Publier un écart fiscal ne fait pas baisser la fraude

Cette précaution est indispensable avant de conclure, faute de quoi cette page défendrait une thèse que personne n’a démontrée. Statut : non établi. Les pays qui publient ont bien vu leur ratio baisser, mais aucune de ces évolutions n’a fait l’objet d’une évaluation contrefactuelle isolant l’effet propre de la mesure. Elles coïncident avec la facturation électronique, l’échange automatique d’informations et la numérisation du paiement.

Écart fiscal publiéPoint de départDernier point
Royaume-Uni, tous impôts7,5 % en 2005-066,4 % en 2024-25
Italie, tous impôts19,6 % en 201817,0 % en 2022
Union européenne, écart de TVAenviron 20 % au début des années 20009,5 % en 2023

Deux garde-fous, à donner avec ces baisses

En valeur, l’écart britannique a presque doublé, de 32,8 à 59,2 Md£, pendant que le ratio baissait. Et l’estimation est elle-même instable : HMRC a révisé son exercice 2022-23 de 4,8 % dans la publication de 2024 à 5,7 % en 2025, puis 6,6 % en 2026. Le producteur du chiffre le plus expérimenté au monde le corrige de près de deux points, trois ans après.

HMRC ajoute qu’il n’est pas pertinent de fixer un seuil de fraude à ne pas dépasser « en raison de l’incertitude des résultats, de leurs révisions successives dans le temps et de leur nature rétrospective », et que le montant évalué ne doit pas être lu comme un supplément de recettes disponibles. C’est la mise en garde la plus utile de cette page : un écart fiscal n’est pas une réserve budgétaire.

Ce que l’écart fiscal apporte n’est donc pas un rendement, c’est une capacité de pilotage : savoir ce qui échappe, où, et si l’action publique le réduit. C’est précisément ce que la section précédente montre que la France ne sait pas faire.

Sources : HMRC, « Measuring tax gaps 2026 », tableau 1.4 ; Cour des comptes, novembre 2019, p. 66 ; Commission européenne, « Mind the Gap », décembre 2025.

Ce que l’économie non observée de l’Insee n’est pas

C’est la mesure la plus souvent confondue avec la fraude fiscale dans le débat public, et elle n’en est pas une. L’économie non observée est une correction que l’Insee applique aux comptes nationaux pour ne pas sous-estimer le PIB. En base 2020, sur l’exercice 2019, elle atteint 64,9 Md€ de valeur ajoutée.

ComposanteMontant 2019, base 2020
Activités non observées d’entités déclarées43,3 Md€
Activités légales non déclarées16,6 Md€
Activités illégales, dont 3,3 Md€ de stupéfiants et 1,6 Md€ de contrebande de tabac5,0 Md€
Total64,9 Md€ (69,5 Md€ en base 2014)

L’Insee précise que « l’activité dissimulée estimée pour le besoin des comptes nationaux n’est pas une estimation directe de la fraude fiscale », et que l’activité des entités sans existence juridique est « déterminée à dire d’experts ». Deux limites supplémentaires : il s’agit de valeur ajoutée, pas d’impôt manquant, et la composante principale repose sur des données de contrôle fiscal de 2014. Reprendre ces 64,9 Md€ comme un montant de fraude fiscale est une erreur de lecture, dans quelque sens qu’on la commette.

Sources : Insee, « Fiche méthodologique n° 1 : une nouvelle estimation de l’activité dissimulée en base 2020 », mai 2024 ; tableau repris par le HCFiPS, « Observatoire du travail dissimulé », janvier 2025.

Un cas d’espèce du renoncement à mesurer : le tabac

L’État n’a engagé qu’en 2023 le développement d’une capacité publique d’estimation du marché parallèle du tabac. Pendant ce temps, le champ a été occupé par des estimations financées par l’industrie. Résultat : deux ordres de grandeur inconciliables circulent.

Origine de l’estimationPart hors circuit fiscal nationalMéthode
Direction générale des douanes, reprise par le HCFiPSenviron 18 % des volumes consommés, soit un manque à gagner estimé à plus de 2,5 Md€ de droits de consommation affectés à la sécurité socialePublique
Estimations circulant par ailleursplus de 35 % du marchéCommanditaire différent, méthode non publique

Statut de ce constat : contesté

Aucun des deux ordres de grandeur ne peut être présenté ici comme établi. Ils ne sont pas conciliables et n’ont pas le même commanditaire. Un écart du simple au double sur une assiette fiscale n’est pas un détail méthodologique : il change la conclusion du débat sur la fiscalité du tabac. La réponse ministérielle indique que « la douane a également entamé des travaux, en coopération avec la MILDECA, visant au développement d’une capacité publique souveraine d’estimation et d’analyse du marché parallèle des produits du tabac ».

La leçon dépasse le tabac : quand la puissance publique ne mesure pas, elle ne laisse pas un vide, elle laisse la place à des chiffres produits par des acteurs intéressés. C’est le coût politique de l’absence d’écart fiscal, et il est indépendant du montant réel de la fraude.

Sources : Assemblée nationale, réponse à la question écrite n° 1403 (Serge Muller), publiée le 3 juin 2025 ; HCFiPS, note annuelle, janvier 2026.

Fraude fiscale : le cadreChiffres du contrôle fiscalMéthodologie

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’écart fiscal ?

L’écart fiscal, ou tax gap, est la différence entre l’impôt théoriquement dû selon la loi et l’impôt effectivement collecté. C’est une grandeur estimée, distincte des redressements notifiés par le contrôle fiscal et des sommes réellement encaissées. Un pays qui publie un écart fiscal accepte de chiffrer sa propre ignorance.

Combien la fraude fiscale coûte-t-elle réellement à la France ?

Personne ne le sait officiellement. La seule estimation publiée par l’administration française porte sur la TVA déclarée de 2019 : 6,9 à 9,1 Md€, arrondis en 6 à 10 Md€, soit 4 à 5 % de la TVA collectée. Elle exclut explicitement les entreprises qui n’ont déposé aucune déclaration, c’est-à-dire les fraudeurs les plus déterminés, et ne corrige pas le biais de détection. La Commission européenne, elle, chiffre l’écart de conformité TVA français à 12 121 M€ en 2023, soit 5,6 % de la TVA théoriquement due : une autre méthode, une autre année, un autre périmètre, et surtout un chiffre qui ne vient pas de Paris.

Pourquoi la France ne publie-t-elle pas d’écart fiscal comme le Royaume-Uni ?

Trois raisons documentées. Les moyens : trois emplois d’économistes-statisticiens créés en septembre 2024 pour l’ensemble des impôts, quand l’Italie mobilise une commission de quinze personnes et l’Australie un collège de trois experts indépendants. Le calendrier politique : la Cour des comptes a disposé de six mois en 2019, quand les administrations étrangères mettent deux à quatre ans. Et la méthode : sans contrôles fiscaux aléatoires, abandonnés après 2022, aucune extrapolation statistiquement valide n’est possible. La Cour des comptes ajoutait dès 2019 une cause institutionnelle : l’administration fiscale française n’est pas organisée en agence indépendante, ce qui expose ses chiffres à une suspicion d’impartialité.

Les 64,9 milliards d’euros d’économie non observée de l’Insee sont-ils de la fraude fiscale ?

Non, et l’Insee l’écrit explicitement : « l’activité dissimulée estimée pour le besoin des comptes nationaux n’est pas une estimation directe de la fraude fiscale ». Ces 64,9 Md€ sont de la valeur ajoutée en base 2020, pas de l’impôt manquant, et comprennent 43,3 Md€ d’activités non observées d’entités pourtant déclarées. Une partie repose sur des données de contrôle fiscal de 2014.

Quand la France publiera-t-elle un écart fiscal sur l’impôt sur les sociétés ?

L’engagement portait sur la fin de l’année 2025 et n’a pas été tenu ; la recommandation de la Cour des comptes est reportée à 2027. Deux sources officielles divergent sur l’état des travaux : la Cour les situe au stade de la détermination du champ, quand l’inventaire de la Commission européenne de décembre 2025 range la France parmi les six États membres qui estiment déjà un écart d’impôt sur les sociétés, pour usage interne et sans publication. En attendant, le centre commun de recherche de la Commission a calculé cet écart pour la France : 6,66 % des recettes d’impôt sur les sociétés en 2017, avec un avertissement décisif, cette méthode ne capte ni l’érosion de base ni les transferts de bénéfices.

Pourquoi les résultats du contrôle fiscal ne mesurent-ils pas la fraude ?

Parce que le contrôle est ciblé : il mesure ce que l’administration a su viser, jamais ce qui lui échappe. L’expérience de contrôles aléatoires menée en 2022 sur 610 entreprises, dont 539 en contrôle externe, donnait un taux de rectification de 23,7 % contre 33,6 % pour les contrôles ciblés, et un montant moyen de 17 592 € contre 131 700 €. La DGFiP ne l’a pas renouvelée, « estimant qu’elle conduit à mobiliser des effectifs sur des contrôles au rendement faible » : le rendement immédiat a été préféré à la connaissance de l’assiette, alors que le tirage au sort est le seul moyen d’éliminer le biais de sélection.

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Scénarios

Scénario récession

Choc recettes/dépenses.

Solutions

Budget base zéro

Justifier chaque euro.

Données

Déficit public

La cause profonde de la dette.

Comprendre

Ratio dette/PIB

L'indicateur clé de poids.

Méthode

Espace presse

Citations prêtes à copier, règles de citation, calendrier INSEE.

Institutions

Europe & dette

Pacte de stabilité.

Causes

Décrochage scolaire

Coût caché sur 40 ans.

Scénarios

Scénario hausse taux

+1 point ≈ 30 Md€/an à terme.

Solutions

Réindustrialisation

580 000 emplois possibles.

Données

Paliers de la dette

Compte à rebours et jalons franchis.

Comprendre

Comment l'État emprunte

OAT, BTF, AFT, adjudications.

Méthode

Kit pédagogique

Préparer un exposé sur la dette : plan type, chiffres à jour, activités.

Institutions

Droit budgétaire

LOLF, art. 47-2, HCFP.

Causes

Consentement à l'impôt

L'infrastructure invisible des recettes.

Scénarios

Transition énergétique

Moins de chocs fossiles.

Solutions

Transition énergétique

Coût aujourd'hui, dette évitée demain.

Données

Données ouvertes

Toutes nos séries en CSV/JSON, licence CC BY 4.0.

Comprendre

Quiz : 10 idées reçues

Vrai, faux ou trompeur ? Testez-vous.

Méthode

Sources & bibliographie

24 sources institutionnelles.

Institutions

Dette de la Sécu

175 Md€, CADES.

Causes

Réseaux sociaux

Le coût économique et sanitaire caché.

Scénarios

Immigration économique

L'effet dépend de l'emploi.

Solutions

Niches fiscales

467 dispositifs.

Données

Dette de la France 2023

Le cap des 3 000 Md€ franchi : l'année en archive.

Comprendre

Faut-il rembourser la dette ?

Les États refinancent, ils ne remboursent pas.

Méthode

Méthodologie

Sources, projection, hypothèses.

Institutions

Millefeuille territorial

Doublons et coûts support.

Causes

Causes profondes

Les 9 facteurs cumulatifs.

Scénarios

40 scénarios

Aggravants + réducteurs.

Solutions

Règle d'or budgétaire

Encadrement juridique.

Données

Soutenabilité

Taux, croissance, déficit primaire.

Comprendre

Horloge de la dette

Le compteur en temps réel, expliqué.

Méthode

FAQ complète

Toutes les questions.

Causes

Pourquoi la dette augmente

Les vraies causes de la hausse.

Scénarios

Éducation

L'école qui réduit la dette future.

Solutions

Emploi seniors

60,4 % en emploi : marge.

Données

PIB de la France

Richesse nationale.

Comprendre

L'État n'est pas un ménage

Ce que la France peut et ne peut pas faire.

Méthode

Plan complet du site

4 piliers thématiques.

Causes

Facture fossile

~70 Md€/an de fuite.

Scénarios

Emploi des seniors

Cotisations et retraites.

Solutions

Commande publique

~400 Md€/an.

Données

France vs Europe

Comparaisons.

Comprendre

Comment est créée la dette

Du déficit au financement organisé.

Causes

Santé mentale

Une crise aux effets budgétaires massifs.

Scénarios

Réindustrialisation

Emplois, exports, recettes.

Solutions

Numérisation administrative

Économies réelles ou non ?

Données

Histoire de la dette

De la Révolution à 2026.

Comprendre

Immigration et dette

Contribution nette mesurée, mythes et parts de vérité.

Causes

Solitude

Un coût public sous-estimé.

Scénarios

Numérisation administrative

Effet structurel.

Solutions

Plan 10 chantiers

Trajectoire concrète sur 10 ans.

Données

Dépenses inutiles

Gaspillage documenté.

Comprendre

Dette vs déficit

Stock vs flux : la différence essentielle.

Causes

Éducation et dette

La dette invisible de PISA.

Scénarios

Achats publics

170 Md€ à mieux piloter.

Solutions

Comment résorber la dette

Les 5 leviers possibles.

Données

IA et dette

Productivité et recettes fiscales.

Comprendre

BCE et article 123

Ce que la BCE peut ou non faire.

Causes

Productivité

−8,5 % vs tendance pré-Covid.

Scénarios

Règle d'or

Encadrer le déficit durablement.

Solutions

Plan réformes transversales

3 phases sur 10 ans.

Données

Dette de la France 2022

Guerre en Ukraine, inflation, bouclier tarifaire : l'année en archive.

Comprendre

Mythes et réalités

Dix idées reçues, dix verdicts sourcés.

Causes

Formation professionnelle

32 Md€/an, quel résultat ?

Scénarios

IA & productivité

+0,5 % productivité ≈ 75 Md€ recettes.

Solutions

Quelles dépenses réduire ?

Évaluer plutôt que couper au hasard.

Données

Prélèvements obligatoires

43,6 % du PIB : composition et compteur en direct.

Comprendre

Gauche ou droite ?

Ce que les chiffres disent des responsabilités.

Causes

Immobilier et rente

La pierre contre le capital productif.

Scénarios

Niches fiscales

467 niches, 81,3 Md€ : trier.

Données

Dette de la France 2026

Montant en direct, ratio, trajectoire : le point complet.

Comprendre

Dette utile / dangereuse

Tout endettement n'est pas mauvais.

Causes

Déficit commercial

−69,2 Md€ en 2025.

Scénarios

Stabilité budgétaire

La crédibilité paie.

Données

Dette de la France 2024

Dissolution, censure, dérapage du déficit : l'année en archive.

Comprendre

Déficit primaire

Le déficit hors charge d'intérêts.

Causes

Maladies chroniques

60 % des dépenses de santé.

Scénarios

Dépenses évaluées

Couper juste, pas au hasard.

Données

Budget de la France

Recettes, dépenses, équilibre.

Comprendre

Qui détient la dette ?

Investisseurs français et étrangers.

Causes

Corruption et dette

Une dette indirecte mais réelle.

Scénarios

Confiance civique

Impôt, réformes et dette.

Données

Dette SNCF, EDF, collectivités

Les dettes publiques hors État.

Comprendre

Maastricht vs dette de l'État

Pourquoi plusieurs chiffres coexistent.

Causes

Cyberattaques

La dette qui n'apparaît dans aucun budget.

Scénarios

Décrochage scolaire

Prévenir coûte moins cher.

Données

Dette par habitant

Combien chaque Français doit (avec limites).

Comprendre

Croissance & dette

Pourquoi le PIB nominal fait baisser le ratio.

Causes

Diagonale du vide

Le coût géographique de la dette.

Scénarios

Doublons territoriaux

Clarifier pour économiser.

Données

Ma part de la dette

Votre part du stock et des intérêts, selon votre situation.

Causes

Sous-occupation des logements

Le coût caché du parc bloqué.

Scénarios

Plein emploi relatif

Cibler 5 % de chômage.

Données

Corruption en France

Affaires et coûts débattus.

Causes

Vieillissement

Démographie et finances publiques.

Scénarios

Retraites équilibrées

Quatre leviers réels.

Données

Fraude sociale

Réalités et fantasmes.

Causes

Désindustrialisation

11 % du PIB : la base fiscale érodée.

Scénarios

Scénario croissance forte

Le levier le plus puissant.

Données

Fraude fiscale : chiffres réels

17,1 Md€ notifiés, 11,4 Md€ encaissés.

Causes

Eau et dette future

Une ressource sous-évaluée dans les comptes.

Scénarios

Fraude récupérée

17 Md€ notifiés, 11,4 Md€ encaissés.

Données

L'or de la France

~2 436 tonnes : que pèsent-elles face à la dette ?

Causes

Énergie et dette

Le poids budgétaire des fossiles.

Scénarios

Santé préventive

333 Md€, 2,3 % en prévention.

Données

Dette depuis 1950

75 ans d'évolution.

Causes

Logement et natalité

Le lien démographique avec la dette.

Scénarios

75 scénarios aggravants

Cartographie complète.

Données

Dette des collectivités

~250 Md€ portés par communes, départements, régions.

Causes

Métropolisation

Le coût de la concentration urbaine.

Scénarios

75 scénarios réducteurs

Leviers concrets.

Données

Déficit de la Sécu

Le flux annuel (~17 Md€) qui creuse la dette sociale.

Causes

Télétravail et territoires

Une révolution territoriale silencieuse.

Données

Dette de la France 2025

3 460,5 Md€ fin 2025, 115,6 % du PIB : l'année en archive.

Causes

Mathématiques

Le levier silencieux de la souveraineté.

Données

Charge d'intérêts

Le coût annuel de la dette.

Données

Dette depuis 1980

L'explosion en 45 ans.

Données

Fraude fiscale

Estimé / notifié / encaissé.